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Les chefs d?entreprise expriment leur insatisfaction

20 janvier 2004, 20:00

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LES BUSINESS leaders éprouvent peu de satisfaction au sujet des politiques économiques du gouvernement. Une récente étude entreprise par PWC auprès de 60 Chief Executive Officers (CEO) à la tête des blue-chips locaux en fait état. Les axes du programme économique constitués pour le besoin du sondage recueillent tous des indices au-dessous de la moyenne sur une échelle composée de 1 000 points.

L?enquête s?est déroulée entre le 1er et le 5 décembre 2003, soit avant l?élection partielle, le remaniement ministériel et les dernières secousses de la commission anticorruption, tous susceptibles d?influer de manière significative sur le climat d?affaires à un moment donné.

Le manque de la main-d??uvre qualifiée, l?encadrement institutionnel et les politiques d?incitation à l?investissement sont les principales causes de désillusion chez les patrons d?entreprises (voir tableau ci-contre). Les grandes sociétés estiment que les compétences ne sont pas disponibles en nombre suffisant à un moment où le pays accueille de nouvelles industries, dont les technologies de l?information et des communications.

Le très modeste niveau de satisfaction (159 points) affiché par les interviewés par rapport au cadre institutionnel et législatif régissant les affaires traduit une grande impatience à voir aboutir les réformes longtemps promises. Les entrepreneurs, toutes catégories confondues, n?ont jamais caché leur irritation devant la lourdeur bureaucratique tant au niveau du système de permis, de vérification et de régulation. Les restructurations ont été initiées au niveau de l?appareil institutionnel de même qu?à certaines lois, mais les progrès accomplis ne sont en tout cas pas au goût des CEO.

Les incitations proposées aux investisseurs ne sont pas perçues comme étant particulièrement attractives. La note médiocre de 224 points enregistrée sur ce plan pourrait suggérer que nos entreprises les plus en vue souhaitent une politique d?accompagnement beaucoup plus ambitieuse ou encore que les divers plans d?encouragement ont fait leur temps. Le faible taux d?investissement privé en est peut-être la conséquence.

Peu de satisfaction également concernant les actions pour combattre la fraude et la corruption. Une perception que les pratiques illicites se répandent au détriment des intérêts des entrepreneurs est une explication qui n?est pas à écarter.

Malgré des baisses successives du taux d?intérêt, les CEO ne sont pas satisfaits de la politique monétaire de la Banque centrale. Les réductions du Lombart Rate, taux directeur, n?ont pas pour autant aidé à faire décoller les investissements.

La politique gouvernementale pour la formation et les incitations fiscales aux entreprises obtiennent les meilleurs niveaux de satisfaction même si elles restent largement au-dessous de la moyenne. La politique qui consiste à former la main-d??uvre contient des failles selon les patrons, d?où la perception de rareté du personnel adéquatement qualifié.

Au niveau de la fiscalité, d?autre part, les grandes compagnies mauriciennes s?attendent peut-être à un assouplissement des régimes de taxation auxquels ils sont soumis.

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