Publicité
Les bailleurs de fonds fustigés
Marc Ravalomanana n’a pas mâché ses mots à l’endroit des bailleurs de fonds à la tribune de l’assemblée générale de la Banque africaine de développement à Shangai. Un véritable procès contre les organismes financiers internationaux.
Marc Ravalomanana n’a pas mâché ses mots envers les bailleurs de fonds durant son voyage à Shangai. Il n’hésite pas à faire porter une co-responsabilité à ces derniers sur les maux qui rongent l’Afrique.
Le président Marc Ravalo-manana interpelle les bailleurs de fonds pour expliquer, du moins en partie, les causes de la pauvreté en Afrique. C’était hier, durant une table ronde, dans le cadre de l’assemblée annuelle de la Banque africaine de développement (Bad) à Shangai, en Chine. Il affirme vouloir “dire la vérité même si c’est blessant”.
Dans son discours, le chef de l’État rappelle “la promesse des bailleurs de fonds de doubler leurs aides, alors que ce n’est pas le cas. Nous ne sommes pas là pour mendier”, souligne-t-il, tout en rappelant le “Plan Marshall”, financé par les États-Unis pour l’Europe à l’issue de la deuxième guerre mondiale.
Le président Marc Ravalo-manana met également en exergue l’existence de “beaucoup de conditions”, dans l’octroi des fonds. “A tel point qu’il est impossible d’avancer”, regrette-t-il.
De même, il déplore la position de certains bailleurs de fonds dans le financement de son projet de développement. A l’entendre, certains émettent des réserves sur un programme “trop ambitieux. Ils me suggèrent même de ne pas viser trop haut”.
Pour autant, ses remarques ne l’empêchent pas de remercier les mêmes grands financiers. Il a, entre autres, cité la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, l’Union européenne et, évidemment, la Banque africaine de développement (Bad). Il renouvelle également son appel, exhortant ceux-ci à s’investir davantage dans les pays africains.
“Ce n’est pas encore suffisant. Vous devez faire preuve de plus de créativité pour nous aider. Les bailleurs de fonds doivent tenir leur promesse et accroître leurs aides en Afrique”, lance-t-il.
Conception de chef</B>
Le président Marc Ravalomanana a partagé, hier, le résultat de ses analyses, devant les participants à la réunion annuelle de la Banque africaine de développement, à Shangai, en Chine. Il a évoqué “trois pistes” pour expliquer les causes de la pauvreté en Afrique, dont l’absence de leader.
“L’homme, avide de pouvoir, veut être un chef. Or, ce concept est déjà obsolète”, a fait savoir le président Marc Ravalomanana, au cours de son intervention lors d’une table ronde, dans le cadre de l’assemblée annuelle de la Banque africaine de développement, à Shangai en Chine.
Le chef de l’Etat a soutenu que “nous ne voulons plus d’un grand chef. Nous voulons un réformateur”, a-t-il enchaîné dans son intervention. “Chez nous, certains pensent que leader et chef sont la même chose, mais ils se trompent. Détenir l’autorité ou le pouvoir ne signifie pas être un leader”, a-t-il précisé.
Le président Marc Ravalomanana a ainsi déploré l’absence de leadership. “Où sont passés les créateurs, les constructeurs et les grands talents pour diriger ? Ils sont bloqués par l’homme, avide de pouvoir”, a-t-il lui-même répondu.
Le chef de l’Etat a égratigné, au passage, les “talents”. “Beaucoup de personnes ont montré leur capacité, leur compétence, mais ils sont parfois trop frileux pour être performants”.
Pour y remédier, il a relancé son projet de formation de leaders, “pour pouvoir disposer de leaders à tous les niveaux et ce, jusqu’aux villages”.
Iloniaina ALAIN</B>
Publicité
Publicité
Les plus récents