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Les dessous des menaces à Sookun

23 juillet 2004, 20:00

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La lettre anonyme envoyée à Harry Sookun, de la First City Bank hier matin, sera cruciale pour les enquêteurs. Deux cocktails Molotov ont ausi été jetés sur la maison du vice-président du conseil d?administration de cette banque. Les mèches n?étaient pas allumées, il en donc est sorti indemne mais traumatisé.

Peu avant deux heures du matin, seul dans sa maison, Harry Sookun, entend un grand bruit. Il croit d?abord que c?est le détonateur d?un fusil. Il se lève. «Je n?ai entendu que le bruit des cocktails Molotov. Entre-temps, une bouteille a atterri dans mon living-room. La lettre qui était à l?intérieur est restée coincée dans ma fenêtre. Je suis aujourd?hui traumatisé de voir son contenu.» Il ne parlera pas plus de ces menaces.

Dans les milieux proches de la banque, il ressort que la lettre anonyme ferait état des allégations d?Harry Sookun à l?Icac. «Nu kone ki to finn al Icac pu donn fos informasyon. Si to pa retir sa bann sarzla, nu pu fini toi ek to fami», écrit l?auteur. Il affirme avoir été convoqué par l?Icac dans son enquête sur certaines irrégularités à la banque.

La deuxième menace porte sur les prêts qu?a octroyés la banque à un activiste d?un parti politique : «To enpes debours Rs 20 milion pou A.M. To pe dir ki konpani x pe pren Rs 13 milion. Cot to problem ladan. La bank pa pu toi e sa loan pa pu renbourse.» Harry Sookhun détient 39 % de l?actionnariat de la First City Bank. Les autres actionnaires sont la State Investment Corporation et la Development Bank of Mauritius.

L?autre menace concerne la vente de la First City Bank. «To refiz vann li are lapost. Nu pu van li», soutient l?auteur de la lettre. Il allègue également que Harry Sookun souhaite vendre la banque à des Indiens. Ce dernier, avare de commentaires à ce sujet, a néanmoins insisté pour que des investisseurs privés achètent la banque. L?auteur précise : «Fer kouma to le. Lapost pe pren labank la. Inn fini pran desizyon. To sorti langleter. To pa konn narien dan system moris.»

Harry Sookun dit ne soupçonner personne de ces actes : «Je vivais tranquille en Angleterre. J?ai investi Rs 500 millions dans la banque et aujourd?hui je deviens l?homme à abattre, depuis que je critique certaines pratiques à la banque. La situation est effrayante et inconcevable.»

Harry Sookun a toujours peur pour sa vie. D?autant que la lettre souligne : «Si pa gagn toi zordi, to pa pu sape». Il n?est pas sous surveillance policière mais deux gardes assurent habituellement sa sécurité. Ils ont été un peu moins vigilants, hier. Seuls les vitres et les meubles de la maison, située à la rue Sir Virgile Naz, à Quatre-Bornes, ont été endommagés. L?enquête est menée par la de Quatre-Bornes, qui n?a pour l?instant aucun suspect.

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