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Les bénéfices de la MCB en baisse
Le ralentissement économique et l?évolution des taux de change affectent négativement la performance financière de la Mauritius Commercial Bank (MCB). Les bénéfices d?exploitation sont en baisse de 5,4 % au niveau de la banque et de 3,7 % au niveau du groupe.
Les profits opérationnels pour le premier semestre 2003 se sont élevés à Rs 801,2 millions à décembre 2003 contre Rs 839,5 millions pour la période correspondante en 2002. Malgré tout, la banque s?attend à une « hausse raisonnable » des bénéfices à la fin de l?année financière.
Cela dépendra de la croissance du portefeuille de crédit qui montre des signes positifs et d?un marché de devises plus stable.
La MCB a enregistré une baisse de ses revenus en termes d?intérêt au cours des six derniers mois. Les intérêts perçus sur les prêts et avances sont en baisse de plus de Rs 600 millions tandis que les revenus nets sur les intérêts sont passés de Rs 1,6 à Rs 1,4 milliard. A noter que la State Bank of Mauritius (SBM) a aussi enregistré une baisse de 4 % de son portefeuille de crédit entre juin et décembre 2003.
« Le ralentissement de l?activité économique en général a affecté la croissance des revenus sur les intérêts. Pour la première fois depuis de nombreuses années, le portefeuille de prêt de la banque a diminué, avec une baisse de 0,8 % durant le deuxième semestre 2003 », explique-t-on à la MCB.
Les prêts et avances aux entreprises sont passés de Rs 45,4 milliards en juin 2003 à Rs 44,8 milliards en décembre 2003. Le portefeuille de crédit global est passé de Rs 52 milliards à Rs 51 milliards durant la même période. Les baisses successives des taux d?intérêt expliquent aussi la chute des revenus.
L?évolution des taux de change n?a pas aidé. Le marché des devises est exceptionnellement liquide et le taux de change du dollar contre l?euro extrêmement volatil. Cette situation a résulté en l?appréciation de la roupie, ce qui a affecté les bénéfices que la MCB réalise habituellement sur le taux de change.
L?excès de liquidités exerce des pressions à la vente sur les banques qui doivent aussi respecter le ratio des actifs en devises par rapport au « tier-one capital ». La faiblesse du dollar incite les banques à liquider le billet vert, même à perte. Détenir des dollars implique des risques et des pertes.
Par ailleurs, le climat économique défavorable a aussi affecté la capacité de certains clients de la MCB à honorer leurs engagements. La banque a effectivement enregistré une croissance des prêts non performants. Leur pourcentage par rapport au portefeuille global de crédit a atteint 6,4 % en décembre 2003 contre 5,5 % en juin. Cette tendance se retrouve également à la SBM qui a vu ses provisions pour les créances douteuses doubler d?une année à l?autre passant de Rs 62,2 millions en décembre 2002 à Rs 120,5 millions en décembre 2003.
La performance de la MCB a aussi été affectée par une hausse de 18 % des coûts d?opération en six mois. L?enveloppe salariale a augmenté de 17 % à la suite d?une révision. Les frais d?expertise pour le Business Process Reengineering et pour le soutien informatique de même que les services légaux dans le sillage du détournement au préjudice du NPF ont également coûté de l?argent. La MCB s?attend toutefois que la hausse des coûts d?opération ne dépasse pas 10 % pour l?année financière en cours.
NOTATION
Consultations entre l?agence Moody?s et la MCB
Les représentants de l?agence internationale de notation Moody?s seront à Maurice pour des consultations avec le «Top Management» de la banque dans le cadre de la révision de son «rating». Hier après-midi, les hauts cadres de la banque ont eu une session de travail pour peaufiner le dossier avant cette visite. Pourtant, au niveau de la MCB, on minimise l?importance de ces consultations. «Nous avons tous les ans des consultations avec cette agence de notation. Pour nous, c?est business as usual», déclare un responsable. Mais Moody?s s?intéressera en plus à «la réactivité de la banque par rapport au «risk management» et nous avons préparé nos dossiers pour y répondre», ajoute notre interlocuteur. C?est effectivement sur la base de ces consultations que Moody?s décidera de réviser la notation de la première institution bancaire du pays.
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