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Les deux rêves de Michael Rasmussen
Le Danois Michael Rasmussen se souviendra toute sa vie de sa traversée des Vosges. En deux jours, il a atteint ses deux objectifs : conquérir le maillot à pois du meilleur grimpeur et gagner une étape. Il s'est en effet imposé dimanche en solitaire, après 167 km d'échappée, à Mulhouse.
Il y a longtemps que ce Danois de 31 ans originaire de Copenhague tournait autour de la gloire. Certes il avait été champion du monde de VTT en 1999 mais un coureur de ce talent ne pouvait se satisfaire de la plus belle victoire dans une discipline encore trop anonyme.
A 28 ans, il a donc franchi le pas comme d'autres champions du VTT, Miguel Martinez, Cadel Evans ou Dario Cioni. Il a rejoint le team CSC dirigé par Bjarne Riis. Il y a signé une très prometteuse fin de saison mais avait déjà fait son choix.
Individualiste comme le sont la plupart des pratiquants du VTT, il a eu du mal à se fondre dans le collectif de la CSC. Il a donc rejoint dès Rabobank en 2003 et a scrupuleusement fixé ses objectifs.
“Mon rêve a toujours été de remporter le classement du meilleur grimpeur dans le Tour de France et de gagner une étape”, dit-il. “C'est extraordinaire que cela m'arrive le même jour.” Depuis qu'il porte le maillot orange de la seule équipe néerlandaise du Pro-Tour, Michael Rasmussen n'a cessé de progresser.
Vainqueur d'une étape du Tour d'Espagne au terme d'un raid aussi intense que celui mené vers Mulhouse, il a été le meilleur grimpeur du Critérium Du Dauphiné-Libéré 2004 dont il avait remporté l'étape reine à Grenoble en écoeurant son compagnon d'échappée Ivan Basso.
Il ne s'y est pas pris autrement dimanche. Parti dès le quatrième kilomètre, il s'est débarrassé à la pédale de l'Italien Cioni, distancé sur les pentes du Ballon d'Alsace.
“Samedi, je m’étais échappé dans le but de conquérir le maillot à pois et ce (dimanche) matin, je me suis dit que la meilleure défense, c'était l'attaque”, dit-il.
Avec le vent de face, les derniers kilomètres ont été difficiles pour Rasmussen, surnommé “Chicken” tant ses jambes sont fines. Il a puisé dans ses dernières réserves pour atteindre Mulhouse.
Peinant à marcher, il tombait dans les bras de l'un de ses patrons, Frans Maassen, qui se félicitait de compter deux victoires en deux jours après celle de Pieter Weening. “Oui, on va boire encore le champagne”, s'amuse Rasmussen. “Si on continue comme ça, on va être alcoolique avant la fin du Tour.”
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