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Les cadres tempèrent leurs achats

31 octobre 2007, 00:00

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La prudence est de mise pour les cadres face à la vie chère. C?est ce qui ressort de l?enquête réalisée par le cabinet Pluriconseil. Des cadres touchant entre Rs 30 000 et Rs 100 000 ont été interrogés. Il semblerait qu?un peu plus de la moitié des salariés, secteurs public et privé confondus, ne comptent pas augmenter leurs dépenses en consommation courante pour les fêtes de fin d?année.

Effectuée sur une base trimestrielle, cette enquête vise principalement à déterminer la tendance future dans la consommation. Un échantillonnage représentatif de 80 cadres, dont 25 % de femmes, a été sélectionné. Il se compose de 20 % dans le secteur public, 30 % dans les secteurs financiers et professionnels, 25 % dans le secteur commercial et hôtelier et 25 % dans les autres secteurs d?activités. Le sondage a été réalisé du 19 au 23 octobre 2007, soit la dernière semaine du mois précédant la période de l?étude (novembre à janvier).

?Il n?est pas étonnant que ceux les plus stables financièrement soient les cadres travaillant dans les services financiers ou professionnels (58 %), deux secteurs où l?on est mieux rémunéré qu?ailleurs.?

Le point saillant de l?enquête fait état du pessimisme grandissant chez les cadres. En effet, ces derniers sont nombreux à penser que leur situation financière se détériorera.

● <B>Dépenses modérés</B> Malgré la perspective du boni de fin d?année, 31 % des cadres entrevoient une détérioration de leur situation financière dans les trois prochains mois (novembre, décembre et janvier). Toutefois, la majorité des femmes interrogées (55 %) estime que leur situation financière restera stable, contre 40 % chez les hommes. D?ailleurs, 65 % de femmes vont accroître la part des dépenses dans leur revenu mensuel, contre 82 % chez les hommes : les femmes gèrent sans doute mieux leur dépenses en période de festivités. Il n?est pas étonnant que ceux les plus stables financièrement soient les cadres travaillant dans les services financiers ou professionnels (58 %), deux secteurs où l?on est mieux rémunéré qu?ailleurs. Evidemment, les cadres vont dépenser plus en cette période de fin d?année qu?au troisième trimestre : si les prix restent constants, 36 % des cadres vont définitivement augmenter leurs dépenses en produits alimentaires et boissons non-alcoolisées, alors que le taux était de 19 % lors de notre dernière enquête.

Reste qu?on achètera utile : les dépenses en produits alimentaires et boissons non-alcoolisées seront modérées en décembre, vu que 55 % des cadres ne vont définitivement pas dépenser plus, même si les prix demeurent constants. Les achats en biens durables seront encore plus modestes en décembre : si les prix restent constants, 38 % des cadres vont définitivement accroître leurs dépenses en biens durables, alors que le taux était de 43 % lors de notre dernière enquête.

● <B>Consommation au ralenti</B> Le but de cette étude est d?évaluer la tendance de la consommation dans les trois prochains mois (novembre, décembre, janvier) chez des salariés susceptibles d?influencer la consommation. La population visée consiste principalement de cadres des secteurs privé et public, qui touchent un salaire de base se situant entre Rs 30 000 et Rs 100 000. Cette enquête sur la consommation, effectuée sur une base trimestrielle, est destinée principalement : au secteur de la distribution, à l?industrie alimentaire, au commerce des biens d?équipement, aux établissements du crédit, et aux décideurs politiques et économiques.

Selon le Household Budget Survey 2006/07 du Bureau central des statistiques, le pourcentage des ménages gagnant plus de Rs 30 000 par mois était de 14,5 % en 2006?2007, contre 7,3 % en 2001?2002 et 3,4 % en 1996?1997. En 2006?2007, il y avait 1,8 salarié par ménage, et la taille moyenne d?un ménage était de 3,7 personnes. Quant au revenu mensuel disponible moyen des ménages, il était de Rs 19 025 alors que le revenu médian était de Rs 14 580. Le poids des produits alimentaires et boissons non-alcoolisées dans le panier de l?indice des prix à la consommation passe de 29,9 % en 2001?2002 à 28,6 % en 2006?2007

● <B>L?épargne en baisse</B> Parmi les quatre moteurs de croissance, la consommation en est devenue le principal pour l?économie mauricienne, même si l?investissement, l?exportation et la dépense publique sont aussi importants. La part de la consommation globale dans le produit intérieur brut (PIB) ne cesse de croître, passant de 71,4 % en 1986 à 85,2 % en 2007, proche du record de 1980 (89,6 %).

Quant à la consommation des ménages, elle compte pour 71,5 % du PIB en 2007, contre 59,6 % en 2001 (taux le plus bas). Sa croissance réelle se modère toutefois :

2004 : +7,8 %

2005 : +7,3 %

2006 : +5,9 %

2007 : +4,4 %

Inversement, la part de l?épargne nationale dans le PIB a chuté de 11 points de pourcentage en cinq ans, passant de 27,4 % en 2002 à 16,7 % en 2007. Les mesures fiscales appliquées par le gouvernement actuel (baisse de l?impôt sur le revenu à un taux plat de 15 % à partir de la présente année financière 2007?2008, et l?introduction d?un impôt sur les intérêts bancaires depuis octobre 2006) ont aussi eu un impact sur la consommation. La Banque de Maurice a également relevé son taux directeur par 75 points de base à 9,25 % le 30 juin dernier. Il est indéniable que ces mesures doivent avoir un impact direct sur la consommation et l?épargne des ménages.

Rapport rédigé par <B>Eric NG PING CHEUN</B> Edition Novembre 2007-Janvier 2008

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