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Les agences maritimes font la pluie et le beau temps
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Les agences maritimes font la pluie et le beau temps
Les importateurs mauriciens ne savent plus à quel saint se vouer. Depuis avril, le coût du fret maritime en provenance de l’Asie prend l’ascenseur. Le déchargement d’un conteneur de 20 pieds a subi une augmentation de US$ 750 (Rs 21 000) depuis le mois d avril et celui de 40 pieds, une hausse de US$ 1 500.
Entre août et fin novembre, une Peak Season Surcharge (PSS) de US$ 150 dollars (Rs 4 200) sur les conteneurs de 20 pieds, et US$ 300 pour celui de 40 pieds sera appliquée sur le fret en provenance d’Asie. Cette surcharge serait due à un accroissement du trafic des navires dans le monde. La demande étant supérieure à l’offre, les armateurs dictent leurs prix.
Les importateurs tirent cependant la sonnette d’alarme. François Woo, directeur de la Compagnie mauricienne de texile (CMT), parle de la loi de la jungle. “La zone franche, qui emploie plus de 75 000 personnes, en sera l’une des principales victimes. Certains transitaires essaient de traire la vache jusqu’à ne plus en avoir. Nous devons unir nos forces pour rendre Maurice compétitive et ne pas imposer toutes sortes de conditions qui viendraient casser cette compétitivité”, souligne-t-il.
La majorité des usines de la zone franche importe du fil d’Asie. Cette hausse du fret gonflera leurs coûts d’opération. Certaines unités se trouvant dans des situations précaires pourraient être forcées à mettre la clé sous le paillasson.
Le directeur de la CMT va même plus loin et parle de pratique commerciale “inacceptable”. Il ajoute : “Certains membres de l’Association professionnelle des agents maritimes mauriciens (APAMM) font la pluie et le beau temps.”
Les agents maritimes jouent pour leur part la carte de la conjoncture internationale. Eric Mard, le président de l’APPAM et directeur de Maersk, n’étant pas au pays, un membre de l’association déclare que “les agences maritimes appliquent les tarifs fixés par les armateurs”.
Si l’escalade des prix au niveau du fret maritime provoque des grincements de dents chez les importateurs, une nouvelle mesure fait également des vagues chez les exportateurs. Priorité sera accordée, selon des critères bien spécifiques, à certains navires pour l’accès au nouveau terminal. Les autres, qui ne remplissent pas ces conditions mais qui offrent des lignes directes, iront au terminal SSR, qui est beaucoup moins compétitif.
Le directeur général de la CMT trouve que cela peut avoir des conséquences désastreuses sur la zone franche. “Ce qui fait la force de notre zone franche, c’est notre temps de réactivité. Je me demande si on ne favorise pas le transbordement au détriment de l’économie mauricienne.”
<B>“A l’encontre de la loi”</B>
Le terminal SSR traite actuellement huit conteneurs par heures, contre 17 pour le nouveau. “Quand un client passe une commande, ce qui lui importe, c’est le délai de livraison. On peut être compétitif sur le prix, mais si on n’offre pas un service global, on court droit à la catastrophe”, explique-t-il.
Le Capitaine Jean Wong Chung Toi, directeur général de la Mauritius Ports Authority (MPA), affirme pour sa part que cette décision est à l’essai pour trois mois. Le but, selon lui, est “de mettre de l’ordre dans le port”.
Les opérateurs du port franc mangent eux aussi du pain noir avec l’APAMM. A partir du 15 juillet , ils devront en effet payer US$ 25 de plus aux agences maritimes sur chaque conteneur débarqué. Ces frais seraient dus aux charges administratives.
La décision, qui a été prise il y a deux semaines, n’est pas suivie par l’ensemble des agences maritimes. Il semblerait qu’il y ait, à l’intérieur de l’association, une certaine incohérence.
Quoi qu’il en soit, cette décision est mal accueillie et provoque la colère des autorités du port franc et des opérateurs. Une réunion est même prévue à cet effet vendredi prochain. Sandy Chellapermal, directeur générale de la Mauritius Freeport Authority (MFA), monte au créneau. “Nous ne sommes pas d’accord avec cette décision. Cela va l’encontre du Port Act de 1994.”
Le Capitaine Toi abonde dans le même sens. “Le port est aujourd’hui en train de travailler pour être plus compétitif. Les agences maritimes mettent une charge administrative de US$ 25 sur chaque conteneur déchargé alors qu’il faisait le même travail auparavant.”
Pour donner un coup de fouet au secteur du port franc, le gouvernement avait en effet décidé, en 1994, d’alléger les coûts de manutention et des frais portuaires des opérateurs du port franc pour ceux réexportant leurs marchandises. Au lieu de payer US$ 50 à la MPA et Rs 1 500 à la Cargo Handling Corporation, il ne paie plus que US$ 32 et Rs 750.
Il s’agit d’une mesure incitative, appelée “preferential Port Handling Charges”, visant les opérateurs du port franc à investir dans ce secteur. Les agents maritimes servent d’intermédiaire entre la CHC et la MPA pour le paiement de ses charges. L’APPAM trouve que cela nécessite une administration, d’où les US$ 25.
Le Premier ministre Paul Bérenger s’est montré très irrité par la situation dans le port. Selon lui, il fallait “mettre un peu d’ordre” dans ce secteur. Certains entretiennent l’espoir d’une réaction prochaine de la part de l’Hôtel du gouvernement.
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