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Les comptes d?apothicaires
Le décompte ne sera certes que provisoire, mais, psychologiquement, il marquera bien des esprits, nous en sommes certain.
Moyennant une victoire cet après-midi face à son voisin et rival de City, qui lui rend visite à Old Trafford en ouverture de la 17e journée, Manchester United portera à neuf points son avance sur Chelsea en tête de la Premier League.
Neuf points, vous vous rendez-compte ?
Hier encore, les deux équipes étaient côte à côte, séparées seulement par la différence de buts. En l?espace de la pensée, et sans qu?on n?ait l?impression que Chelsea n?ait, d?une manière ou d?une autre, marqué le pas, voilà United sur le point de compter trois victoires de plus que son principal rival dans la course au titre.
Mais bon, ce sont des comptes d?apothicaires. Rien ne dit que Chelsea, qui aura joué ce soir deux matches de moins qu?United, ne battra pas Arsenal demain puis Newcastle mercredi. Une éventualité qui ramènerait les coéquipiers de Didier Drogba à seulement trois points.
Remarquez, rien ne dit aussi que les Diables rouges battront Manchester City cet après-midi?
Le derby de Manchester, parlons-en justement. D?un point de vue purement sportif, avouons-le, l?intérêt n?est pas grand. Car United et City n?évoluent pas dans la même catégorie. Le premier a marqué l?histoire, le second n?a pas d?histoire, ou si peu. Le premier cumule les titres et les honneurs, le second se bat chaque année pour conserver sa place parmi l?élite.
À mi-chemin de la présente saison, vingt et un points déjà séparent les deux équipes. Comment, dans ces conditions, imaginer City venir réaliser le hold-up parfait à Old Trafford, où ils n?ont d?ailleurs plus gagné depuis 32 ans en championnat ?
La dernière fois que les Citizens ont réduit Old Trafford au silence, Dennis Law, un des membres les plus influents des Busby Babes, jouait encore au football. Plus pour United, mais pour City, l?ennemi juré. Une trahison que certains à Manchester ne lui ont toujours pas pardonné.
Proportions démesurées
Comble d?ironie, c?est ce diable de Law qui, d?une talonnade restée célèbre, avait, le 27 avril 1974, condamné son ancien club à la descente en deuxième division.
Si le derby de Manchester ne laissera pas indifférent l?Angleterre du football, celui de Londres, demain, entre Chelsea et Arsenal, a fait, toute la semaine, la une des principaux journaux du pays. Ce n?est pas seulement un derby, c?est «The Match»,
même si les Gunners, très en retrait cette saison, n?ont plus grand espoir de décrocher le titre.
La rivalité entre les deux clubs n?a eu de cesse, ces dernières années, de prendre des proportions démesurées, les deux entraîneurs, Jose Mourinho et Arsène Wenger, ayant pris la mauvaise habitude de faire monter la mayonnaise.
Le départ, pour Chelsea, d?Ashley Cole, ancien pilier de la défense d?Arsenal, n?a pas arrangé les choses même si la décision de William Gallas de faire le chemin inverse a finalement donné l?impression que les deux clubs avaient trouvé leur compte.
Cette année, c?est Mourinho qui a le beau rôle de mettre le feu aux poudres. Par presse interposée, et entre les lignes, il a suggéré que l?influence tactique de Wenger était limitée. Et il a pris Bolton pour témoin, suggérant qu?il avait, lui, gagné trois fois au Reebok pendant que Wenger tardait à trouver la formule pour vaincre les Trotters.
« Vous ne pouvez pas jouer contre Bolton, à Bolton, de la même façon que vous le ferez contre Watford chez vous. Ce n?est pas possible. Certaines équipes, certains entraîneurs ne savent pas s?adapter à l?adversaire. Ils appliquent continuellement la même stratégie, les mêmes principes, la même philosophie? La différence entre Chelsea et Arsenal se situe là. C?est pour cela que dix points nous séparent »? Et vlan !
Wenger appréciera certainement.
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