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Les États-Unis testent un vaccin contre l?Ebola
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Les États-Unis testent un vaccin contre l?Ebola
Les autorités sanitaires américaines ont, le mardi 18 no-vembre, annoncé le lancement du premier essai clinique visant à étudier l?innocuité et l?efficacité d?un vaccin expérimental pour prévenir l?infection par le virus Ebola. On ne dispose en effet aujourd?hui d?aucune méthode préventive ou curative contre cette affection hautement contagieuse et fréquemment mortelle qui sévit de manière récurrente en Afrique équatoriale.
Les Instituts nationaux de la santé américains (NIH) précisent que la première phase de cet essai clinique concernera vingt-sept volontaires âgés de 18 à 44 ans. Six d?entre eux recevront un placebo et vingt et un le vaccin sous la forme de trois injections réparties sur une période de deux mois. Ces volontaires seront surveillés médicalement durant une année.
Totale immunisation
Cet essai clinique fait suite à une expérience menée sur des singes par l?équipe du docteur Gary Nabel, au sein du Centre de recherche sur les vaccins (VRC) de l?Institut national américain d?étude des allergies et maladies infectieuses. Conduit durant trois ans, ce travail a permis d?obtenir une totale immunisation des animaux vaccinés. « Cet essai démontre la capacité du VRC à passer rapidement de la recherche fondamentale à des produits tangibles », a commenté le docteur Anthony Fauci (NIH).
Le virus Ebola porte le nom d?un affluent du Congo proche de la ville de Yambuku (Zaïre) où, en 1976, il fut pour la première fois identifié, lors d?une épidémie qui toucha 318 personnes et en tua 280. La durée d?incubation de la maladie varie de quelques jours à trois semaines. Les symptômes de cette affection associent une fièvre, des douleurs abdominales intenses et des diarrhées souvent hémorragiques accompagnées d?insuffisances rénale et hépatique. Durant l?épidémie, le virus Ebola se transmet via des contacts directs avec les fluides biologiques (sang, salive, vomissures, sperme, selles) des personnes infectées qui, à ce titre, doivent être mises au plus vite en quarantaine. En dépit des enquêtes conduites dans différents pays africains, notamment par les spécialistes de l?Institut Pasteur de Paris, on ne connaît toujours pas l?espèce animale qui, hébergeant ce virus sans en être affectée, est à l?origine de son émergence chez l?homme.
Produit par la société de biotechnologie Vical de San Diego (Californie), le vaccin qui commence à être expérimenté aux États-Unis est constitué d?un adénovirus dans le génome duquel on a inséré des gènes qui dirigent la synthèse de protéines virales. Ces dernières devraient déclencher dans l?organisme des personnes vaccinées la synthèse d?anticorps les immunisant contre le virus Ebola. Ce vaccin ne contient aucune structure directement dérivée du virus. Son usage ne présente donc, en théorie, aucun danger.
Arme de dissuasion
« Un vaccin efficace contre la fièvre d?Ebola ne permettrait pas seulement de protéger les personnes les plus exposées dans les pays où cette maladie sévit le plus souvent de manière naturelle, a expliqué le docteur Fauci. Il constituerait aussi une arme de dissuasion vis-à-vis de ceux qui pourraient envisager d?utiliser ce virus à des fins bioterroristes. » Outre le virus de la variole et le bacille du charbon, les spécialistes américains de la lutte contre le bioterrorisme redoutent depuis plusieurs années l?usage qui pourrait être fait des agents pathogènes responsables des fièvres hémorragiques, et tout particulièrement du virus Ebola.
2003 Le Monde
? Jean-Yves Nau
Distribué par The New York Times Syndicate
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