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Affaire St-Louis

Chavansingh Dabeedin réclame l’arrêt des poursuites

4 septembre 2026, 13:00

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Chavansingh Dabeedin réclame l’arrêt des poursuites

La défense de Chavansingh Dabeedin, ancien cadre du CEB, a demandé, mercredi devant la Financial Crimes Division, un permanent stay of proceedings, contestant la manière dont la Financial Crimes Commission (FCC) a mené l’enquête. Mᵉ Antoine Domingue, Senior Counsel, soutient que des éléments favorables à la défense auraient été ignorés ou «cachés», notamment des chèques émis par PADCO Ltd, société d’Alain Hao Thyn Voon, sous-traitant local de BWSC. Selon lui, ces documents auraient pu éclairer les transactions au cœur des accusations.

La défense estime que l’enquête est «incomplète», plusieurs pistes essentielles n’ayant pas été explorées. Mᵉ Domingue avance également un argument constitutionnel : le droit de Dabeedin de garder le silence, garanti par l’article 10(7) de la Constitution, n’aurait pas été respecté. Le magistrat Kevin Rangasamy a fixé la prochaine audience au 19 octobre, date à laquelle Mᵉ Trishul Naga présentera la position de la FCC. Cette démarche intervient alors qu’une autre demande similaire, déposée par Mᵉ Ravi Rutnah pour Dharamraj Deenoo, est déjà en attente. Celui-ci invoque le temps écoulé depuis les faits et l’impact potentiel sur un procès équitable.

Dabeedin conteste les 25 accusations retenues contre lui : 12 concernent des gratifications qu’il aurait reçues d’Alain Hao Thyn Voon en 2016 et 2017, liées à des contrats de pose de câbles souterrains pour le CEB ; 13 portent sur du blanchiment d’argent, via des dépôts de Rs 100 000 en liquide auprès de la CEB Staff Multipurpose Credit Union.

Ces procédures s’inscrivent dans l'affaire St-Louis, révélée en 2020 après une enquête de la Banque africaine de développement sur la modernisation de la centrale thermique de St-Louis. Celle-ci avait mis en lumière des pratiques corruptives impliquant BWSC et des intermédiaires mauriciens, pour un préjudice estimé à Rs 700 millions. Le scandale avait entraîné la révocation d’Ivan Collendavelloo, bien que l’ICAC (remplacée depuis par la FCC) n’ait trouvé aucune preuve contre lui. Plusieurs accusations provisoires visant d’autres personnes ont aussi été rayées.

Le dossier s’est élargi : en septembre 2024, la FCC, avec l’accord du DPP, a déposé des accusations formelles contre Dabeedin, Brahmadutt Sewpal, Alain Hao Thyn Voon et Dharamraj Deenoo. En juin 2026, le DPP a autorisé 67 accusations de trafic d’influence contre Bertrand Lagesse, consultant de BWSC. L’audience du 19 octobre sera déterminante : avant d’aborder le fond, la défense veut convaincre la cour que les conditions de l’enquête justifient l’arrêt pur et simple des poursuites.

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