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Les clubs à votre service
L?homme a toujours eu besoin de se regrouper et de s?identifier à ses pairs. Pour partager des idéologies, trouver des affinités, se lier d?amitié, se cultiver, d?où l?émergence des clubs. Et au fil du temps, ces instances ont évolué : elles ne se limitent plus aux activités favorisant le bien-être personnel des membres, mais se dédient au service d?autrui.
« Dans le monde, il y a toujours eu des clubs philanthropiques. A la Révolution française, en 1789, Les Chaumières étaient des espaces qui accueillaient les gens. En Angleterre, il y avait le Sailors?Home. Puis sont venues les loges maçonniques, réunissant les têtes pensantes de la société pour d?importantes prises de décision. Aujourd?hui on remarque qu?il y a beaucoup de clubs service qui ont été fondés », explique l?historien Benjamin Moutou.
Qu?est-ce au juste qu?un club service ? C?est une organisation où les membres se rencontrent régulièrement et participent à des ?uvres caritatives par leurs propres moyens ou en finançant d?autres associations. À Maurice, les clubs service se sont affiliés à ceux fondés en Amérique et en Angleterre ou dans la région, à l?exemple du Lions Club, du Rotary Club, ou encore de Soroptimist International et Mauritius Round Table. Quel est leur objectif ?
« Notre moteur est de servir les autres, de les aider grâce à des projets bien définis. Par exemple, il y a eu des collectes de fonds, mais aussi la création de centres pour les jeunes ou encore d?une banque d?organes à Candos », affirme Marie-Josée Baudot, Past President du Lions Club, regroupant environ 250 membres à Maurice.
Pour le Rotary, il est primordial d??uvrer pour combler la marge entre richesse et pauvreté, comme l?indique Prem Saddul, président du club de Curepipe : « Nous sommes de plus en plus conscients des problèmes de société. La devise pour 2006 est d?être au service de sa communauté, de sa région et du monde. Les actions reposent sur quatre piliers : les activités internes du club ; les actions d?intérêt public comme des projets visant à lutter contre l?alcoolisme, la toxicomanie ; l?action vocationnelle comme la formation au sein des écoles ZEP ; et l?action internationale pour des jumelages avec les Rotariens du monde ou l?importation de bandages thérapeutiques ramenés pour les opérations de la cornée ».
Des projets spécifiques sont élaborés
Le Rotary compte plus de 350 mem-bres, âgés de 35 ans ou plus. Ce club service dispose également de trois autres unités : l?Interact, pour les adolescents de 14 à 18 ans, le Rotaract, qui regroupe les jeunes de 18 à 30 ans, et l?Inner Wheel qui comprend les épouses des Rotariens.
Du côté de Soroptimist International, dont le nom provient des mots « s?urs » et « optimistes », l?objectif est de favoriser le partage, de cultiver l?amitié entre femmes professionnelles et de discuter des moyens de remédier aux problèmes de société.
Au niveau de la Mauritius Round Table (MRT), il y a trois instances à Maurice, de 20 membres chacune n?ayant pas plus de 40 ans. « Notre mission est d?encourager l?esprit d?équipe et de partage pour la communauté et de le faire à travers les différentes synergies qu?on peut développer à travers nos connaissances et expériences », souligne Nuvin Deerpalsingh, président de la MRT no 3. « Nous effectuons des activités surtout visant à aider les enfants, par exemple SOS Village, CEDEM entre autres », déclare Richard Moutia, Past President du MRT.
Comment devient-on membre des clubs service ? Il faut répondre à ces critères ? être un bon leading representative dans le domaine professionnel, être disposé à participer aux projets sociaux entre autres. Il est aussi impératif d?être parrainé par des membres actifs.
« D?abord, nous invitons une personne qui, selon nous, a les aptitudes pour se dévouer au social au sein du club, à suivre les réunions. Ensuite, on va soumettre sa candidature, qui sera examinée par le comité de recrutement. Pendant plusieurs mois, la personne est dans une période probatoire. Si elle est acceptée, elle pourra adhérer au club », explique Fabrice Catherine, président d?un club du Rotaract. Pour en faire partie, il faut aussi payer une cotisation et assister aux réunions hebdomadaires Pour ce qui est du Rotaract, il faut payer un droit d?entrée de Rs 1 000 et une cotisation mensuelle de Rs 200. Pour les Rotariens, la cotisation annuelle est de Rs 3 500 à Rs 5 000, excluant les frais additionnels pour certaines fonctions et autres soirées. Pour Soroptimist et la Mauritius Round Table, cela avoisine Rs 1 000 par an. À l?issue des rencontres, des projets spécifiques pour assister un groupe ou une autre organisation seront élaborés.
Des membres animés par la fibre sociale
Animés par la fibre sociale, les membres mettent alors leur projet en application. « Si on contribue au soulagement en apportant une goutte d?eau, c?est déjà quelque chose », soutient Jean-Claude Hoareau, Past President du Rotary de Port-Louis et futur gouverneur de district. Pour Monique Dinan, Past President de Soroptimist, les clubs service sont également « une source d?enrichissement où on découvre ce qu?on peut apporter ».
Outre les projets sociaux, les clubs service permettent aux membres de se faire connaître et de cultiver des contacts, surtout lors des diverses rencontres et soirées pour l?intronisation des nouveaux membres ou les passations de pouvoirs du président. Cela créé forcément des liens ! Et pas des moindres car il s?agit d?un rassemblement de professionnels. Cela peut déboucher sur des amitiés solides, des collaborations futures et des réseaux de contacts.
Mais y a-t-il là un risque que cette adhésion soit un moyen détourné pour tirer des bénéfices personnels ? « Au lieu de faire du social, pour certains, faire partie d?un club service, c?est plutôt un moyen pour établir des contacts, se donner un air important et se faire remarquer », souligne Claude, 34 ans, ancien membre d?un club service. Ayant eu un aperçu des activités sociales de l?organisation dans les médias, il s?y est intéressé et a été invité à les rejoindre. Mais six mois après, il a vite déchanté : « Je me souviens d?une fois où nous étions en train de peindre une crèche depuis le matin. Les responsables du club ne sont apparus qu?en fin de journée, cinq minutes avant l?arrivée des médias ! »
La perception du prestige est mauvaise
Est-ce là l?indication que certains membres s?éloigneraient de leur mission première pour faire du show-off ? « Il y a un changement dans le Lionnisme, une perception différente par les Lions de l?ancienne garde par rapport aux jeunes. C?est vrai que pour certains, c?est une porte ouverte pour faire du business. Je ne pense pas toutefois que ce soit une question de prestige, mais c?est surtout une ouverture pour rencontrer les aînés », affirme Marie-Josée Baudot.
Et Jean-Claude Hoareau d?ajouter : « Ce n?est pas du prestige, mais une fierté d?être Rotarien et de pouvoir utiliser ses compétences pour les autres. En même temps, dans toute association, certains peuvent faire n?importe quoi mais on essaie de limiter cela à travers le recrutement. » Pour Fabrice Catherine, la perception du prestige est mauvaise : « Le problème, c?est que les clubs service sont des cercles fermés, donc les gens ne savent pas vraiment ce qu?il y a à l?intérieur. Lorsque les activités sociales sont médiatisées, ce n?est pas pour en tirer de la gloire mais pour inviter d?autres personnes à se joindre à notre cause. » Propos rejoints par Navin Deerpalsingh : « Notre but est d?aider là où on peut et de s?en aller dans l?espoir d?avoir pu soulager ceux qui en ont besoin. Donc pas de show-off et de prestige ».
Selon une étude réalisée par le club Rotary International auprès des jeunes, 50 % disent qu?il s?agit d?un club philanthropique, mais l?autre moitié le qualifie d?un club de riches et des personnes âgées. « Nous sommes un cercle de professionnels faisant du bénévolat. D?ailleurs quelqu?un qui fait du volontariat doit le faire en toute transparence », conclut Prem Saddul. Gageons pour que tous les membres des clubs service s?y tiennent !
Les autres organisations
Les associations et clubs font partie intégrante de notre paysage. Dans le monde des affaires, on trouve la Jeune Chambre Internationale (JCI), une ONG qui regroupe 150 membres et ?uvre pour la formation et l?entrepreneuriat. « Nous voulons encourager les jeunes leaders à développer leurs talents de meneurs, la prise de responsabilité sociale, la solidarité et l?esprit d?entreprise pour créer des changements positifs », déclare Bashir Mahamode, le président de la JCI de Port-Louis. Selon Stephan Atchia, président national de la JCI, outre ces deux objectifs de formation et d?entrepreneuriat, les membres ?uvrent aussi au développement social et communautaire pour apporter une aide aux autres. La JCI compte une vingtaine d?années d?existence, est ouvert à tous et comprend aussi une antenne à Rodrigues. Il existe également les regroupements de loisirs, par exemple les clubs comme le Gymkhana ou le Dodo. Leurs membres y adhèrent pour rencontrer des gens et participer à des activités sportives. Enfin, certaines associations prennent naissance autour d?une passion, par exemple les associations horticultrices comme la Mauritius Orchids Society.
En chiffres
Le Liberty, Intelligence, Our Nation?s Safety (LIONS) Club International est considéré comme le plus grand club service au monde, avec plus de 1,4 million de membres répartis dans 43 000 clubs dans 185 pays. À l?origine, Melvin Jones, un homme d?affaires américain, a fondé ce club. À Maurice, le Lions Club de Port-Louis a reçu sa charte le 1er juin 1968, et elle avait été remise au président fondateur, Daniel Lagesse. Le Rotary, fondé par Paul Harris, un avocat américain, comprend environ 1,2 million d?adhérents dans 32 000 clubs de 166 pays. Le premier Rotary à Maurice est l?initiative de Marcel Lagesse et fait partie du district 9220, comprenant Rodrigues, la Réunion, les Comores, les Seychelles, Mayotte et Djibouti.
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