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Les conteneurs de la discorde
EN PLEINE brûle entre la Mauritius Export Processing Zone Association (Mepza) et l?Association professionnelle des agents maritimes mauriciens (Apamm). La raison du désaccord est l?introduction par l?Apamm de nouvelles conditions et de nouveaux frais concernant l?importation et l?exportation de marchandises par conteneurs.
Depuis le 1er décembre en effet, les exportateurs et importateurs sont contraints de payer une caution de Rs 25 000 pour un conteneur de 25 pieds et de Rs 50 000 pour un conteneur de 40 pieds. Cette somme leur sera rendue lorsqu?ils renverront le conteneur au dépôt de l?agent maritime dans les délais prescrits.
Le cas échéant, l?agent maritime déduira de la caution de surestarie ? demurrage fee ? qui représente les indemnités de retard. Le montant de cette surestarie est de US$ 7 par jour pour un conteneur de 20 pieds et de US$ 14 par jour pour un conteneur de 40 pieds.
La surestarie commence à être appliquée après le délai normal qu?accordent les agents maritimes aux exportateurs et importateurs. Un exportateur a un délai de 14 jours sans frais pour remplir un conteneur et l?expédier au port. Un importateur a 7 jours pour décharger gratuitement ses marchandises et renvoyer le conteneur au dépôt de l?agent.
?Scandaleux et inacceptable?
Le paiement de surestaries n?est pas nouveau mais c?est l?introduction du paiement d?une caution au départ qui fâche la Mepza. D?autant plus que l?on est actuellement dans la période de pointe annuelle pour les exportations de la zone franche. C?est aussi le cas pour les importations en raison des fêtes de fin d?année.
La directrice de l?association, Danielle Wong, ne mâche pas ses mots pour qualifier les nouvelles dispositions prises par l?Apamm. ?C?est scandaleux et inacceptable pour les entreprises de la zone franche et les importateurs. Il n?y a aucune justification à une telle décision prise de manière unilatérale?, s?insurge-t-elle.
Du côté de l?Apamm, on soutient que cette décision s?impose car il y a trop d?abus. ?Certains exportateurs et importateurs abusent de la période sans frais durant laquelle nous mettons des conteneurs à leurs dispositions. Il faut les amener à être raisonnables. Nous ne pouvons pas accepter qu?un importateur de pièces de rechange garde un de nos conteneurs sous un arbre pendant six mois parce qu?il n?a pas de place chez lui pour conserver ces pièces?, déclare Xavier d?Unienville, président de l?Apamm.
Selon lui, cette situation dure depuis un certain temps et c?est parce qu?elle est devenue intolérable que les armateurs et lignes maritimes qu?il représente ont décidé d?agir. Le paiement d?une caution de Rs 25 000 ou Rs 50 000 devrait, selon l?Apamm, inciter les importateurs et exportateurs à retourner les conteneurs dans les délais.
Interrogé sur l?ampleur de ces abus, Xavier d?Unienville a déclaré ne pas pouvoir les chiffrer précisément mais, a-t-il ajouté, cela devait être suffisamment grave pour que les compagnies maritimes desservant Maurice aient décidé de réclamer le paiement d?une caution sur les conteneurs.
Selon nos informations toutefois, les nouvelles mesures prises par l?Apamm ne sont pas suivies par la totalité des agents maritimes. Un important importateur interrogé n?était, lui, pas au courant des nouvelles dispositions prises. ?Nous n?avons payé aucun dépôt et pourtant nous avons reçu des conteneurs depuis lundi?, nous a déclaré un responsable de cet important importateur.
Nouvelles mesures déplorées
Au niveau de la Mepza, on récuse l?argument de l?Apamm. S?il y a effectivement des opérateurs qui abusent, c?est le rôle des agents maritimes de prendre les mesures nécessaires, de recourir à la justice s?il le faut, pour récupérer leurs conteneurs et obtenir réparation.
Les agents maritimes reçoivent une commission, fait-on ressortir, ? un container control fee communément appelé box fee ? pour gérer les conteneurs qui leur ont été confiés. ?Ce sont nos clients, les lignes martitimes, et non nous, qui ont décidé cela. Ce sont eux qui nous ont demandé de le faire?, précise Xavier d?Unienville.
Les propriétaires des lignes maritimes ont aussi des contraintes, souligne-t-il. Ils doivent faire tourner les conteneurs au maximum pour être rentables.
A la Mepza, on déplore les nouvelles dispositions qui ont été prises. Le paiement d?une caution pour un conteneur posera un problème additionnel aux entreprises de zone franche qui ont déjà de graves difficultés de cash-flow. Danielle Wong souhaite que les autorités se penchent sur ce fardeau additionnel pour la zone franche, déjà en difficulté.
Xavier d?Unienville dit comprendre les problèmes de la zone franche et se déclare ouvert au dialogue. Mais, précise-t-il encore une fois, ce sont les propriétaires des lignes maritimes qui ont dicté ces nouvelles mesures.
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