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Les Aigles de Carthage au firmament !
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Les Aigles de Carthage au firmament !
Rideau sur la Coupe d?Afrique des Nations 2004 qui restera comme une ode au football du Maghreb avec, en apothéose, au terme d?une finale enlevée et de toute beauté, le premier sacre de l?histoire de la Tunisie.
Finaliste malheureux, le Maroc peut s?enorgueillir d?avoir été la plus belle équipe de la compétition, la plus technique, mais il s?en voudra longtemps d?avoir encaissé un deuxième but sur une erreur défensive de son gardien de but, qui fait le bonheur de la Tunisie (2-1).
Mais les Lions de l?Atlas, qui visaient un deuxième titre après 1976, ont peu de choses à se reprocher puisqu?il ne faisait pas bon être un lion de toute façon dans cette CAN, demandez à messieurs les Camerounais ou les Sénégalais pour voir?
Après avoir battu le Nigeria (2-0) au premier tour, sorti l?Algérie (3-1) aux prolongations en quart, puis le Mali (4-0) en demi, le Maroc (meilleure attaque, 13 buts contre huit à la Tunisie, et meilleure défense de la compétition) a forcé le respect et déployé un jeu intelligent et très technique qui n?a pas échappé aux connaisseurs.
1 500 supporters venus en bateau
Il est pourtant tombé hier les armes à la main au terme d?un superbe combat face à un cousin tunisien qui aura profité à plein de l?avantage de jouer à domicile, puisqu?il disputait son sixième match de la compétition à Radès et devant 60 000 personnes, sans oublier les 50 000 qui étaient massés devant les deux écrans géants du stade al Menza et les millions de citoyens du pays.
Le Maroc n?était pas en reste avec environ 10 000 supporters présents au stade dont 1 500 qui étaient venus dans un bateau, affrêté juste après la qualification des Lions de l?Atlas pour la finale?
On craignait que cette ferveur populaire soit gâchée par un pauvre spectacle sur le terrain, bref que l?enjeu tue le jeu. Mais il n?en a rien été, les 22 acteurs prenant le match à bras le corps et livrant un jeu franc et direct, sans coups bas.
Soeur nordiste du Maroc ou pas, la Tunisie était bien décidée à prendre son destin en main et à enterrer définitivement les douloureux échecs du passé (finales perdues en 1965 et 1996) dans cette finale et prenait de court son adversaire avec un but de la tête de l?incontournable buteur sochalien Santos. Sa superbe tête décroisée faisait chavirer tout un peuple (6e).
Vexés par cette rapide ouverture du score, les Marocains repartaient de l?avant et se découvraient forcément. Les hommes de Roger Lemerre profitaient des espaces, sans pour autant réussir à doubler la mise. Par deux fois la Tunisie était toute proche de faire le break (Santos et Chedli).
Légèrement supérieur dans le jeu que l?équipe hôte, le Maroc revenait au score avant la pause. Sur un excellent travail de Youssef Hadji, côté droit, Mokhtari prenait tout son temps pour ajuster sa tête plongeante et battre Ali Boumnijel (38e).
Comme en première mi-temps, quelques minutes suffisaient aux Blanc pour reprendre l?avantage. Clayton s?avançait dans la surface de réparation et décochait une frappe, pas très puissante, que Fouhami ne pouvait capter.
La balle lui échappait et revenait dans les pieds de Jaiziri qui n?avait plus qu?à pousser la balle au fond. Le portier des Lions de l?Atlas, impérial depuis le début de compétition et notamment en demi-finale, venait de commettre une bourde aussi monumentale que fatale (51e).
Quelques instants plus tard, pour la deuxième fois de la rencontre, l?arbitre sifflait un hors jeu imaginaire à l?encontre de la Tunisie et la privait d?un avantage plus conséquent, Jaziri ayant continué son action et marqué.
Khalid Fouhami pouvait s?en vouloir puisque son équipe ne reviendrait pas au score, même s?il a poussé et fait durer le suspense. A l?ultime seconde, les Marocains obtenaient un corner, mais l?homme en noir, impatient d?en finir, ne leur laissait pas l?occasion de le tirer?
La Tunisie tenait son trophée et pouvait dire un grand merci à Francileudo Santos, le buteur fraîchement naturalisé. Vive le Brésil ! Le Sochalien a par quatre fois débloqué la situation durant ce tournoi et s?est affirmé comme l?authentique buteur qui manquait à cette sélection.
A force de courage et d?abnégation, la Tunisie est parvenue à ses fins avec un Roger Lemerre qui devient le premier sélectionneur vainqueur de l?Euro (en 2000) et de la CAN, le troisième Français sacré à la tête d?une équipe africaine. Les éloges qui pleuvent aujourd?hui vont sans doute panser les plaies du Mondial fiasco 2002 avec les Bleus.
Huit ans après la désillusion de Johannesburg (battue en finale par les Bafana Bafana 2-0), la Tunisie marque aussi des points dans sa candidature à la Coupe du monde 2010 et peut désormais se tourner sereinement vers les qualifications pour le Mondial 2006 en Allemagne.
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