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Les casques bleus se déploient hors de Bunia
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Les casques bleus se déploient hors de Bunia
Les soldats pakistanais et bangladais des Nations unies (Onu) ont pris position dans l?Ituri, ravagée depuis cinq ans par un conflit interethnique qui a fait 50 000 morts. Dans le principal camp de déplacés de Bunia, 13 000 personnes, entassées dans des tentes, assistent avec résignation au déploiement, hors de la ville, des casques bleus de l?Onu.
Les troupes sont censées ramener la paix en Ituri, cette province du nord-est de la République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre), riche de son minerai d?or, peu ou mal exploité durant cette guerre interethnique. Le conflit a fait 50 000 morts au cours des cinq dernières années.
?Les casques bleus se déploient dans la mauvaise direction !? peste Gustave Tchele. Réparateur de vélos à Zjugu, dans le Nord, il a fui des massacres commis dans son village en juillet. A présent, il observe, surpris, ces colonnes de militaires étrangers, pakistanais et bangladais, qui s?enfoncent sur les routes du Sud, à l?opposé de son village situé plus au nord. L?artisan est condamné à dépendre de l?aide humanitaire.
Au début du mois, 200 militaires de l?Onu se sont déployés à Bulé, à 60 km au nord de Bunia, après le massacre de 65 personnes, principalement des femmes et des enfants. ?Ils sont arrivés trop tard?, regrette Jean Dhéna, un prêtre réfugié dans la brousse le temps des tueries. Non seulement le déploiement a eu lieu après le massacre mais, malgré leurs hélicoptères et leur armement lourd, les casques bleus n?ont pas empêché les combattants lendus de se replier.
De plus, les militaires de l?Onu se sont déployés par hélicoptère, négligeant la piste qui traverse l?Ituri de part en part et dont la réfection et la sécurisation permettrait aux déplacés de regagner leurs villages, et à l?économie locale, basée sur l?agriculture, de redémarrer. L?Onu a poursuivi un déploiement ?utile?, notamment en direction des principaux gisements d?or de la région ?afin de faire revenir les investisseurs étrangers?, explique William Swing, représentant du secrétaire général de l?Onu, qui envisage de ?projeter? des troupes avant la fin de l?année vers d?autres villes d?Ituri.
Arnaud Zajtman
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