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Les chantiers face à une pénurie de barres de fer
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Les chantiers face à une pénurie de barres de fer
Les chantiers de construction sont loin d’être au bout de leurs peines. Outre les difficultés rencontrées pour trouver de la main-d’œuvre, un manque de barres de fer vient compliquer la situation. La vente se fait au compte-gouttes chez des quincailleries et des fabricants. Certaines quincailleries se disent même être en rupture de stock.
Des entrepreneurs n’hésitent pas à parler de “pénurie”, alors que les opérateurs réclament, pour leur part, une hausse des prix en raison des coûts d’opération plus élevés. Résultats : certains chantiers sont pénalisés.
À l’instar de ceux de Nundun Gopee & Co. Ltd. La direction de cette compagnie de construction ne cache pas qu’elle est directement affectée par la pénurie de barres de fer.
“Nous avons trois chantiers de construction d’appartements, d’espaces bureaux et commerciaux qui sont bloqués, explique Avinash Gopee, directeur de Nundun Gopee & Co. Ltd. Nous avons besoin de barres de fer en toute urgence pour terminer les travaux.”
Il estime qu’il y aurait peut-être une augmentation des prix, ce qui expliquerait la situation actuelle. Mais pour l’instant les travaux prennent du retard, ce qui inquiète forcément les clients.
Opinion que partage également Ram Canakiah, directeur de Canakiah Associates Co. Ltd. “C’est exact de dire qu’il y a une pénurie depuis quelques jours. Chez Desbro, on m’a dit que des travaux de maintenance ont été effectués et qu’il faut attendre. J’ai même fait le tour des quincailleries de Quatre-Bornes pour avoir quatre barres de fer pour terminer la construction d’un lieu de culte, et je n’en ai pas trouvé. Heureusement un particulier m’est venu en aide. En sus des problèmes de main-d’œuvre, s’ajoutent ceux des barres de fer”, se plaint Ram Canakiah.
Un autre entrepreneur du bâtiment dit qu’il n’a pas eu de choix que d’accepter de payer Rs 50 plus cher quelquefois la barre de fer afin de pouvoir terminer ses chantiers.
“Nous voulions avoir 200 barres de fer mais nous n’en avons eu qu’une trentaine. Nous avons essayé en vain d’avoir des barres de fer d’un autre entrepreneur. Parfois, si on est client de longue date d’une quincaillerie, elle accepte de dépanner. Nous avons l’impression que les quincailleries qui en ont encore en stock semblent privilégier certaines grosses entreprises de construction.”
Sollicité pour donner son avis quant à une éventuelle pénurie de barres de fer, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Rajesh Jeetah, affirme : “Je ne sais pas s’il y a une pénurie. Je vais m’enquérir de la situation. Je sais qu’il y a une compagnie qui vient d’importer 4 000 tonnes de fer et que Desbro s’active elle aussi à améliorer son outil de production”.
Y a-t-il une demande d’augmentation de prix de la part des producteurs ? “C’est une question sur laquelle je préfère toujours éviter de faire des commentaires”, ajoute le ministre Jeetah.
Quincaillerie en rupture de stock</B>
Le directeur d’une quincaillerie explique, lui, qu’il est en rupture de stock depuis plus de trois semaines car les livraisons n’ont pas encore été faites. Sans compter que certaines quincailleries ne veulent plus vendre au crédit mais exigent d’être payées cash immédiatement. D’autant plus qu’au moment de la dernière augmentation en juin 2004, le dollar s’échangeait à Rs 28,27, contre Rs 33 aujourd’hui.
Ranjiv Ramdoo, managing director de Desbro, compagnie qui contrôle 75 % du marché, estime pourtant “qu’il n’y a pas de pénurie”. Opinion partagée par Salim Joonas, directeur de Consolidated Steel Ltd et Bhooshan Ramloll, directeur de la compagnie de construction Ramloll Bhooshan Co. Ltd. Ce dernier estime plutôt que les barres de fer sont vendues au compte-gouttes.
S’il se dit ne pas pouvoir se prononcer pour les autres fournisseurs et fabricants, Ranjiv Ramdoo explique que la compagnie Desbro travaille un peu au ralenti en ce moment. La compagnie vient de redémarrer la production après un arrêt d’un mois pour la maintenance et l’installation de nouveaux équipements.
Selon Ranjiv Ramdoo les deux premières semaines de production, après les travaux de maintenance ont été difficiles mais les choses s’améliorent. “Nous avons à peu près 4 500 tonnes de billets (matières premières) en stock et nous devrions atteindre notre vitesse de croisière dans deux semaines ou même plus tôt”, ajoute-t-il.
Pour ce qui est de la production des barres de fer, dont la consommation annuelle est de 48 000 tonnes, Rajiv Gowressoo, managing director de Samlo Koyenco Steel Co. Ltd estime que les fabricants ne peuvent pas produire à pertes. Il ajoute qu’il faudrait une augmentation du prix des barres de fer vu les augmentations du fret, des coûts de production, des matières premières et de la vieille ferraille qu’ils achètent sur le marché local.
Rajiv Gowressoo ajoute qu’il n’y a pas suffisamment de retour sur l’investissement. “Nous ne sommes pas satisfaits des ventes. Mais c’est vrai nous n’avons pas fait de demande officielle pour une augmentation”, dit-il.
Selon lui, il aurait été souhaitable que les compagnies mauriciennes qui exportent de la vieille ferraille en vendent aux opérateurs locaux. Cela aurait soulagé l’industrie locale et éviter toute pénurie sur le marché local. D’autant plus qu’il y a un manque de fer sur le marché mondial.
Samlo Koyenco Steel Co. Ltd, qui était en production, a eu une panne technique vendredi. Elle compte reprendre sa production aujourd’hui.
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