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Les critères du BEC à la loupe
Le ministère de l’Education n’est pas le seul à se pencher sur les critères d’admission pour les places réservées en Form I dans les collèges catholiques. Alors que Suttyhudeo Tengur s’en prenait à l’Ombudsperson for children, Shirin Aumeeruddy-Cziffra, pour son «absence d’action», l’institution se penchait déjà sur ces critères. Le président de la Government Hindi Teachers’ Union (GHTU), qui rencontrait la presse hier, estime que les critères d’admission du Bureau de l’éducation catholique (BEC) méritent d’être «rejetés in toto» par le gouvernement.
L’Ombudsperson for Children, que Tengur accuse de «prendre fait et cause pour le BEC», réagit : «Plusieurs personnes sont venues me voir dans le cadre de ces critères. J’irai bientôt discuter avec qui de droit car je veux m’assurer que les droits et intérêts des enfants seront respectés dans la réalité.»
Shirin Aumeeruddy-Cziffra dit ne «pas comprendre pourquoi Monsieur Tengur ne vient pas me voir s’il a quelque chose à me dire». Elle ajoute avoir invité ce dernier «à expliquer son point de vue». Elle souligne qu’elle n’a jamais défendu les critères du BEC. «J’ai simplement fait un commentaire en disant que le critère social a été pris en compte.»
En réponse au «gaspillage de l’argent public» proféré par Suttyhudeo Tengur en rapport à la création du poste d’Ombudsperson for children, Shirin Aumeeruddy-Cziffra souligne que le premier rapport de son bureau sera remis au président de la République d’ici la fin du mois. «184 enquêtes sur différentes formes de violation des droits de l’enfant ont déjà été menées par mon bureau.»
Le syndicaliste s’en est aussi pris au gouvernement et au BEC, qui sont pour lui coupables. Le premier pour avoir fait de la réforme de l’éducation un «échec total». Les principaux piliers de la réforme, l’abolition du ranking aux examens du CPE, la régionalisation, la création de collèges de Form VI et la promotion de classes à aptitudes mixtes sont des faillites. La marche arrière du BEC au niveau des établissements de Form VI montre qu’un pan de «la réforme a avorté».
Au niveau de la régionalisation, «il y a une différence fondamentale entre le gouvernement et le BEC». Pour recruter un enfant dans un collège, le gouvernement prend en compte son lieu de résidence tandis que le BEC tient compte de l’école qu’a fréquentée l’enfant.
L’abolition du ranking n’est qu’un trompe-l’œil, soutient le syndicaliste. En se basant sur un sondage auprès des parents, il estime que le ranking est passé du niveau national au niveau régional. «La compétition est toujours là (...). Les parents veulent que leur enfant aille dans un établissement secondaire qui inspire confiance.»
Les critères d’admission pour une place réservée du BEC en Form I sont pour lui «injustes, opaques et prêtent le flanc à la corruption». Car la procédure ne peut être contre-vérifiée. Le fameux critère social du BEC demeure une notion vague et non définie par la loi.
Tengur trouve que les collèges mauriciens ne sont pas encore habilités à promouvoir les classes à aptitudes mixtes souhaitées par le BEC. Résultat : «Les high flyers pou al pli ba et bann lo flyers pou al pli ba enkor.»
Sollicité pour une réaction, le ministre Steven Obeegadoo préfère «prendre connaissance de ce qu’a dit Monsieur Tengur avant de réagir». Il dit que les critères d’admission du BEC devront être «justes, objectifs et transparents».
Pour l’evêché, les propos de Suttyhudeo Tengur ne sont pas recevables. «Que le gouvernement réagisse. Visiblement, Monsieur Tengur ne connaît pas la pédagogie. Les aptitudes mixtes sont reconnues par les grands pédagogues mais peut-être qu’il souhaite des écoles élitistes», souligne Jean-Maurice Labour, porte-parole de l’Evêché.
<B>Obeegadoo rassure sur la construction des colleges</B>
Lors de la visite des collèges Port-Louis State Secondary School Form I à V et Port-Louis State College Form VI, situés à Colline Monneron, Steven Obeegadoo, ministre de l’Education a affirmé que «la situation est sous contrôle». Même si dans le cas du collège de Form I à V, il sera difficile de tout terminer pour la rentrée 2005. Les ingénieurs du ministère des Infrastructures publiques sont inquiets quant à l’avancée des travaux. Certains indiquent que l’établissement ne sera jamais prêt pour décembre. Le ministre Obeegadoo demeure positif : «La situation est difficile, puisque le retard au niveau du constructeur est très sérieux. La première phase devrait cependant être prête pour décembre». Les élèves inscrits à ce collège devraient pouvoir faire leur entrée en janvier. L’établissement pourra accueillir 800 à 900 étudiants. Le collège d’Etat de Form VI ne pose pas de problème. Son chantier a véritablement démarré en janvier, malgré un retard au départ. Aujourd’hui, les travaux sont arrivés à un stade très avancé et tout devrait être prêt pour accueillir les étudiants à la rentrée 2005.
Initialement, le projet devait démarrer en 2002. Cependant, lors des fouilles, des débris de l’ancien hôtel Dynastie ont été retrouvés. Cela a entraîné l’élaboration d’une étude sur l’état du sol avant de construire cet établissement qui accueillera jusqu’à 1 000 élèves. Au total, ce collège coûte Rs 117 millions au contribuable.
La superficie totale des deux collèges de Colline Monneron est de huit arpents.
<B>Tengur convoqué en cour pour diffamation contre le diocese
Suttyhudeo Tengur se trouvera sur le banc des accusés en Cour intermédiaire, lundi. Le diocèse de Port-Louis lui réclame Rs 500 000 de dommages pour diffamation. L’affaire a trait à des allégations avancées par Tengur : le Bureau de l’éducation catholique (BEC) aurait commis des irrégularités dans une réclamation de Rs 11 millions auprès de la Private Secondary Schools Authority (PSSA) pour des travaux d’infrastructures. Irrité et fatigué par la campagne de Suttyhudeo Tengur contre l’Eglise catholique, le diocèse lui avait servi une mise en demeure l’intimant de «stopper les allégations fausses et malicieuses». Le syndicaliste a continué de plus belle. Le diocèse avait alors logé l’affaire de diffamation. Lundi, les hommes de loi présenteront un «Demand of particulars» où le syndicaliste exigera que le BEC précise ce qu’il qualifie d’accusations «fausses et malicieuses». Il demandera également à l’Eglise d’expliquer comment l’argent demandé par le BEC à la PSSA a été dépensé.
Le diocèse estime que les dommages subis sont de Rs 15 millions, mais le plaignant réduit la demande à Rs 500 000 pour que l’affaire soit plus rapidement entendue par la Cour intermédiaire. Ceci n’aurait pas été le cas si une forte somme avait été réclamée.
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