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Les développements risquent de faire manquer d?eau

7 avril 2008, 20:00

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Sera-t-on en mesure de trouver les ressources nécessaires pour alimenter en eau les grands développements, sans priver la population ? Déjà, un rapport commandité par le Programme régional pour la gestion durable des zones côtières et établi l?an dernier par l?expert Juan Palerm, avait révélé que le pays serait sous water stress d?ici 2025. Mais la pression s?annonce encore plus forte avec l?avènement des projets de Tianli, des Integrated Resorts Schemes (IRS) et de Highlands. Les autorités sont conscientes du problème. Un comité a été institué par le bureau du Premier ministre pour se pencher sur la question ainsi que celle de la domestication des énergies renouvelables. Il est composé notamment de responsables des ministères des Services publics, des Finances, de l?Environnement, des Infrastructures publiques de la Central Water Authority (CWA) de la National Development Unit.

«Personnellement, je ne suis pas rassuré», nous confie un ingénieur du privé. «Je ne parle que de l?eau nécessaire pour les hôtels, complexes commerciaux et autres villas. Une chambre d?hôtel dans un établissement moyen de 150 chambres peut représenter environ 1 000 litres par jour. Faites le calcul». En comparaison, selon le Pocketbook of Environment Statistics du ministère de l?Environnement, la consommation moyenne d?un ménage mauricien était de 159 litres par jour par personne en 2004.

«La CWA perd déjà près de 50 % de l?eau qu?elle est censée distribuer dans son propre réseau et cette situation perdure depuis 20 ans», s?insurge pour sa part Karim Jaufeerally, de l?Institute for Environmental and Legal Studies. «La pression du développement sur nos ressources en eau est déjà forte. Qui privilégiera-t-on en période de sécheresse ?» ajoute-t-il.

«La CWA perd déjà près de 50 % de l?eau qu?elle est censée distribuer dans son propre réseau et cette situation perdure depuis 20 ans»

Mais le ministre des Services publics, Abu Kasenally, est serein : «Nous prenons la situation au sérieux». Qui se manifeste aussi sur le front de l?énergie avec une croissance de 15 Mégawatts par an. «Pour l?eau, nous disposons déjà à la CWA d?un plan directeur pour augmenter la capacité de La Nicolière, pour réaliser le barrage de Bagatelle. Nous travaillons aussi à des infrastructures nouvelles pour l?irrigation à Calebasses. Sans oublier un projet de réservoir dans le Sud.»

«Nous voulons aussi encourager les opérateurs économiques à investir dans les solutions renouvelables pour leur gestion de l?eau. Notamment en utilisant les techniques de dessalement».

L?idée est aussi de négocier avec les promoteurs de grands projets du type IRS, Tianli et Highlands des réponses appropriées, des systèmes et structures en accord avec le dessein d?île durable.

Selon Harry Booluck, directeur de la CWA, la demande pour Tianli tourne autour de «20 000 mètres cubes par jour, que nous serons à même d?honorer avec l?accroissement des capacités de La Nicolière d?ici la fin du chantier de Tianli». Au terme des travaux, la capacité de La Nicolière passerait de 66 000 mètres cubes d?eau par jour à 100 000 mètres cubes par jour.

Les possibilités d?adéquation de la fourniture à la demande dépendront partiellement des sites. «Tout dépend de là où se trouve le projet, à quelle hauteur et dans quelle région», indique Harry Booluck.

Quant au barrage de Bagatelle, les appels d?offres pour son detailed design ont déjà été lancés et le choix doit être finalisé incessamment. Suivra ensuite l?appel d?offres pour le constructeur. Dans ces conditions, les milieux de la Water Resources Unit espèrent la réalisation du Bagatelle Dam pour 2010-2012.Ce réservoir sera censé pourvoir à l?alimentation en eau du pays jusqu?en 2050, un objectif «guère remis en cause par l?arrivée des nouveaux chantiers», considère le ministre Kasenally. Il précise que pour Highlands, ce pourrait être Mare-aux-Vacoas qui serait la première source d?approvisionnement.

Entre-temps, certains groupes tâchent de mettre en place leur politique de développement durable. Non content de son futur bâtiment à Ebène, où un système de récupération des eaux de pluies et des eaux usées sera mis à contribution pour le lavage des voitures, l?eau des toilettes et des fontaines, le groupe Ciel va poursuivre à Anahita son programme de recyclage des eaux usées, utilisées notamment pour l?irrigation de son golf. C?est ce que nous a indiqué Benoît Hardy, d?Anahita. Un geste qui sera suivi de beaucoup d?autres, on espère.

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