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Les éleveurs de poulets pessimistes avec la hausse de matières premières

28 août 2008, 00:00

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«L?élevage de poulet est de plus en plus dur», lâche Reshad Eradhun, éleveur de poulets depuis une quinzaine d?années. Comme lui, plusieurs autres petits aviculteurs se retrouvent dans la tourmente. La cause : leur marge de profits a été réduite de manière considérable ces dernières années, même si le prix du poulet ne cesse de croître.

D?ici septembre, le prix du poulet risque de connaître une nouvelle augmentation, la quatrième depuis le début de l?année. Alors que les éleveurs se sentent également abandonnés par les autorités.

L?accroissement du prix de la provende, la nourriture des animaux d?élevage, serait en grande partie la cause de ces hausses. C?est en tout cas ce qu?expliquent les petits aviculteurs. Ces problèmes sont à la fois ceux des éleveurs de poules pondeuses et ceux faisant l?élevage de broiler, les poules destinées à la consommation. Autre problème soulevé : la vie chère qui pousse les gens à consommer de moins en moins de volaille.

«L?élevage amateur n?a pas d?avenir», affirme catégoriquement Reshad Eradhun. Il est d?avis qu?un travail professionnel est le seul moyen d?assurer sa survie. Il possède 2 000 pondeuses, un petit élevage qu?il ne peut agrandir, faute de moyens. Tout ce qu?il peut : garder une stabilité pour ne pas perdre trop d?argent.

A Rs 5 l??uf, plus d?un consommateur renonce à l?acheter. Autrefois, Reshad vendait ses ?ufs à la foire. Depuis quelque temps, il préfère se concentrer sur l?élevage, qu?il fait en famille, à La Marie, Vacoas.

<I>«Un contrôle plus strict au niveau des prix de la nourriture est primordial afin d?assurer la survie des petits éleveurs», dit Faizal Ajaree, éleveur et aussi distributeur de provende.</I>

Faizal Ajaree est éleveur de poules mais aussi un distributeur de provende. Il est un de ceux qui assurent la liaison entre les producteurs de provende et les éleveurs. Evoquant les hausses à répétition des fabricants de provende, il fait valoir qu?il «ne comprend pas leurs explications». Pour lui, il est clair qu?un contrôle plus strict au niveau des prix de la nourriture pour animaux est primordial afin d?assurer la survie des petits éleveurs.

«On n?a pas le choix», dit de son côté Nazeer Uteem. Ce manque d?alternative pour la nourriture de volaille irrite cet éleveur qui se sent à la merci des producteurs de provende. Il prévoit la disparition totale des élevages de très petite taille, soit ceux de quelques centaines de poules. «Le marché n?est pas stable», confie-t-il.

Alors que les profits sont en général maigres, il lui arrive quelquefois de vendre à perte, rien que pour écouler son stock. Les mois synonymes de carêmes sont particulièrement difficiles, confie cet aviculteur qui se voit alors dans l?obligation de baisser les prix pour vendre.

«Le poulet importé nous mène la vie dure», ajoute Nazeer Uteem. Il explique que ces produits importés se vendent à meilleur prix que les produits locaux. Là encore, c?est la provende qui en est la cause, souligne cet éleveur. La solution ? Une taxe plus forte sur les poulets importés. Que la provende soit entièrement produite localement serait également d?une grande aide aux éleveurs, estime-t-il.

Nazeer Uteem a le sentiment d?être un laissé-pour-compte. Il accuse le gouvernement de ne pas venir en aide aux petits éleveurs. Son souhait : que les autorités s?engagent auprès des éleveurs de poulets afin de les aider à assurer leur survie. Il dénonce également un manque d?encadrement dont souffrent les aviculteurs.

«Pa kone ki pou fer», lâche Geeta Roopun. avicultrice à la route Bassin, Quatre-Bornes. Elle explique que ses profits ont baissé drastiquement ces derniers temps. Elle ajoute même qu?il lui est difficile d?augmenter sa production. «Comment penser à investir quand on arrive à peine à couvrir ses frais ?», lâche-t-elle. Compte-t-elle réduire son élevage ? Après quelques secondes de réflexion, elle avoue qu?elle ne le sait pas encore. Des solutions à ses soucis, elle n?en voit pas.

L?élevage de poulet à petite échelle est-il donc appelé à disparaître ? Les principaux concernés ne le pensent pas, ou du moins, ne le souhaitent pas. Tous sont toutefois d?accord pour dire que l?avenir s?annonce sombre. Seul persiste : l?espoir des jours meilleurs alors que les prix du maïs, denrée indispensable à la fabrication de provende, ne cessent d?augmenter sur le marché mondial.

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