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Les actions des hôteliers souffrent du chikungunya

3 mars 2006, 00:00

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Les valeurs hôtelières chutent lourdement à la Bourse de Port-Louis. Pour les spécialistes du marché, il n?y a pas de mystère : c?est la faute au chikungunya. Mais l?effet de la prise de bénéfices sur des valeurs qui ont fortement augmenté ces derniers mois influe également.

Alors que les actions des principaux groupes hôteliers s?étaient bien comportées jusqu?ici, depuis mardi, le sentiment des investisseurs par rapport à l?hôtellerie et au tourisme change.

C?est ainsi que les cours des actions de New Mauritius Hotels (NMH) de Sun Resorts Ltd (SRL) et de Naïade Resorts Ltd (NRL) ont pris du plomb dans l?aile. Ce sont les actions de NMH qui ont subi la plus grosse perte (6,7 %) passant de Rs 71,50 lundi à Rs 67 hier. Lors de la séance d?hier, l?action du groupe a perdu Rs 3, soit 4,29 % de sa valeur.

L?action de SRL a, elle, perdu 4,6 % de sa valeur, passant de Rs 68 lundi à Rs 65 hier. Lors de la séance d?hier le cours de Sun a perdu Re 1,50. Entre lundi et jeudi, l?action de NRL a perdu 2,3 % passant de Rs 43 à Rs 42.

?Ce qui se passe est tout à fait normal. Dans n?importe quel marché, les gens réagissent à partir des informations disponibles. A cause de la maladie du chikungunya et son impact éventuel sur les arrivées touristiques, les investisseurs ne se sentent pas à l?abri avec les valeurs hôtelières?, déclare Raj Tapesar, directeur de MCB Stockbrokers.

?C?est tout à fait logique. Le taux d?occupation est le principal facteur qui détermine la rentabilité des hôtels. De plus, le premier trimestre pèse beaucoup dans le bottom line d?un hôtel. Les analystes ont donc revu à la baisse les perspectives de bénéfices des groupes hôteliers?, ajoute un analyste boursier.

Dans le passé, lorsque le tourisme et l?hôtellerie ont été confrontés à des facteurs négatifs exogènes, ce sont surtout les établissements quatre-étoiles et plus qui en ont davantage pâti. La raison est simple : les chief executives et les high net worth individuals qui fréquentent ce genre d?établissements ne prennent pas de risques.

Dans la conjoncture, à cause du chikungunya, malgré les discours rassurants des autorités, les investisseurs ne peuvent prévoir l?évolution de la maladie dans le pays et, par conséquent, son impact sur les arrivées touristiques. Si jusqu?ici les annulations ou reports restent raisonnables, personne ne peut prévoir de quoi demain sera fait.

?Les valeurs hôtelières ont le price-earning ratio le plus élevé du marché. Avec l?incertitude qui pèse sur ce secteur, la prime de risque sur les valeurs hôtelières a augmenté. D?où le désengagement de certains investisseurs?, déclare un analyste.

Pour d?autres spécialistes, il n?y a pas que l?effet du chikungunya. Les valeurs hôtelières ont enregistré une hausse de 40 à 50 % au cours des derniers mois. Le marché s?attendait donc à ce que tôt ou tard les investisseurs voudraient vendre leurs actions hôtelières pour empocher les bénéfices.

?Il n?y a pas de quoi s?alarmer. Les fondamentaux des groupes hôteliers et du tourisme en général demeurent positifs. Le pouvoir d?achat en Europe ? notre principal marché ? n?a jamais été aussi élevé. Dés que l?incertitude du chikungunya sera du passé, le cours des groupes hôteliers devrait regrimper?, commente un analyste.

Pour les investisseurs, la seule question qui compte c?est : quand n?aurons-nous plus à nous soucier des moustiques ?

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