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Les copains d?abord

8 octobre 2007, 00:00

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?Kouzinn kouzin, kouzin kouzinn.? Jos Henri a dû bien se marrer là-haut. Enfin, ça, c?est après s?être retourné dans sa tombe, alors que tombaient les récompenses aux Mauritius Society of Authors (MASA) Awards, vendredi.

Quoi, Michel Foo Fat gagnant dans la catégorie ?éditeur? ? Alors que des allégations de piratage lui collent au dos. Et qu?il se chuchote que tous les disques dans son magasin ne porteraient pas un hologramme. L?idée de récompenser des créateurs est excellente en soi. Mais pas quand les critères de sélection demeurent flous pour le grand public. Qu?ils n?apparaissent pas comme étant objectifs. Et que les récompenses ont un parfum de copinage.

Comment expliquer sinon pourquoi nombreux des gagnants sont des membres passés (passe encore), mais actuels, du conseil d?administration de la MASA ?

Comment expliquer que dans la catégorie ?contribution pour la musique locale?, l?on mette Claudio Cassimally sur un plan d?égalité avec Cassiya, Lataniers, Bhojpuri Boys et OSB Crew ? C?est un comble. Les perfides imaginent déjà une vendetta personnelle contre Claudio Cassimally. Que nenni. Que représente en fait ce monsieur ? Surtout un interprète qui fait sonner sa trompette et sa flûte de pan dans des hôtels, dans les mariages et enterrements. C?est très bien de gagner sa vie. Il en faut.

Mais est-ce là suffisamment de mérite pour gagner un MASA Awards pour la promotion de la musique locale ? Quand on sait que Claudio Cassimally fait surtout de la musique sud-américaine ?

Justement au rayon des interprètes, qu?est donc venu faire Rising Sun, le groupe d?animation de l?hôtel Saint Géran, dans cette galère ? Nous sommes là dans une soirée de récompense de la société des droits d?auteurs. Dans la salle, foison de créateurs. Sur scène, un orchestre de cabaret avec un répertoire puisé au trois-quarts dans les standards américains. Un groupe de cette nature est par définition polyvalent, capable de tout chanter. Alors pourquoi n?a-t-il pas fait l?effort de choisir un répertoire plus local, puis ce que c?est de cela qu?il s?agissait ? Pourquoi s?est-il acharné à rester dans son répertoire pour touristes ? Donnant l?impression que pour que la fête soit belle, il fallait que l?ambiance vienne d?ailleurs. Insultant du même coup l?intelligence des créateurs qui se sont déplacés pour l?occasion.

Gérard Louise, directeur de la MASA justifiait la semaine dernière ce choix de groupe, en affirmant que la société des droits d?auteurs a l?ambition de représenter prochainement les droits des interprètes. Mais quitte à interpréter, pourquoi ne pas reprendre en choeur du local, ce qui aurait en plus fait des droits d?auteurs aux auteurs compositeurs locaux. Décidemment les interprètes ont été difficiles à digérer vendredi soir. Qu?est que le ?Tom Jones mauricien? est venu faire dans cette soirée ? La meubler. On se serait bien passé de cette petite séance karaoke qui jurait avec l?esprit même de la soirée.

Que dire enfin de la partie officielle des MASA Awards. Celle du discours compassé de Mahendra Gowressoo, ministre des Arts et de la Culture. Nous applaudissons des deux mains quand il affirme que le secteur culturel et artistique doit devenir un pilier de l?économie. Qu?il faut professionnaliser les artistes. Jusque là, il a tout bon. Et que propose-t-il pour aller dans ce sens ? De parquer des chanteurs à la rue du Vieux conseil, pour leur donner un podium d?une part, et de l?autre, l?occasion de vendre leur CD. Sauf que ce n?est pas le rôle du ministère d?organiser des fancy-fair. Et que nombre d?artistes vous le diront, c?est anti-professionnel de demander à un créateur de se transformer en vendeur de rue. Et ne parlons même pas de dignité.

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