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Les experts s?orientent vers la thèse de la fuite de gaz
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Les experts s?orientent vers la thèse de la fuite de gaz
Les experts du Forensic Science Laboratory, du Scene of Crime Officers et de la Bomb Disposal Squad, sont confiants. Les causes de la déflagration qui a soufflé l?immeuble de Grand-Bay Store dimanche aux petites heures du matin pourraient être connues bientôt.
Les enquêteurs privilégient la thèse d?une fuite de gaz qui serait à l?origine de l?explosion dans laquelle deux personnes ont trouvé la mort et treize autres ont été blessées.
Un groupe d?officiels, qui a accédé au lieu présumé du foyer de l?explosion, a constaté qu?une des dalles effondrées était noircie par des flammes. Cela indiquerait qu?une fuite de gaz serait responsable de la violente explosion qui a secoué la station balnéaire. Des échantillons ont été prélevés à l?intérieur du bâtiment effondré et ont été expédiés au laboratoire de Réduit pour analyses.
Déjà hier, un communiqué du ministère du Tourisme et des loisirs s?orientait aussi vers cette thèse : ?L?enquête préliminaire suggère qu?une fuite de gaz serait responsable du sinistre.?
Visitant le lieu du drame dimanche, le Premier ministre Paul Bérenger a lui aussi indiqué que, selon les premiers indices, ?les causes de l?explosion seraient accidentelles?. Benoît Ducray, propriétaire du restaurant La Langouste Grisée, foyer probable de l?explosion, s?est, lui, refusé à tout commentaire à la presse.
La police reste prudente et ne veut pas se commettre officiellement sur l?origine de l?explosion : ?Nous avons recueilli divers indices. Nos experts vont les analyser. Ils feront ensuite part de leurs conclusions?, explique Max Louison, le responsable des relations police-presse.
Infiltration de gaz
En examinant la photographie parue hier matin à la une de l?express, un ancien militaire français qui vit à Maurice, est catégorique. Selon lui, il s?agirait ?à 99 % d?une explosion causée par une fuite de gaz?. ?Ceux qui affirment le contraire n?ont sans doute jamais vu une explosion de gaz. J?en ai vu quelques-unes dans des immeubles à Paris. Je peux vous assurer qu?une fuite émanant d?une bonbonne de gaz de 12 kilos peut souffler trois ou quatre appartements comme un rien?, ajoute notre interlocuteur.
En tenant compte du fait que les cylindres de gaz ménager se trouvaient à l?extérieur du Grand-Bay Store, l?ancien militaire en déduit qu?une importante fuite de gaz s?est infiltrée dans l?immeuble. L?air pressurisé par le gaz a besoin d?une échappatoire. La moindre étincelle ? provoquée par le déclic du moteur d?un réfrigérateur, la sonnerie d?un téléphone, le fonctionnement d?un système d?alarme ou même une lampe incandescente ? et c?est la déflagration.
En explosant le gaz expulse l?air du bâtiment par les fenêtres et les baies vitrées et exerce une pression sur les murs. L?air expulsé est rapidement remplacé dans l?immeuble. Cela provoque alors une implosion qui fera s?affaisser les parties murées comme un château de cartes (effet mécanique d?une explosion).
A écouter notre ancien militaire, le scénario n?aurait guère été différent si la bonbonne était située à l?intérieur de l?immeuble. ?Une bonbonne ne peut exploser d?elle-même, à moins d?être munie d?un détonateur pour la transformer en bombe ou à moins de la placer dans un feu vif des heures durant. Dans l?hypothèse où il y aurait eu un explosif du type TNT ou C4, l?explosion aurait créé un effet thermique avec des traces de brûlures sur l?environnement immédiat. Ce qui n?est pas le cas avec l?immeuble du Grand-Bay Store.?
Pascal Tsin, le propriétaire de l?immeuble, estime que celui-ci devra être complètement rasé : ?C?est une perte totale.? Il explique que les deux cylindres de gaz qui alimentaient l?immeuble ont été retrouvés intacts. ?Toutefois une fuite de gaz pourrait être à l?origine de la déflagration.? Il ajoute avoir obtenu tous les permis nécessaires pour effectuer les divers agrandissements apportés à l?immeuble au fil des ans.
Ajay Beegoo, le propriétaire du magasin Ralph Lauren attenant est abattu. Sa boutique et le dépôt contenant toute sa collection de décembre ont été détruits. ?Je ne peux me prononcer. Mais il faut que l?on sache ce qui s?est passé. C?est une vraie catastrophe pour tous ceux qui travaillaient dans l?immeuble.?
Impact médiatique
L?intensité de la déflagration a poussé nombre de Mauriciens à pencher pour la thèse d?un attentat terroriste. Plusieurs éléments viennent contredire cette théorie.
Les récents exemples d?attaques terroristes, à Nairobi, Bali et Madrid, indiquent qu?elles interviennent à des heures de grande affluence. La raison est simple : pour que les actions terroristes aient un impact maximum, il faut que la perte en vies humaines soit la plus importante possible.
L?explosion de Grand-Baie, elle, s?est produite aux petites heures du matin, alors que l?immeuble était presque vide. A cette heure avancée, les discothèques de La Playa ou Zanzibar auraient constitué des cibles ?plus logiques?. L?absence de cratère dans le foyer de l?explosion indiquerait également qu?aucun explosif n?a été utilisé.
Autre faille : l?absence de revendication. Les attentats terroristes démontrent tous que leurs auteurs recherchent une publicité à l?échelle planétaire. Les récents attentats commis à Madrid en mars dernier illustrent bien ce besoin d?exposition médiatique.
Le dernier élément qui vient infirmer cette thèse de l?attentat terroriste est le choix de la cible. En général, celle-ci est choisie en fonction de son symbolisme politique ou idéologique, notamment la représentation de la toute puissance américaine. Or Grand-Bay Store ne pouvait donner cette image?
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