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Les courses blanchissent l?argent au galop
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Les courses blanchissent l?argent au galop
Le blanchiment d?argent est vraiment entré en selle à Maurice. Trop d?activités illicites ? trafic de drogue, d?influence, corruption, fraude douanière ? nécessitent un tel réseau.
Le recours au blanchiment est devenu plus pressant il y a trois ans : la Banque de Maurice a imposé à toutes les banques d?exiger de leurs clients des explications sur la provenance des fonds versés, si elles estiment que l?activité normale du client ne peut générer de tels revenus. «A partir de Rs 350 000 versées, on doit demander une explication sur la provenance. Mais nous ne nous limitons pas à cette somme. On peut demander des explications sur de petites sommes, quand ces versements sont réguliers et totalisent de grosses sommes.»
Les courses sont un bon moyen pour placer en banque des sommes douteuses. Cela se fait à travers les paris. Evoquez ce sujet au Mauritius Turf club, le plus vieux club hippique, et vous énerverez à chaque fois les responsables. L?un d?eux finira par lancer : «Il est connu que quand vous avez de l?argent sale à laver et que vous cherchez à le faire à travers des paris, il faut avant tout être de mèche avec un bookmaker. Il peut vous donner un reçu indiquant que vous avez gagné une grosse somme aux courses quand vous n?avez ni parié, ni gagné.»
Ce blanchiment arrange également le bookmaker. Un comptable explique : «Un bookmaker vous donne, normalement contre paiement, un reçu comme quoi vous avez gagné Rs 300 000 quand vous n?avez en fait rien gagné. Avec ce reçu, vous allez placer en banque Rs 300 000 que vous avez obtenues à travers la vente de gandia, par exemple. Le reçu sert de justificatif quand la banque vous demande la provenance de la somme. Vous avez pu blanchir l?argent. De son côté, le bookmaker qui, disons, a réalisé des profits de Rs 500 000, va déduire de cette somme les Rs 300 000 qu?il vous a fictivement payées. Il réduit son profit, et donc la taxe à payer, et se retrouve lui aussi avec une somme à blanchir. A constater le peu de personnes prises, on réalise que ces réseaux sont bien rodés.»
«Le blanchiment d?argent doit être énorme au Champ-de-Mars», confie un haut officiel du Turf Club. «Il y a énormément de paris illégaux pour chaque journée de courses et l?argent de ces paris doit être blanchi quelque part.» Il explique que lorsque le serveur central où tous les paris faits chez les bookmakers sont répertoriés est entré en vigueur lors des trois dernières courses de la saison 2003, les chiffres d?affaires des bookmakers ont augmenté de 50 %. Pour lui, le serveur a freiné les paris illégaux, mais ne les a pas éradiqués.
Pour corser le tout, s?ajoute l?argent sale des bookmakers illégaux, pratiquant surtout dans les régions rurales. «Rien qu?en 2004, la Police des jeux a arrêté une centaine de ces bookmakers.» Comment ces illégaux blanchissent leur argent ? «Auprès d?autres bookmakers», répond l?officiel du MTC, en précisant que les bookmakers ne sont pas les seuls moyens de blanchiment possibles.
PARIS ILLéGAUX
<B>Des fuites à la cybertour ?</B>
Les secrets des disquettes du bookmaker Joomun font des envieux. Hier matin, des hommes des services de renseignements se sont rendus à la Cybertour. Ils ont passé plus d?une demi-journée dans le bureau d?un informaticien. Ils seraient à la recherche de documents qu?ils soupçonnent provenir des neuf disquettes décryptées au département IT de la police avec l?aide d?un informaticien du privé. Les services de renseignements ont expliqué à l?informaticien que «c?était secret d?Etat et qu?il n?avait ni le droit de communiquer avec qui que ce soit et encore moins de faire circuler au public des documents hautement confidentiels relatifs à ces disquettes. Il risque de graves problèmes ». Le bureau de l?informaticien suspecté d?avoir dissimulé des documents a été fouillé de fond en comble. Il a été longuement interrogé sur ses contacts. Il a ensuite été invité à se rendre aux Casernes centrales pour s?expliquer davantage. Des documents auraient été emportés lors de cette opération. On soupçonne l?informaticien d?avoir essayé de communiquer avec certains parlementaires de l?opposition. Vers 17 heures, l?informaticien a retrouvé sa liberté. Craignant pour sa sécurité et celle de sa famille, il a gardé le silence.
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