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Les bénévoles des Jeux des îles :rien que pour l?amour du sport

13 septembre 2003, 20:00

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Mon c?ur palpitait. Je me sentais si angoissée en franchissant de nouveau le seuil du bureau. C?était comme si je commençais mon premier boulot. Je voyais cette grosse pile de dossiers qui m?attendait sur la table. Rien que pour lire mes e-mails, cela m?a pris une demi-journée ! », confie Gilliane Edwards, 34 ans, employée dans une compagnie d?assurance. Elle s?était portée volontaire pour le département de l?accréditation, qui chapeautait la délivrance des cartes d?accès aux officiels du Comité d?organisation des Jeux des îles (Coji). La jeune femme a dû prendre deux semaines de congé pour se consacrer à sa nouvelle fonction. C?est avec beaucoup de nostalgie qu?elle a repris le travail lundi matin. Les « Allez Maurice ! » des supporters, les petites paniques et les fous rires déclenchés par les autres bénévoles résonnent encore dans sa tête. À Mahébourg, le même jour, la mélancolie est également de mise. Anand Sookraj, 48 ans, professeur d?éducation physique, regagne les salles de classe d?un collège du village. Finis ces beaux moments à arpenter les pistes, à galérer derrière les officiels pour le chronométrage des athlètes ou à veiller au grain pour que la compétition d?athlétisme, dont il était responsable, se déroule bien ! « Nous avons vécu de grands moments aux Jeux et voilà que c?est déjà terminé ! Il reste toujours un petit pincement au ch?ur », soutient-il.

Comme eux, un certain nombre de bénévoles ont interrompu leurs activités professionnelles et travailler pour les Jeux des îles de l?océan Indien (JIOI).

Du coup, ils ont appelé à la rescousse parents et amis pour surveiller les enfants ou s?occuper du ménage, entre autres tâches. Parfois, ce travail bénévole se prolongeait pendant la nuit.

Pourquoi donc se sont-ils portés volontaires ? Avant toute chose, c?est pour l?amour du sport. « J?ai participé aux JIOI à Madagascar en 1990 et en 1993 aux Seychelles. Je pense que c?était la moindre des choses. Pendant toutes ces années, tant d?officiels se sont démenés pour que nous puissions participer aux compétitions. Il était normal que nous soyons dévoués à notre tour », répond Gilliane Edwarts. Pour Anand Sookraj, qui devait diriger une équipe de 224 volontaires sur les pistes d?athlétisme, l?appel du sport était bien trop tentant.

« C?était comme un défi. Ayant déjà assumé de telles responsabilités lors des Jeux d?Afrique et d?autres compétitions par le passé, je me devais de recommencer pour les JIOI 2003 », explique-t-il.

Dans l?effervescence des Jeux, la jeune génération n?était pas en reste. passionnée de volley-ball depuis qu?elle a huit ans, Nadine Luchmun, 20 ans, étudiante en Textile Technology à l?université de Maurice, s?est inscrite au secrétariat de la fédération de cette discipline. Pendant la semaine, elle s?occupait de la paperasserie et assurait également la distribution des rafraîchissements aux officiels lors des matchs. « J?avais très peur de ne pas être à la hauteur. Mais heureusement, l?équipe de bénévoles était très soudée. Et puis, cela n?arrive pas tous les jours. Je savais que je négligeais mes études, mais en même temps, j?apprenais beaucoup et je contribuais aux Jeux », affirme-t-elle. C?est aussi pour apporter sa pierre à l?édifice qu?Émilie Pascal, 18 ans, élève en Upper VI, a participé à la réalisation de quatre fresques murales à Quatre-Bornes. « Autour de moi, tout le monde évoquait les grands souvenirs des JIOI de 1985. À cette époque, je venais à peine de naître. Je ne comprenais pas un traître mot de ce qu?on disait. Je ne me sentais pas impliquée par la dernière édition des JIOI jusqu?à ce que des officiels nous contactent pour trouver des volontaires et réaliser des fresques. Comme je suis inscrite en arts plastiques à l?école, j?ai tout de suite accepté. Cela m?a aussi permis de devenir plus responsable et d?apprendre à travailler en équipe », souligne la jeune fille.

Si les bénévoles ont acquis une riche expérience dans cette belle aventure sportive, les anecdotes laissent aussi des souvenirs. « Pendant que nous peignions nos fresques, l?une de mes amies qui se trouvait en haut d?un escabeau a eu un petit incident. Absorbée par son travail, elle n?a pas remarqué qu?il y avait un grand seau de peinture blanche au pied de l?échelle. Ce qui fait qu?en descendant, elle a carrément mis le pied dedans. On a dû l?aider à s?en dégager et à laver sa chaussure », raconte Émilie Pascal.

Pendant ces sessions de travail, les jeans de la jeune fille, qui étaient bleu marine, ont pris des couleurs ! Des jets de peinture mauve et blanche ont fini par les tacher. Anand Sookraj se souvient quant à lui d?un jour de compétition où il a été à deux doigts de la crise de nerfs. « Avant le relais du 4x100 m, j?avais demandé que l?on prenne des tapes pour les mettre sur la piste. Mais au lieu de coller du scotch sur les lignes, les employés avaient cru qu?il s?agissait des rubans servant à mesurer. En constatant leur erreur, j?ai failli exploser. Et puis j?ai fini par éclater de rire », confie l?enseignant. La joie a vite fait de céder la place à la morosité ! Eh oui, les JIOI sont terminés, mais les images restent. « Je me souviendrai toujours de cette solidarité nationale, de l?unité des sportifs durant les compétitions. Cela m?a vraiment marquée », ajoute Nadine Luchmun. Il a donc fallu reprendre la routine là où on l?avait laissée. Et si l?expérience était à recommencer ? Comme une véritable bande de scouts, nos bénévoles se disent toujours prêts à recommencer.« En constatant leur erreur, j?ai failli exploser. Et puis j?ai fini par éclater de rire. »

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