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Les dessous d?un départ...

4 février 2005, 00:00

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Anil Bachoo est parti parce que le Mouvement socialiste militant (MSM), auquel il a adhéré en 1996, n?est plus le même. Les raisons sont multiples. Au-delà de celles qui sont connues, la plaie est bien plus profonde.

Les multiples ?humiliations? subies aux mains de Paul Bérenger alors que Pravind Jugnauth assistait impassible, ne sont pas la cause principale. Le Premier ministre lui a en effet retiré le dossier du métro léger pour le donner au ministre des Finances. Il a également confié le dossier de la Road Development Authority, sur le nettoyage des routes avant la Réunion internationale de Maurice, à Pravind Jugnauth. Et puis, Paul Bérenger avait reçu un rapport défavorable à Bachoo du directeur de la National Transport Authority à propos de l?octroi des permis pour les taxis.

La réaction au MSM est révélatrice. Les partisans ont ri quand on a parlé de ?l?éclatement du MSM? si Anil Bachoo et ses proches s?en allaient. ?Comment peut-on dire une chose aussi ridicule ? Le MSM est bien plus que ceux-là?, disait-on.

Et Anil Bachoo est parti, entraînant avec lui Megduth Chumroo. Est-ce pour autant que le glas sonne pour le MSM ?

?Le MSM d?aujourd?hui veut seulement dire cinq personnes. Kobita et Pravind Jugnauth, Joe Lesjongard, Showkutally Soodhun et Prakash Maunthrooa?, explique un MSM. sensible à la cause de Bachoo.?Cela ne vous étonne pas ? Connaissez-vous l?influence de Maunthrooa au sein du parti ? Et il n?est même pas un MSM. C?est l?homme de Bérenger, placé au Sun Trust?, raconte cet interlocuteur. Une autre source opine : ?Bérenger a une mainmise totale sur l?alliance au pouvoir. Cela veut aussi dire sur le MSM.? Ce serait d?abord ?l?influence? de Bérenger sur le MSM qui sèmerait la discorde. ?SAJ ne se serait jamais laissé faire?, ajoute un autre membre du MSM.

?Bérenger a toujours été un problème. Il avait voulu dominer SAJ, mais ce dernier ne s?est pas laisser faire. Pravind, lui, se laisse faire. Il faut se demander pourquoi?, répond un membre du MSM. Que pense Sir Anerood Jugnauth de ce problème ? ?Pravind est son fils. Mais il ne peut pas le sortir de l?emprise de Bérenger si ce dernier refuse de l?écouter? ? ajoute cette source.

Après la défaite de l?alliance gouvernementale à l?élection partielle de Piton-Rivière-du-Rempart, certains membres du MSM avaient approché leur leader pour lui dire ?que la défaite était un signal et que l?alliance avec Bérenger ne marcherait pas lors des prochaines élections. Mais il n?a pas écouté, comme à son habitude?, raconte un MSM. Les proches de Pravind Jugnauth confirment : ?Bachoo avait effectivement dit que la seule façon de contrecarrer le Parti travailliste sur le terrain était de faire du MSM un parti sectaire et extrémiste. Mais Pravind a refusé, car c?est contre sa nature.?

?L?ambition? d?Anil Bachoo

Bachoo et ses amis affirment avoir ?entendu la voix de leurs partisans?. Ils disent que leur électorat, majoritairement hindou, ne se retrouve plus dans une alliance dirigée par un non hindou. ?Le problème, insiste un proche de l?ancien ministre, c?est que Pravind ne veut pas écouter. Alors qu?il annonçait publiquement que la partielle de décembre 2003 allait être une lutte entre lui et Navin Ramgoolam, Bérenger s?est tenu à l?écart. Il n?a certainement pas l?intérêt de Pravind à c?ur.?

Une autre source est plus directe. ?Nous avons une philosophie, nous avons un principe. Nous avons rejoint SAJ parce qu?il incarnait ces principes. Et nos électeurs se retrouvaient dans le MSM. Je me souviens de l?époque où l?on disait que si Sir Anerood était là, on pouvait tous dormir tranquille. Ce temps est révolu?, affirme-t-il avec nostalgie. Quel est ce principe ? ?Je suis hindou et il est de mon devoir de faire en sorte que mes partisans se sentent bien?, répond-il. Là réside apparemment ce qui sépare les dissidents de Pravind Jugnauth. Au MSM, on affirme que la philosophie est ?unir pour bâtir? et non pas être ?sectaire?. ?Bachoo voulait changer la vision du MSM?, affirme-t-on dans les milieux proches de Pravind Jugnauth.

D?après les amis d?Anil Bachoo, l?alliance au pouvoir va directement ?vers une défaite électorale. Défaite qui aurait pu être évitée si Pravind s?était allié au Parti travailliste?, ajoute une source. Pravind Jugnauth insiste, sachant qu?il va perdre ?parce qu?il pense que Ramgoolam sera un mauvais Premier ministre et que lui, reviendra dans cinq ans pour sauver le pays. Il a tort?, répond notre interlocuteur. Chez les Jugnauth, on affirme que le problème est plutôt d?ordre personnel. ?Bachoo a sa motto en bhojpuri. Lathi aur paisa. Que la politique n?était qu?une question de religion et d?argent.?

?Pravind se sent menacé par Anil. Il a peur de sa force électorale. Alors que Bachoo est sûr d?être élu, Pravind ira se réfugier dans la seule circonscription où il a un peu de chance d?être élu. Le numéro 15?, avance-t-on dans le camp Bachoo. Dans le clan Jugnauth on parle aussi de ce problème. On l?appelle cependant ?l?ambition? d?Anil Bachoo. ?Anil disait dans son inner circle qu?il y avait un Premier ministre entre Nehru et sa fille Indira Gandhi. Il croyait qu?il allait devenir Premier ministre. Peut-être que Navin lui a offert le poste de vice-Premier ministre? ?.

Anil Bachoo s?en est allé. Megduth Chumroo aussi. Le ministère des Infrastructures publiques sera désormais sous la tutelle d?un nouveau ministre, Ajay Gunness, un membre du Mouvement militant mauricien (MMM). ?Un MSM est remplacé par un MMM. Ce sera toujours le cas dorénavant?? réagit Megduth Chumroo, laconique.

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