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Les Bleus sont prêts !

7 juin 2004, 20:00

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Jacques Santini voulait tester son groupe. Le sélectionneur tricolore a été exaucé sans doute au-delà de ses espérances. Loin de l?aimable opposition andorrine, l?Ukraine, même privée de son joyau Shevchenko, a fourni dimanche aux champions d?Europe une réplique, essentiellement défensive, de haute facture à laquelle Zinédine Zidane et ses Bleus ont su répondre avec brio, parfois, avec force volonté, toujours.

Dans un Stade de France surchauffé, garni d?un public venu souhaiter bon vent à ses Bleus, l?équipe de France a réalisé un match dense, apportant des indices tangibles de son niveau de préparation. A ceux qui s?interrogeaient à tort sur les conséquences de l?événement Santini de la semaine sur la concentration du groupe France, les Tricolores ont apporté une réponse imparable ou presque.

Le syndrome 2002 effacé

Concentrés, patients, accrocheurs et motivés à l?extrême, les Bleus ont peiné, longtemps buté sur ce verrou qui déjà en deux précédentes confrontations leur avait tenu tête et beaucoup cherché la solution au problème défensif posé par l?Ukraine. Une quête qui aurait pu s?avérer laborieuse. Il n?en fut rien. Certes, la surexposition du système défensif tricolore était le signe d?une certaine impuissance du secteur offensif. Mais la traction arrière choisie dimanche par Jacques Santini pouvait déployer une aisance certaine. Le duo Thuram-Sylvestre, associés pour l?occasion, pouvait asseoir sa suprématie, bien appuyés par un Lizarazu et surtout un Gallas, dont l?intérim à droite, à voir l?abattage du joueur de Chelsea, constitue sans doute bien plus qu?une solution provisoire.

Un ensemble capable de porter Barthez vers un nouveau record d?invincibilité avec un onzième match sans le moindre but concédé (1 040 minutes)! Bien que privée d?un Marcel Desailly, dont l?état du genou laisse perplexe et que Paris a sans doute vu pour la dernière fois face au Brésil, l?arrière-garde française a brillé, réduisant l?attaque ukrainienne à un seul tir cadré.

Loin, très loin de la débauche d?énergie des attaquants français, mal récompensés de leurs efforts. 87 minutes durant, les Français auront campé dans la moitié de terrain adverse. On pourra bien sûr s?interroger sur le rapport investissement-efficacité. Et les doutes nés quant à l?animation offensive après les deux nuls (0-0) face aux Pays-bas et au Brésil ne sont pas entièrement levés. Ainsi, l?association Zidane-Pires aura parfois donné la sensation de se marcher sur les pieds ou Thierry Henry, emprunté comme rarement dans sa relation avec Saha, laissait l?impression d?être orphelin de Trezeguet...

Sans doute, mais face à une équipe venue à Paris surtout pour ne pas perdre, donnant au passage à cette rencontre, tout sauf des allures de match amical, les Bleus auront eu le mérite de ne jamais baisser les bras et surtout de se montrer capables en seconde période de produire cette accélération, signe d?une fraîcheur physique qui tranche avec l?état qu?affichaient, il y a deux ans avant le Mondial asiatique, les futurs naufragés de Corée.

Un second souffle qui permettra en fin de match, alors que tout laissait croire à un nouveau score nul et vierge entre les deux formations, à Thierry Henry, sur une merveille de centre d?un Willy Sagnol rentré en jeu, de remiser pour Zidane, une fois de plus décisif (1-0, 87e).

Auteur de son 23e but sous un maillot bleu serti pour l?occasion du brassard de capitaine, le meneur de jeu français a livré dimanche une performance à l?image de sa formation. Longtemps, le Madrilène aura paru impuissant. Mais fort d?un appétit démesuré à la veille de cet Euro, Zizou n?a rien lâché. Comme ses Bleus.

Deux ans après la pitoyable parodie produite face à la Belgique (défaite 1-2) avant de s?envoler pour la défense du titre mondial, l?équipe de France a présenté avant de rejoindre le Portugal, théâtre de la défense de son titre continental, un tout autre visage.

RÉACTION

<B>Zidane: ?On est allé chercher la victoire?</B>

?On est allé chercher la victoire, c?est le point positif?, a déclaré Zidane après ce succès obtenu en match amical à une semaine du début de l?Euro au Portugal. ?On a une semaine pour trouver le rythme?, a-t-il ajouté.

?On a une bonne équipe pour aller bien loin?, a continué Zidane ?Le premier match comme dans tout tournoi sera très imporant et on ne veut pas le perdre. On est confiant pour l?Euro, car sans prétention aucune on a une équipe pour défendre le titre. L?important c?est d?être fort au bon moment?.

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