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Les banques mauriciennes étendent leurs activités dans la région

2 septembre 2007, 20:00

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Le salut qui vient d?ailleurs. Avec l?entrée en scène d?AfrAsia Bank, Maurice compte 20 banques. Les perspectives d?expansion sur le territoire sont donc très limitées. L?exiguïté du marché n?intimide pas le nouveau venu qui fait le pari de l?ouverture vers la région. Mais elle n?est pas la seule. Plusieurs de ses aînées ont déjà une stratégie régionale bien rodée. A l?image de la Mauritius Commercial Bank (MCB) qui génère près de 40 % de ses bénéfices hors de nos côtes.

Cette expansion régionale correspond avec l?esprit de hub financier régional et international que veulent insuffler les autorités au pays. Pour les banques, le business outre-mer leur assure une rentabilité robuste et qui en promet autant pour l?avenir.

?Comme son nom l?indique, AfrAsia Bank veut capitaliser sur le flux de business entre l?Afrique et l?Asie. Maurice est bien placé dans ce corridor d?échanges commerciaux et d?investissements?, affirme James Benoît, le chief executive officer (CEO) de l?agence bancaire.

Bien qu?elle soit une nouvelle banque, AfrAsia Bank a déjà quelques références solides qui seront très utiles pour aborder l?aventure transfrontalière. Son partenaire, Loita Capital, un puissant groupe financier sud-africain, lui ouvre son carnet d?adresses sur le continent.

Si certains peuvent compter sur des réseaux tiers existants, d?autres ont dû construire un modèle régional pendant plusieurs années. Les deux premières banques du pays en occurrence la MCB et la State Bank of Mauritius (SBM) ont démarré leur aventure africaine avec une présence physique dans des pays voisins.

?Initialement, la MCB est allée dans la région dans le but d?y accompagner des entreprises mauriciennes. Nous nous sommes installés à Madagascar, aux Seychelles et au Mozambique depuis les années 90 pour soutenir des sociétés qui voulaient travailler avec une banque qu?elles connaissaient déjà?, soutient un porte-parole de la MCB.

?Connexions internationales?

Une fois sur place, les banques commencent à s?intéresser à la clientèle locale. Elles visent surtout le marché des entreprises en mettant à leur disposition des produits conventionnels telles les facilités de financement, de dépôt et de transfert de fonds. Mais les clients ont également accès aux réseaux et à l?expertise des banques mauriciennes.

?Grâce à notre réseau de correspondants, nous pouvons toucher n?importe quelle banque dans le monde. Nous nous mettons aussi à la disposition des agences bancaires locales qui n?ont pas cette couverture?, soutient le cadre de la MCB.

La troisième étape de développement consiste à participer à des initiatives (très alléchantes) de syndication (regroupement de fournisseurs de capitaux) pour financer de gros projets d?infrastructure, de télécommunications, d?exploitation de matières premières, d?hôtellerie, de distribution et d?énergie notamment. La MCB avait, en effet, participé à une levée de fonds syndiquée de l?ordre de $105 millions (environ Rs 3,5 milliards) en vue d?un développement de téléphonie mobile en Zambie.

La SBM qui compte une présence physique en Inde et à Madagascar n?est pas en reste sur ce tableau. ?Il y a des projets que certains de nos correspondants ne peuvent pas prendre seuls. Nous y intervenons à travers des projets de syndication. Nous recevons beaucoup de propositions de financement dans les secteurs manufacturiers et de l?hôtellerie, entre autres, en Inde, aux Seychelles et aux Maldives. Les opportunités dans la région sont illimitées?, avance Michel Ahsee, responsable de Corporate Banking à la SBM.

Les banques mauriciennes agissent même dans certains cas en tant qu?agent principal (lead arranger) dans le consortium des financiers.

Pour les enseignes internationales telles la HSBC, la Barclays et la Standard Bank, le business outre-mer est tout à fait dans l?ordre des choses. Les ?connexions internationales? entre les banques et les investisseurs se font tout naturellement.

?Le secteur bancaire peut difficilement s?accroître plus vite que l?économie nationale. De ce point de vue, les banques explorent des opportunités en dehors du pays, soit dans des secteurs où elles ont un avantage stratégique. A la HSBC, nous exploitons le réseau de traités de non double imposition fiscale de Maurice pour mettre à profit notre appartenance à un des plus grands groupes bancaires au monde?, souligne Sandeep Uppal, CEO de la HSBC (Mauritius).

Grâce à son profil international, celle-ci est plus à même de toucher des investisseurs internationaux qui font voyager les capitaux entre les Etats-Unis, l?Europe, Singapour et Hong Kong et d?autres pays en Afrique et en Asie. La recette rapporte gros à la HSBC (Mauritius) dont un tiers des profits proviennent des activités globales.

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