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Les biens immobiliers du trafiquant Parouty sous la loupe

10 janvier 2004, 20:00

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La chasse est ouverte. Pour la première fois dans l?histoire de la lutte antidrogue, les autorités ont procédé à l?évaluation des biens immobiliers d?un trafiquant. Jeudi, le commissaire des narcotiques, Ajay Daby, a effectué une descente des lieux à Pointe-aux-Canonniers, dans l?immeuble appartenant à Mohammad Iqbal Parouty, aussi connu comme le « roi du Nord », un marchand ambulant condamné en mars 2003 à 25 ans de prison pour trafic d?héroïne. Avec une équipe composée de l?évaluateur du gouvernement et d?un photographe, entre autres, le commissaire Daby a visité le bâtiment afin d?estimer le montant de la somme investie par le trafiquant dans la construction de ce bâtiment. Le but de l?exercice est de déterminer si l?argent provenant de la vente de la drogue y a été injecté.

<B>Un haut-parleur de poudre blanche</B>

À la lumière du constat des experts, un rapport sera transmis au Directeur des poursuites publiques (DPP). De là, le bureau du DDP décidera s?il y a lieu de saisir l?immeuble d?après le Dangerous Drugs Act (DDA). Marchand ambulant à la Plaine-Verte, Mohammad Iqbal Parouty avait fait l?acquisition de 620,34 mètres carrés de terrain sur la route principale de Pointe-aux-Canonniers le 17 octobre 1986 pour Rs 90 000. En septembre 1998, il y a construit un immeuble d?un étage. Les espaces au rez-de-chaussée peuvent abriter des magasins alors que l?étage, divisé en plusieurs chambres, peut être utilisé comme pensionnat de famille. Six ans après, le bâtiment devrait rapporter plusieurs millions de roupies s?il est vendu.

Âgé de 42 ans, Iqbal Parouty a été interpellé le 17 novembre 2000 à Pointe-aux-Biches par la Flying Squad de la police. Un colis contenant 50 grammes d?héroïne fut découvert sur le siège avant de sa fourgonnette. Conduit dans son immeuble à Pointe-aux-Canonniers, il avait remis aux enquêteurs un haut-parleur contenant 100 grammes de poudre blanche. Non satisfaite de la quantité saisie, la police avait effectué une fouille avec l?aide des chiens renifleurs, permettant ainsi la saisie d?environ 850 grammes de cette drogue enfouie à trois endroits différents dans la cour de son immeuble. À l?époque, la valeur marchande de la drogue était estimée à Rs 10 millions.

Traduit aux assises, Iqbal Parouty a plaidé coupable pour possession de cette quantité de drogue, arguant qu?elle était destinée à sa consommation personnelle. Il a ainsi révélé l?avoir payée Rs 900 000 à un certain Irfan Ebrahim, un ressortissant indien marié à une Mauri-cienne. Il a déclaré avoir été en affaire avec lui, en lui achetant des vêtements provenant de la Grande péninsule.

<B>Pas seul dans le collimateur</B>

Dans son verdict, le juge Bushan Domah a rejeté sa version selon laquelle la drogue était destinée à sa consommation personnelle. « That he could lay out such an extraordinary huge sum of money for his personal consumption in drugs is a story that would even petrify Gargantua », avait-il écrit sans son jugement.

Le trafiquant Parouty n?est pas le seul dans le collimateur de la Commission des narcotiques. Ajay Daby travaille sur plusieurs dossiers. En octobre 2002, la commission avait invité le public, par voie de communiqué de presse, à fournir des renseignements sur les biens de 62 barons de la drogue afin de chiffrer leurs biens. En novembre dernier, Ajay Daby a rendu visite au frère de Bahim Coco ? chef présumé de l?escadron de la mort responsable du triple assassinat de la rue Gorah-Issac ?, Issoop Tôle, Yousouf Elias Sheriff de son vrai nom, pour l?interroger sur la provenance de ses biens. Arrêté en novembre 2001 par la brigade antidrogue avec 16,6 kilos d?héroïne évalués à Rs 130 millions, il a été condamné en juin 2003 à 15 ans de prison.

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