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Les camps de Bush et Kerry préparent le premier face-à-face

29 septembre 2004, 20:00

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A trois jours du premier débat de la campagne présidentielle, les échanges d’artillerie lourde ont continué, entre le camp Kerry et le camp Bush. Les deux candidats étaient censés préparer au calme leur débat télévisé, qui aura lieu aujourd’hui, mais aucun n’a pu se résoudre à laisser le terrain à l’adversaire.

On a vu George Bush, dans l’Ohio, asséner quelques coups de massue sur son adversaire et John Kerry l’accuser, depuis le Wisconsin, de faire de l’humour déplacé sur l’Irak.

Les candidats ont aussi donné des interviews-fleuves qui leur permettront d’être présents sans arpenter les meetings : George Bush est trois soirs de suite sur Fox News (de lundi à hier). John Kerry deux matins (hier et aujourd’hui ) sur ABC, dans l’émission à grande écoute “Good Morning America”.Le débat de Miami doit durer 90 minutes et porter sur la politique étrangère.

<B>Raccourcis de choc</B>

Elles se sont conclues à l’hôtel Waldorf-Astoria, à New York, par un accord qui tient en 32 pages et qui règle jusqu’à la distance entre la caméra et les podiums (pour que George Bush ne paraisse pas plus petit) et la température de la salle (pour que John Kerry ne transpire pas). Il n’y aura pas de plans de coupe et les candidats n’auront pas le droit de se parler directement.

D’ores et déjà, les spin doctorsrépublicains essayent de minimiser les attentes en soulignant que John Kerry, qui a été procureur, est bien meilleur débatteur.

Les Républicains n’en continuent pas moins à enfoncer le clou, chacun dans son registre. Le président ironise sur les revirements du candidat démocrate. Ses conseillers suivent la voie tracée par le vice-président Dick Cheney et affirment désormais ouvertement que voter Kerry, c’est faire le jeu de Ben Laden.

Samedi, le New York Times s’est insurgé contre cet “effort organisé pour dépeindre le candidat démocrate comme un ami des terroristes”. Et, une fois de plus, comme à chaque infraction dans la vision que les Américains ont d’eux-mêmes, le mot employé est “non américain”.

Pour sa 26e visite dans l’Ohio, George Bush a ajouté, lundi, une ligne à sa prestation habituelle. Après avoir rappelé les déclarations contradictoires de John Kerry sur l’Irak –“ j’ai effectivement voté pour les 87 milliards, avant de voter contre” –, il a indiqué qu’il avait du mal à se préparer à débattre, l’adversaire changeant régulièrement de position. Et, a-t-il ajouté, en préparant soigneusement son effet, “il pourrait probablement passer 90 minutes à débattre avec lui-même”. Immédiatement, John Kerry a rétorqué que “les Américains ne veulent pas juste entendre des plaisanteries de leur président. Ils veulent entendre la vérité”.

Les deux campagnes ont aussi diffusé de nouvelles publicités. Celle des républicains joue sur le même effet “flip flop”. On y voit John Kerry dans des déclarations apparemment contradictoires. Elle se conclut par une question : “Comment John Kerry peut-il nous protéger s’il ne sait même pas où il en est ?”

La publicité des Démocrates attaque George Bush sur sa déclaration de mai 2003 derrière une bannière proclamant “Mission accomplie”. “Aujourd’hui, il y a 1 000 soldats américains morts, des kidnappings et même des décapitations en Iraq, poursuit le spot. Comment résoudre un problème quand vous ne le voyez même pas ?”

John Kerry : là où le vent pousse</B>

Des groupes satellites, dans les deux camps, se chargent des images et des raccourcis de choc. Le groupe Real Voices a prévu de diffuser cette semaine une publicité dans laquelle témoignent des proches de soldats morts en Irak. Côté conservateur, l’association Progress for America Voter Fund a montré un spot qui fait défiler devant le spectateur les photos d’Oussama Ben Laden, de Mohammed Atta, le chef des terroristes du 11-Septembre, de Madrid... avant de lancer : “Feriez-vous confiance à Kerry contre ces tueurs fanatiques ?”

L’une des publicités qui a été le plus commentée montre John Kerry sur un windsurf, dont le mât ne cesse de virer de bord. La musique, redoutable, est celle du Beau Danube bleu. “John Kerry : là où le vent le pousse”, dit le commentateur. Les adeptes de la planche à voile ont protesté contre cette utilisation politique de leur discipline. Les républicains “essaient de faire passer le windsurf pour un sport français, qu’un vrai Américain ne voudrait pas pratiquer, a confié Bruce Peterson, un adepte du nautisme au New York Times. C’est une attaque plutôt minable”.

<B>Corine Lesnes</B>

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