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Les dessous des nominations

4 février 2006, 20:00

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Blanc bonnet, bonnet blanc. Après la série de questions parlementaires sur le nombre de conseillers et autres nominés politiques adressées par les députés Travaillistes du temps où ils étaient de l?opposition, on se serait attendu qu?une fois au pouvoir, l?Alliance sociale fasse montre de plus de retenue. Que dalle. La distribution de trophées électoraux continue.

Il suffit de lire les communiqués émis après les récentes réunions du Conseil des ministres pour se rendre compte que, tout comme leurs prédécesseurs, les nouveaux locataires de l?hôtel du gouvernement ont du mal à résister aux pressions.

Sous l?ancien régime, il était surtout question de caser bon nombre de ceux qui figuraient pendant des lustres sur la fiche de paie du Mouvement militant mauricien (MMM) et de récompenser les fidèles du Mouvement socialiste militant (MSM). Dans le cas présent, il s?agit surtout de satisfaire ceux qui n?ont pu se faire élire aux dernières élections générales ou encore ceux qui, aux yeux de l?Alliance sociale, n?étaient pas aptes à bénéficier d?une investiture.

Caresser dans le sens du poil

En procédant aux récentes nominations, l?Alliance sociale prend également soin de caresser dans le sens du poil ceux qui n?hésitent pas à descendre dans la rue pour se faire entendre.

C?est ainsi que le Parti travailliste (PTr) a fini par trouver chaussure au pied d?Hervé Aimée ancien député de Savanne?Rivière-Noire. Écarté aux élections de septembre 2000 au profit de Serge Petit, Hervé Aimée avait organisé une manifestation en face de la Clarisse House et avait ensuite apporté son soutien à l?Alliance MSM-MMM et fut par la suite nommé conseiller à la State Property Development Company. Il devait toutefois retourner au bercail rouge peu avant le scrutin de 2005 pour décrocher une nouvelle investiture. Il ne put cependant se faire élire. Mais puisque chat échaudé craint l?eau froide, l?Alliance sociale a préféré le caser à la présidence de l?Agalega Island Council et de l?Outer Islands Development Corporation pour éviter qu?il ne fasse un nouveau vagabondage politique.

À parler de vagabondage politique, il convient d?y inclure Siddick Chady. Élu à Port-Louis Est?Port-Louis Maritime en septembre 2000, après avoir servi deux mandats successifs comme député travailliste à Rose-Hill?Stanley, ce dernier prendra ses distances du PTr au beau milieu de la dernière législative. Il lorgnera sans succès du côté du MMM, décide de revenir à la case départ et obtient à nouveau une investiture rouge.

Siddick Chady s?est fait remarquer durant son mandat de député de la 3e circonscription pour ses talents d?organisateur de manifestation de rue. Il s?est vanté d?être le porte-parole de marchands ambulants. Il vient d?être nommé à la présidence de la Mauritius Ports Authority.

Ses adversaires prétendent que sa nomination est la suite logique de la décision du PTr de lui octroyer un ticket en juillet dernier.

Ces mêmes sources avancent que Siddick Chady a su jouer à fond ses anciennes relations avec l?homme d?affaires, Tiren Appasamy pour sortir victorieux de son bras de fer avec le Square Guy Rozemont.

Souffler le chaud et le froid

Et de bras de fer, il n?y a pas eu uniquement entre un individu et l?Alliance sociale. La partie qui a fait couler le plus d?encre est sans doute celle qui s?est jouée entre la majorité gouvernementale et Les Verts Fraternels. Même si le parti dirigé par Sylvio Michel continue de souffler le chaud et le froid, il n?en reste pas moins qu?il est parvenu à placer l?ancien député Jean-Claude Armance à la présidence de la Mauritius Housing Company ; Diana Bablee à celle du National Heritage Trust Fund et Alain Laridon à la chancellerie mauricienne au Mozambique.

Jean-Claude Armance, député de GRNO-P.L Ouest de 2000 à 2005 avait été transféré, contre son gré, au no4 lors du dernier scrutin où il termina à la sixième place. Alain Laridon, député MSM de 1987 à 1995, fut lui laissé sur la touche.

Autres anciens députés laissés sur la touche, aux dernières élections par les Travaillistes, et qui se retrouvent présentement dans le fromage : Dan Bhima à la présidence de la Cargo Handling Corporation ; Sanjit Teelock, président de la State Informatics Ltd ; Siven Poinoosawmy, directeur exécutif du Trust Fund for Specialised Medical Care.

Du temps où ils étaient au Parlement, les trois n?ont cependant pas déployé les mêmes qualités. Ils n?ont pas non plus le même palmarès professionnel. Dan Bhima est connu pour ses talents de meneur d?hommes à la Special Mobile Force et ses qualités de gestionnaire à DHL. Sanjit Teelock est connu pour sa passion pour le Tic. On ne peut cependant pas en dire autant de Siven Poinoosawmy qui se voit propulser à la direction d?une unité responsable de la médecine de pointe. Ce qui nous pousse à croire que sa nomination a simplement valeur de récompense.

Tout comme celles de Stéphanie Anquetil et de Vyolet Moothia. La première a été désignée à la présidence de Le Morne Heritage Trust Fund parce que le PTr n?a pu, cette fois, l?aligner comme candidate. Vyolet Moothia a atterrit à la présidence du Mauritius Tourism Employees Welfare Fund faute d?avoir obtenu une investiture du PMXD.

Sont aussi récompensés pour avoir cédé la place : Lucien Finette et Joy Beeharry. Il en est de même pour Dan Maraye. Candidat rouge en 1991.

Le gouvernement PTr-MMM, installé en 1995, utilisera néanmoins ses compétences professionnelles à la tête de la Banque de Maurice. Il est, cette fois, désigné à la direction d?Airports of Mauritius Ltd. Un choix sur lequel même l?opposition ne trouve rien à redire, en raison du riche parcours du nominé. Tout comme Lucien Finette et Dan Bhima, il est de ces rares hirondelles qui ne font hélas pas le printemps.

Les places à pourvoir

Outre les cinq récentes nominations dans les chancelleries, dont trois au rang d?ambassadeur, six ambassades demeurent à ce jour sans capitaine.

Mookesswur Choonee, Alain Laridon et Paul Chong Leung ont vu leur accréditation comme ambassadeur à New Delhi, à Maputo et à Beijing homologuées par les pays hôtes. Yashdev Jeelall et Rajen Narsinghen ont eux été nommés conseillers à notre ambassade à Canberra et Bruxelles respectivement. Cependant, les accréditations se font toujours attendre pour ce qui est de Washington, du Caire, de Paris, de Canberra, de Kuala Lumpur et d?Islamabad.

Il semble cependant acquis que le poste d?ambassadeur au Caire ira à Rashid Soobadar.

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