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Les cinquante ans de l?ordination de 5 prêtres

15 août 2005, 00:00

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Cette chronique historique interrompt la série d?articles consacrée à l?épiscopat de Mgr Vincent William Ryan, premier évêque anglican de Maurice (voir l?express du 18 juillet et des 1er et 8 août 2005), pour rappeler un autre événement religieux ayant retenu l?attention générale, à la mi-août 1955. Le 15 août de cette année a lieu, au Monument de Marie Reine de la Paix, Port-Louis, l?ordination sacerdotale de cinq jeunes Mauriciens, à savoir les abbés Adrien Wiehe, Michel Boullé, Jean Claude Desjardins, Henri Espitalier-Noël et Jacques Avrillon.

A ces cinq nouveaux prêtres, il convient d?associer l?abbé Amédée Nagapen, ordonné prêtre, le 24 février précédent, au Grand Séminaire de Croix Valmer, petite station balnéaire varoise, dans le sud de la France, située à quelques kilomètres de Saint-Tropez, l?ancienne circonscription de notre Bailli de Suffren.

L?événement est d?autant plus considérable que la précédente ordination sacerdotale à Maurice, celle de l?abbé Léon Leclézio, remonte au 29 juin 1928. Le diocèse de Port-Louis veut saisir l?opportunité de la demi-douzaine d?ordinations sacerdotales de 1955, pour galvaniser les vocations religieuses au sein de la jeunesse catholique.

Cet événement mémorable pour la communauté catholique de Maurice est toutefois attristé par la maladie de son pasteur. Le 7 juillet 1955, Mgr Daniel Liston entre d?urgence à la clinique du Bon Pasteur, Rose-Hill, atteint d?une grave affection cardiaque. Il reçoit dans la soirée les derniers sacrements. Son état de santé s?améliore toutefois, les jours suivants, tout en continuant de susciter de vives inquiétudes. La Faculté lui ordonne un repos de plusieurs mois, ce qui ne lui permet plus de procéder à l?ordination des cinq nouveaux prêtres. Son vicaire général, Mgr Richard Lee, doit faire appel à l?évêque de Saint-Denis de la Réunion, Mgr François Cléret de Langavant, C.S.Sp.

Ce dernier est connu du public mauricien car il est administrateur de la cathédrale Saint-Louis quand il reçoit sa désignation, en janvier 1935, comme évêque de l?île s?ur, succédant ainsi à Mgr de Beaumont et devenant le 5e ecclésiastique, en poste à Maurice, à être nommé évêque, après les RR.PP. François Marie Duboin, C.S.Sp., Xavier Corbet C.S.Sp., James Bilsborrow, O.S.B. et Etienne Fourcadier, S.J., pour ne rien dire de ceux qui, à l?instar du R.P. Lucien Mengelle, C.S.Sp., refusent l?épiscopat pour pouvoir demeurer auprès de leurs paroissiens mauriciens bien aimés (ceux de Souillac/Chemin Grenier).

La presse estime à 65 000 le nombre des fidèles, venus participer à cette ordination sacerdotale particulièrement mémorable. Elle rapporte : ?On a rarement vu à Maurice un tel mouvement de population, encore plus considérable que pour la clôture de l?Année Mariale de 1954? (voir l?express du 8 novembre 2004). Le service d?ordre est assuré par 115 policiers et 200 membres de l?Union catholique et de l?Association des brancardiers.

Ils porteront secours à une soixantaine de personnes défaillantes. Ils doivent assurer le stationnement de 1 400 voitures de maître. Le chemin de fer a prévu quatre trains spéciaux. Des autobus transportent à Port-Louis 20 000 personnes, venant des Plaines-Wilhems et des autres districts. La chorale est dirigée par le R.P. Louis Nicolas, C.S.Sp., enseignant de français au Collège Saint-Esprit. Elle comprend une centaine de choristes.

A l?autel, Mgr de Langavant est assisté par l?abbé Amédée Nagapen, le R.P. Matthew Farelly, C.S.Sp., le R.P. Louis Lapeire, S.J., les abbés Claude Sauzier et Paul Wu, faisant respectivement fonction d?archidiacre, de diacre, de sous-diacre, de cérémoniaire et d?assistant cérémoniaire.

L?abbé Jean Margéot, qui vient tout juste d?être nommé vicaire général intérimaire, en raison du départ en congé de Mgr Lee, donne lecture d?un message de Mgr Liston, toujours hospitalisé. Ce dernier remercie Mgr de Langavant et tous ceux ayant contribué à l?épanouissement de ces vocations sacerdotales. Il supplie les fidèles de son diocèse d?aimer leurs prêtres, de les vénérer, de les aider, de prier pour eux.

Le chanoine Jacques Giraud publie une plaquette-souvenir de cette cérémonie d?ordination. Outre les textes, en français et en latin (le Concile Vatican II n?a pas encore eu lieu), elle contient les photos des évêques et des nouveaux prêtres concernés. Elle rappelle les conditions requises pour recevoir les Ordres religieux. Elle explique le symbole attribué aux différents vêtements et accessoires liturgiques : croix pectorale, tunicelles, gant, anneau, mitre, crosse, amict, aube, cordon, manipule, étole, chasuble, chape, dalmatique, tunique, rochet, surplis.

L?avant-propos rappelle que le 15 août 1955 est le 15e anniversaire de l?inauguration du Monument de Marie Reine de la Paix. Michel Boullé, un des cinq nouveaux prêtres, est le fils de l?artiste-architecte Max Boullé, le concepteur de ce monument. Une inscription latine, me suscepit ara prior, rappelle que la Vierge Marie est le premier autel à avoir porté le Christ Jésus.

À la mort de Mgr James Leen, en 1949, le diocèse de Port-Louis compte 61 prêtres dont 18 Mauriciens. En 1955, il en compte 67 dont 23 mauriciens et 15 grands séminaristes. Deux des nouveaux prêtres sont des lauréats de la Bourse d?Angleterre, tout comme l?ont été, avant eux, l?abbé Tristan Bardet, et, après eux, l?abbé Philippe Goupille. Ils sont Henri Espitalier-Noël et Michel Boullé.

Nul n?est besoin de rappeler ici les principaux événements de la carrière sacerdotale des six nouveaux prêtres de 1955 : Amédée Nagapen, ancien vicaire général, ancien rédacteur en chef de La Vie Catholique, archiviste-historien du diocèse, auteur d?un grand nombre de livres d?histoire ; Adrien Wiehe, ancien vicaire général et administrateur de la cathédrale Saint-Louis ; Michel Boullé, ancien vicaire épiscopal à Rodrigues, aumônier des ?uvres sociales, présentement curé d?Arsenal-Terre Rouge ; Jean Claude Desjardins, curé de Rose-Belle après une fructueuse carrière à New-Grove, Vacoas, et à Rodrigues.

Deux d?entre eux ont été rappelés à Dieu : Jacques Avrillon, qui a été successivement curé à Rivière-du-Rempart et à Beau-Bassin, et Henri Espitalier-Noël, connu pour son fructueux apostolat à la tête de la Roman Catholic Educational Authority. Reconnaissant sa contribution hors pair, l?état a donné son nom à l?école gouvernementale de Mangalkan, Floréal

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