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Les défis de Ramgoolam
Le leader du Parti travailliste se positionne désormais comme le Premier ministre préféré des Mauriciens. Peut-il en conclure qu?il peut remplacer Bérenger dans quelques mois ? Il aurait peut-être tort d?en être certain.
Chez DCDM, l?alliance sociale recueille 35,9 % d?intentions de votes. Contre seulement 31,5 % pour l?alliance gouvernementale. Toutefois, avec 15,9 % des sondés qui ne se prononcent pas et 11,5 % qui ne se sont pas encore décidés, le rapport de force que démontre le sondage DCDM pourrait évoluer. Synthèses donne, par contre, l?alliance MMM? MSM gagnante avec 44 % d?opinions favorables, devançant le PTr et ses alliés de 13 points. La réalité se trouve quelque part entre ces deux conclusions.
Ce sont sans doute les faiblesses du leader rouge qui permettent de comprendre pourquoi l?alliance que dirige Navin Ramgoolam ne recueille pas les faveurs massives des sondés. Ramgoolam doit relever certains défis pour prétendre se positionner durablement non seulement comme celui qui mérite de remplacer Bérenger, mais aussi celui est apte à diriger le pays par ces temps difficiles.
Son principal handicap paraît flagrant. Il ne semble pouvoir séduire au-delà de son électorat traditionnel. Le baromètre Synthèses démontre que c?est uniquement dans un électorat qu?il est largement populaire. La ligne anti-Bérenger et «pouvoir pé sappe dans nou lamain» adoptée depuis quelque temps a certes valu à Ramgoolam le soutien massif de son électorat traditionnel. Mais cette posture ne semble pas lui avoir attiré les faveurs des électeurs qui ne votent pas traditionnellement travailliste. Ramgoolam dispose de soutiens insuffisants, oscillant entre 20 % et 31 %, en dehors de son électorat. Ce réservoir de soutien pourrait s?avérer insuffisant au moment décisif.
Mais Ramgoolam peut certainement renverser la vapeur. Le défi consiste ici à retrouver l?image de rassembleur projetée aux élections générales de 1995. Selon Synthèses, le leader rouge est en train d?être perçu uniquement comme le PM de son électorat, plutôt que le PM des mauriciens. Son succès dépendra directement de sa capacité à élargir la base de son électorat.
D?autres défis guettent Ramgoolam. Si son alliance ne recueille pas le soutien de la majorité des sondés, c?est qu?il a une autre image à se donner. Tout en se donnant l?image de rassembleur, Ramgoolam doit aussi pouvoir asseoir celle d?un bosseur, qui, une fois arrivé aux commandes pourra prendre les bonnes décisions et vite. Il lui faudra aussi pouvoir présenter une équipe nouvelle en virant, sans ambages, ceux qui ont pu être perçus comme les under-performers. Ramgoolam doit encore pouvoir rassurer les électeurs.Au-delà de ces signaux positifs, Ramgoolam devra aussi pouvoir tenir un discours cohérent et constructif sur la manière dont il compte gérer le pays. Le pessimisme est ambiant. Deux personnes sur cinq pensent que la situation dans le pays se détériore. Une personne sur deux pense que le bilan du gouvernement est négatif. Les sondés vivant en milieu urbain, un vivier de voix pour le MMM, sont majoritairement pessimistes. Ramgoolam a tout à gagner à proposer un programme avec des idées qui séduisent.
Sinon la claque pourrait être retentissante. Le PTr est en nette ascension, les scores que prédisent DCDM et Synthèses sont des minima, Ramgoolam et son équipe feront certainement mieux aux prochaines élections. Mais à défaut de relever tous ses défis, Ramgoolam pourrait revivre les élections de 1987 à l?envers. L?alliance MSM?PTr?PMSD avait battu le MMM 39-21 avec moins de 2 % d?écart dans les suffrages obtenus. La victoire de Ramgoolam dépend?de lui !
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