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Les enquêteurs sur les traces d?une secte
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Les enquêteurs sur les traces d?une secte
Le mystère de la découverte macabre de Saint-Paul se dissipe. La police privilégie la piste d?une ?secte internationale?. Les enquêteurs se concentrent sur le passé et les habitudes d?un seul des dix cadavres découverts en état de décomposition avancée vendredi : Crithika Mawooa.
Esthéticienne de carrière, âgée de 37 ans, elle serait une adepte de la méditation en solo. En se basant sur les premiers témoignages, les enquêteurs creusent en direction d?une secte. La dimension mystique et influente de Crithika est frappante d?après ceux qui l?ont côtoyée. L?argent joue également un rôle essentiel (voir hors-texte).
C?est une personnalité dominatrice qui se dévoile quand on évoque ses relations avec Maya Devi Jhowry, 40 ans, habitante de Montagne-Longue. Portée manquante depuis le 22 juillet, elle a été identifiée parmi les cadavres, de même que ses enfants, Khesha, 17 ans, et Bhavish, 15 ans.
Entre les deux esthéticiennes, l?amitié se noue à l?hôtel Victoria, Pointe-aux-Piments, où elles travaillent. Jugeant ce métier lucratif, Maya s?installe à son compte, à Trou-aux-Biches. Son époux, Suchit Jhowry, 49 ans, contracte de gros emprunts pour l?aider à lancer son salon.
Membre d?une branche de Hare Rama Hare Krishna, Maya est croyante et pratiquante. Ses enfants lui emboîtent le pas, explique un proche des Jhowry. Cependant, l?influence de Crithika grandit. ?Du jour au lendemain?, indique un proche, ?Maya abandonne ses habitudes pour suivre les préceptes édictés par sa nouvelle guide, Crithika?.
Époux indésirable
L?époux n?apprécie guère l?intruse. Sa présence devient indésirable au salon de beauté car Maya lui préfère la compagnie de Crithika. Les jours s?égrènent jusqu?à l?emprise totale, quand la soumise déserte le toit conjugal avec ses enfants, le 22 juillet.
Avant de partir à jamais, Maya consigne une déposition au poste de police du village, à 7 h 40. Son départ ne serait que temporaire. Pour des raisons de fatigue mentale, elle dit se rendre chez son frère pour se ressourcer. Parallèlement, elle emporte l?argent se trouvant à la maison, toutes les photos et documents la concernant ainsi que ses enfants.
Parti le matin, laissant sa famille à la maison, l?époux regagne sa demeure. Vide. En désordre. Il alerte son frère pour entamer les recherches. Quand il rapporte la disparition à la police de Montagne-Longue, on lui fait part de la déposition de son épouse. Suchit Jhowry entame une douloureuse quête qui le conduit à Béchard Lane, Saint-Paul, où son épouse et ses enfants y ont passé leurs derniers jours. Une maison bouclée. Cadenassée.
Une autre famille se heurte, début août, à ces mêmes issues fermées. Les Dhayam sont certains que leur frère porté manquant depuis le 6 août, s?y trouve. Rajesh, 49 ans, divorcé, entretenait, au vu et au su de tout le monde, une liaison avec Crithika. Encore elle. Tout comme les Jhowry, il n?en ressortira pas vivant.
La crémation des neuf cadavres est prévue en début de semaine, après l?obtention des autorisations nécessaires.
L?enquête policière est placée sous les ordres de l?adjoint au commissaire de police Tangavel Seerunghen et l?assistant commissaire Anand Ramchander, responsable de la Criminal Investigation Division des Plaines Wilhems.
GRAPHOLOGIE
La lettre de Crithika à la loupe
■ Agenda chargé pour l?équipe d?enquêteurs responsable de l?affaire des dix cadavres de St.-Paul. Ils devront d?abord vérifier l?authenticité d?une lettre de 14 pages qu?aurait écrite Crithika Mawooa et retrouvée sur les lieux. Un examen graphologique est prévu en ce sens. A ce stade, les limiers n?écartent aucune piste. L?homicide volontaire commis par une personne encore en vie demeure une option, aussi légère soit-elle.
La semaine des enquêteurs débute ce matin aux Casernes centrales avec un grand briefing. Il réunit les éléments de la Major Crime Investigation Unit, de la Central Crime Investigation Team et de la Central Investigation Division des ?Upper Plaines-Wilhems?.
Chaque membre de l?équipe se verra confier un aspect spécifique de l?enquête. La piste d?une secte internationale est à l?agenda, entre autres. Aussi au programme : les interrogatoires des proches des personnes décédées, qui devraient permettre d?éclaircir les circonstances ayant pu mener à ce dénouement tragique.
Les enquêteurs espèrent aussi qu?un examen approfondi des appels téléphoniques entrants et sortants puissent apporter des réponses à certaines questions.
LIENS FINANCIERS
Maya, garante des emprunts
■ Entre la famille Mawooa et Maya Jhowry, les liens sont aussi d?ordre financier. Cette dernière a introduit Crithika, sa s?ur Chinta et son frère Ravi dans une ?credit union? à Montagne-Longue l?année dernière. Selon les indications disponibles, le 15 août 2003 Maya et les trois membres de la famille Mawooa s?enregistrent en tant qu?actionnaires de la ?credit union?. Utilisant le mécanisme d?emprunt en place, Maya, Ravi et Crithika se portent réciproquement garants entre eux. Les Mawooa obtiennent ainsi une somme globale de Rs 76 000, remboursable dans un délai de 25 mois. De ce montant, cependant, seulement le tiers sera remboursé. Selon un proche des Jhowry, Maya aurait emprunté à tour de bras pour satisfaire les demandes de sa guide. Mais, comme promis, elle remboursait dans les délais convenus.
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