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Les dessous d?Abootwaleb Teelhawod

4 février 2007, 00:00

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Eta Tayab Beekary alle montré Twaleb monte bicyclette. » Dès qu?il reprend cette phrase, une bouffée d?émotions s?empare de Twaleb. Il tente de retenir ses larmes, mais en vain.

Après l?avoir écouté raconter son histoire, on se rend compte que le plaidoyer de la mère de son ami d?enfance a provoqué un véritable déclic dans la vie d?Abootwaleb Teelhawod de Highlands. Il est aujourd?hui l?un des plus gros, sinon le plus gros fournisseur de sous-vêtements pour hommes et femmes dans les foires populaires, particulièrement celle de Quatre-Bornes.

« Mes parents n?avaient pas les moyens de me payer une bicyclette. Le geste de cette dame a profondément marqué ma carrière. Car c?est sur une bicyclette que je vais apprendre le dur métier de marchand ambulant de goyaves de Chine d?abord, avant de me spécialiser des années plus tard dans la vente des sous-vêtements pour hommes et femmes. »

Abootwaleb Teelhawod s?approvisionne auprès d?un fabricant installé à Madagascar et qui auparavant, opérait à Maurice. Ce qui lui permet de vendre ses produits à un prix défiant toute concurrence et qui, dans une grande mesure, a contribué à le rendre populaire, non seulement auprès de nombreux Mauriciens, mais également auprès des touristes. « Je lui achète les stocks destinés initialement au marché européen. Les produits fabriqués spécifiquement pour nous sont vendus sous le label Wod pour les sous-vêtements pour hommes et Teel pour ceux destinés aux femmes. Sur mon étal, il y a des produits pour toutes les bourses. Les prix se situent dans la fourchette de Rs 5 à Rs 25, avec des produits que je vends parfois à Rs 40. »

Les projets d?expansion ne manquent pas

Aujourd?hui, Abootwaleb est l?heureux père de sept enfants dont un qui est policier, deux techniciens à Mauritius Telecom, un cadre à la Mauritius Revenue Authority et une fille qui étudie le management dans une institution de St-Étienne. Mais il n?a pas toujours eu la vie facile.

Il perd sa mère alors qu?il n?a que six mois. À neuf ans, il commence à travailler dans une propriété sucrière à raison d?une roupie par jour. Entre 14 et 15 ans, il abandonne les champs de cannes pour vendre des goyaves de Chine à Vacoas. Puis, après avoir passé un peu de temps dans l?industrie du thé, il revient à ses anciennes amours et se consacre à la vente de pudding de maïs et de sorbets. Mais un ennui de santé le contraint à abandonner cette filière. Il opte pour la récupération de bouteilles qu?il revend à une usine de fabrication de vins.

Fort de l?expérience de couturière de son épouse, Bibi Hawa, Abootwaleb Teelhawod fait son entrée dans le secteur de l?habillement. Au début, c?est la confection des jupes avec une seule employée. Celle des mouchoirs a suivi, et enfin, les culottes qu?Abootwaleb Teelhawod dessine sans jamais avoir été initié aux techniques de design. Et le produit se vend comme des petits pains.

Grâce à des prêts obtenus auprès de la Banque de Développement et ceux de Taleb Suhotoo, fournisseur de machines industrielles, Abootwaleb Teelhawod démarre une petite unité de fabrication à domicile. Mais les revendeurs refusent de régler les factures.

Abootwaleb réagit alors en vendant lui-même ses articles à Goodlands et à Flacq. C?est à ce moment-là qu?il se rend compte de tout le profit que ses revendeurs faisaient sur son dos. Ses prix sont inférieurs à ceux qu?offrent ces derniers. Plus tard, Abootwaleb va exploiter le marché de la vente de t-shirts qu?il abandonnera par la suite pour se consacrer uniquement à l?achat et à la vente de sous-vêtements importés.

Âgé de presque 65 ans, ce ne sont pas les idées d?expansion qui manquent à Abootwaleb Teelhawod. Il compte beaucoup sur sa fille qui étudie actuellement en France pour les mettre en pratique.

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