Publicité

Les Européens proposent leurs bons offices en Ukraine

27 novembre 2004, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?Europe propose ses bons offices dans la crise présidentielle ukrainienne née du refus du candidat d?opposition pro-occidental Viktor Iouchtchenko de concéder la victoire au candidat pro-russe et Premier ministre sortant Viktor Ianoukovitch.

Deux représentants de l?Union européenne sont attendus aujourd?hui dans l?ex-république soviétique, le chef de la diplomatie européenne Javier Solana et le président polonais Alexander Kwasniewski. Ils doivent s?entretenir avec les principaux protagonistes de la crise.

Jan Kubis, secrétaire général de l?Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) est aussi attendu à Kiev. L?OSCE avait le plus grand nombre d?observateurs lors de chacun des deux tours de la présidentielle soit plus de 600. Lors de chacun des deux tours, les 31 octobre et 21 novembre, l?OSCE a estimé que le déroulement du scrutin ne correspondait pas aux normes internationalement admises. Le président lituanien, Valdas Adamkus, est également pressenti pour tenter une médiation en Ukraine.

Le camp de Iouchtchenko a semblé marquer un point jeudi avec de refus par la Cour suprême ukrainienne de publier les résultats de l?élection présidentielle au journal officiel proclamés la veille par la commission centrale électorale et qui donnaient vainqueur le candidat pro-russe.

Iouchtchenko n?a pas caché sa joie. «Ce n?est que le début. C?est la preuve que la société l?emporte toujours. C?est une petite compensation pour les souffrances que nous avons endurées», a-t-il lancé sous les acclamations de milliers de manifestants rassemblés pour le quatrième jour consécutif sur la Place de l?Indépendance, à Kiev.

La Cour a ajouté qu?elle examinerait lundi la plainte déposée par Iouchtchenko, qui a accusé les autorités électorales de fraudes. La décision de la Cour implique que Koutchma, le président sortant, reste en place pour le moment.

Les partisans de Iouchtchenko gardaient le moral dans la nuit. Des milliers de sympathisants de tous les âges bravant le froid montaient et descendaient Khrechtchatyk, l?artère centrale de Kiev.

Les habitants de la capitale se sont mobilisés pour apporter couvertures, couvre-chefs et gants aux militants les plus déterminés qui se relaient 24 heures sur 24 dans cette large avenue dans des centaines de tentes fixées sur le trottoir.

Iouchtchenko a promis de rester avec ses partisans sur la place de l?Indépendance tant que le résultat de l?élection ne sera pas annulé.

Ianoukovitch est apparu contrarié lors d?une brève apparition à la télévision publique. Il a toutefois réaffirmé que pour lui, l?élection s?était déroulée honnêtement.

«Je pense que résoudre les problèmes dans la rue, que les appels à résoudre les problèmes par la pression ou la révolution constituent une dérive par rapport aux normes démocratiques prônées par les pays qui prennent la parole actuellement», a-t-il déclaré.

Les paix occidentaux se sont en effet montrés très critiques après la publication des résultas officiels proclamant Ianoukovitch président. L?Union européenne et les Etats-Unis ont estimé que l?élection ne correspondait pas aux normes internationales.

Solana doit rencontrer Iouchtchenko et Ianoukovitch ainsi que l?actuel président Leonid Koutchma, qui soutient son Premier ministre, afin d?étudier «une solution diplomatique négociée», selon les termes de la porte-parole du haut représentant.

Pour sa part, le président polonais rencontrera au moins Leonid Koutchma. Les deux hommes entretiennent des relations étroites.

Kwasniewski est également l?un des principaux avocats d?un rapprochement entre l?ancienne république soviétique, frontalière de son pays, et l?Union européenne.

Il a récemment présenté un projet de compromis en trois points susceptible de sortir de l?impasse incluant la vérification des résultats du scrutin de dimanche, l?annulation éventuelle de ceux entachés d?irrégularité et le rejet de toute forme d?action violente.

La crise ukrainienne a dominé le sommet réunissant le président russe Vladimir Poutine et la présidence de l?Union européenne. Poutine, qui avait adressé un message de félicitations à Ianoukovitch avant de partir pour La Haye, a déclaré que des tiers n?avaient aucun droit moral à pousser l?Ukraine dans le chaos. C?est aux tribunaux ukrainiens de résoudre tout différend, a-t-il fait valoir.

Publicité