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Les armateurs réclament une bouée de sauvetage

7 janvier 2004, 20:00

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?L?INDUSTRIE de la pêche est condamnée à disparaître si rien n?est fait pour lui venir en aide.? Véritable cri de détresse que lancent les opérateurs de pêche sur les bancs. Ils rencontrent, ce matin, le Premier ministre, Paul Bérenger, et espèrent que cette entrevue apporte ?une bouffée d?air? à ce secteur.

?Nous avons eu, durant ces trois dernières années, cinq rencontres avec Paul Bérenger et les différents ministères concernés, mais rien de concret n?en est sorti. Nous espérons qu?il en sera autrement aujourd?hui?, lancent-ils, presque résignés.

La rencontre d?aujourd?hui est donc vue comme une dernière chance pour trouver des solutions à leurs problèmes notamment le recrutement de la main-d??uvre ou encore la lenteur des démarches administratives. Ces opérateurs souhaiteraient également que le gouvernement leur accorde une aide financière.

?Recruter des pêcheurs et des membres d?équipage compétents devient de plus en plus difficile. Et cela se révèle d?autant plus nécessaire que nous faisons face à un taux d?absentéisme élevé depuis un certain temps déjà?, explique Hemraj Ghina, directeur du Sea Lord Fishing et président de la Bank Fishing Operators Association. La solution, avance Hemraj Ghina, serait de pouvoir recruter de la main-d??uvre étrangère qualifiée. Mais là encore, les procédures administratives découragent.

Raouf Noordally, propriétaire du Noor Fishing Co Ltd, estime que le gouvernement devrait mettre sur pied un ?one stop shop? afin de faciliter les démarches des propriétaires de compagnies de pêche.

Absence de sécurité

?Actuellement, il nous faut frapper à une dizaine de portes à chaque fois que nous entamons des procédures. Il nous est impossible de travailler dans de telles conditions?, lâche-t-il. Tout comme lui, les professionnels du secteur souhaitent que le gouvernement agisse comme facilitateur.

Autre sujet à l?agenda ce matin : l?utilisation du Mogas par les bateaux de pêche. Les compagnies pétrolières avaient en effet décidé de cesser de fournir ce carburant aux compagnies de pêche. La raison invoquée : l?absence de sécurité adéquate quant à sa manipulation. Cette décision a été prise après l?explosion du navire de pêche Noor Star, le 19 novembre 1999. Ce navire mouillait dans le port pour des réparations avant d?entamer sa prochaine campagne de pêche. Il a explosé à proximité du Bulk Sugar Terminal alors qu?il contenait quelque 25 tonnes de gazole.

?Il a fallu lutter pour pouvoir trouver un compromis?, déclare Hemraj Ghina. Les compagnies pétrolières ont, à l?issue de plusieurs réunions de travail, accordé un délai de six mois aux compagnies de pêche pour qu?ils cessent d?utiliser le Mogas au profit du diesel. ?Ils n?ont fait que repousser le problème. Les hors-bord que nous utilisons ne sont pas adaptés aux moteurs diesel. Il nous faudra donc faire l?acquisition de nouvelles embarcations?, expliquent les opérateurs. Et d?ajouter que deux bateaux n?ont pu entamer leurs campagnes de pêche en décembre dernier à cause de ce problème de carburant.

?Le gouvernement parle de faire de Maurice un Sea Food Hub, mais rien n?est fait pour sauver l?industrie de la pêche?, lancent les opérateurs. ?Nous souhaitons que la situation dans laquelle se trouvent les compagnies de pêche fasse l?objet d?une attention particulière de la part des autorités?, déclare de son côté le propriétaire de IKS Fishing Co. Ltd. Cela fait des années, explique-t-il, que les pionniers du secteur tirent la sonnette d?alarme.

Découragés devant tant de problèmes, certains de ces opérateurs songent même à abandonner définitivement la pêche sur les bancs. ?Nous sommes prêts à vendre nos bateaux de pêche si d?autres veulent bien les acheter.?

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