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Les consommateurs se rabattent sur les bas de gamme
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Les consommateurs se rabattent sur les bas de gamme
La cherté de la vie contraint les ménages à acheter utile. Au supermarché, les consommateurs se montrent prudents et restent près de leurs sous après une année difficile. Ils se rabattent sur les promotions. Les caddies font de plus en plus place à des articles dits bas de gamme.
Alors que le Bureau central des statistiques prévoit un taux d?inflation de 8,8 % pour l?année contre 8,9 % en 2006. Et les prix maintiennent leur rythme à la hausse.
La consommation fait déjà les frais d?un pouvoir d?achat dépressif. Les achats des ménages vont croître par 4,4 % en 2007 contre 5,9 % l?année dernière. Une croissance au ralenti qui n?enthousiasme guère les opérateurs de la distribution qui préparent les grandes man?uvres de fin d?année.
«Je crains une certaine morosité dans les achats. En raison de la cherté de la vie, les gens achètent de plus en plus des produits basiques même si en général ils ne diminuent pas nécessairement leur niveau de consommation? Nous ne nous attendons pas à une fin d?année exceptionnelle», explique Nicolas Kan Wah, directeur de la chaîne de supermarchés London Way.
Les supermarchés et hypermarchés doivent se fier beaucoup sur les offres promotionnelles pour continuer à animer les chiffres d?affaires. «Les clients font leurs achats en fonction des promotions dans les différents magasins. Ils sont plus prudents dans les choix des produits et hésitent avant d?acheter des articles de luxe», constate Nicolas Kan Wah.
Nicolas Merven, le Chief Executive Officer ? Retail - d?Ireland Blyth Ltd (IBL), propriétaire des magasins Winners, abonde dans le même sens. «Les achats des gens ont baissé en qualité. A titre d?exemple, nos ventes de whisky ont chuté par 20 % par rapport à l?an dernier. Ce produit a été remplacé par le rhum et d?autres spiritueux. Ce mouvement vers les gammes inférieures est perceptible dans d?autres catégories de produits», explique Nicolas Merven.
La crainte d?autres hausses de prix rend les consommateurs encore plus frileux. «Il y a beaucoup de mauvaises nouvelles en ce moment. L?on évoque l?augmentation du prix de la farine ainsi que celle de plusieurs autres produits. Les gens sont inquiets et sont encore plus prudents.»
Face à ce resserrement des bourses, les grandes surfaces se doivent de trouver de nouvelles idées pour combattre la morosité. Il faut souvent plus que les promotions sur les prix pour maintenir une activité intéressante dans les magasins. Les loteries sont un moyen classique pour essayer d?encourager les clients à dépenser un peu plus dans un contexte de pouvoir d?achat restreint. «Il faut trouver de nouvelles idées pour surprendre l?acheteur. Dans cette optique, nous lançons une loterie ayant pour thème la vie moins dir. Nous pensons qu?il est important de rehausser l?humeur des gens», souligne le CEO Retail d?IBL.
Lorsque le commerce au détail marque le pas, les distributeurs en gros sont eux aussi déstabilisés. «Nous nous attendons à une croissance inférieure à nos attentes. Le pouvoir d?achat a beaucoup souffert en raison des hausses de prix des articles de grande consommation tel le lait», soutient un responsable de la compagnie Innodis, un des principaux fournisseurs en gros sur le marché.
Celui-ci soutient toutefois que malgré les difficultés du moment, les Mauriciens vont maintenir leur préférence pour certaines marques, dans l?alimentation notamment, auxquelles ils sont bien attachés. «Les gens font confiance à certaines enseignes. Ils y tiennent même si le budget est un peu serré», affirme notre interlocuteur.
Les difficultés de la vie chère ne touchent pas uniquement les groupes vulnérables ou les foyers à revenus moyens. Même les cadres y laissent des plumes. Comme le démontre une récente enquête sur la consommation réalisée par le cabinet PluriConseil. Un cadre sur trois (l?enquête a utilisé un échantillon de 80 professionnels qui touchent des salaires mensuels de Rs 30 000 à Rs 100 000) estime que sa situation financière va se dégrader d?ici janvier et ce, malgré la perspective du boni de fin d?année.
Pas de frénésie donc. Même chez ceux qui en ont les moyens. Et si les dépenses en produits alimentaires et boissons non alcoolisées seront modérées en décembre (par rapport aux fins d?année précédentes), les achats en biens durables le seront encore plus?
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