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L?engouement pour les marchés africains profite à la Bourse
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L?engouement pour les marchés africains profite à la Bourse
Le marché boursier n?en finit pas d?établir de nouveaux records. La semaine dernière, les principaux indices boursiers ont atteint de nouveaux sommets en deux occasions : le Semdex s?est élevé à 856,3 points mardi avant de passer à 857,5 points le lendemain.
Une bonne partie de l?explication se trouve dans l?engouement des investisseurs étrangers pour les blue chips de la Bourse de Port-Louis, notamment les valeurs bancaires et hôtelières. Depuis la reprise du marché boursier le 3 janvier au 20 mars, les investisseurs étrangers ont effectué des achats nets ? achats moins ventes ? de Rs 324,1 millions en Bourse.
Près de 85 % de ces placements sont concentrés sur cinq valeurs : la Mauritius Commer-cial Bank, la State Bank of Mau-ritius, New Mauritius Hotels, Rogers & Co Ltd et Harel Frères.
L?appétit des investisseurs étrangers pour certaines valeurs spécifiques est telle qu?ils finissent par prendre des positions plus ou moins longues dans le capital de ces dernières. Ainsi la SSB Africa Emerging Fund détient aujourd?hui plus de 5 % du capital de Rogers. Le même scénario se répète chez Harel Frères où des investisseurs étrangers contrôlent plus de 7 % du capital. ?Depuis le début de l?année, plus de la moitié des achats sur le marché boursier sont effectués par des étrangers?, commente un courtier en Bourse.
L?intérêt des investisseurs étrangers pour la Bourse de Port-Louis est attribuable à plusieurs raisons qui n?ont rien à voir avec la performance économique du pays en général. D?ailleurs, les sociétés les plus prisées par les investisseurs étrangers sont des compagnies dont la performance a été historiquement meilleure que celle de l?économie du pays. Aussi, il n?est donc pas si paradoxal que c?est lorsque la croissance est la plus faible que se manifestent plus fortement les investisseurs étrangers.
?Il y a des investisseurs qui cherchent d?abord des pays à forte croissance puis s?intéressent à des sociétés dans ces pays. D?autres ont un bottom up approach et s?intéressent d?abord aux compagnies avec des potentiels intéressants même si l?environnement macro-économique général compte quand même un peu?, explique un spécialiste.
En 2005, les achats nets des étrangers en Bourse ont atteint le niveau record de plus de Rs 1 milliard. Ce chiffre n?a jamais été atteint depuis l?ouverture de la Bourse aux étrangers en 1994. En 1997, les achats nets des étrangers avaient atteint la somme de Rs 1,3 milliard mais il faut retrancher de ce montant la transaction exceptionnelle de Rs 961 millions représentant l?achat de 20 % des actions de la State Bank of Mauritius par la Nedbank.
Investissements pas chers
Pour Bilal Sassa, general manager de CIM Stockbrokers, la Bourse de Port-Louis bénéficie surtout de l?intérêt des fonds d?investissements pour les pays émergents et pour l?Afrique en particulier. ?Les marchés africains ont enregistré de bonnes performances et les fonds engagés sur les marchés africains et émergents ont dégagé un surplus qu?ils ont réinvesti dans ces mêmes marchés et Maurice est un des marchés où ils étaient déjà présents?, estime Bilal Sassa. CIM Stockbrokers est le leader pour les transactions avec les étrangers.
En 2005, les Bourses africaines ont surpassé pour la quatrième année consécutive la performance des Bourses des autres régions du monde. Le All African Shares Index (Afrique du Sud exclu) a progressé de 56 % tandis que les Bourses d?Amérique latine ont progressé de 45 %, celles d?Asie de 22 %, l?Europe de 7 % et l?Amérique du Nord de 5 %.
De plus, les prix des actions des sociétés cotés sur les marchés boursiers africains sont faibles par rapport aux revenus et gains qu?ils peuvent générer. Les investisseurs étrangers sont à la recherche de ce genre d?investissement pas chers mais qui rapportent qu?il est de plus en plus rare de trouver dans les marchés développés.
À titre d?exemple, la mesure de la valeur par rapport aux revenus, le price earnings ratio est de 8.5 actuellement en moyenne à la Bourse de Port-Louis. Sur les marchés développés ce ratio est de 12, voire 16. Cela est d?ailleurs un autre facteur qui joue en faveur du marché boursier local.
?Les investisseurs se rendent compte que le price earning ratio et le dividend yield compensent la dépréciation de la roupie et ils investissent?, déclare Raj Tapesar, président de la Port-Louis Stockbroking Association.
Mais il n?y a pas que les investisseurs dans les marchés émergents et exotiques. Les Hedge Funds sont également de plus en plus nombreux à prospecter le marché boursier local. Quelques fonds américains ont également démontré un intérêt. D?autres ont invité certaines sociétés spécifiques à faire des présentations.
Pour faire monter la mayonnaise, la CIM Stockbrokers a organisé au début du mois une mission de promotion à Londres. ?Nous faisons cet exercice chaque année mais c?est pour la première fois nous avions avec nous des représentants des compagnies cotées? explique Bilal Sassa.
La stratégie de CIM Stockbrokers peut s?avérer payante. En 2005, le flux d?investissements étrangers dans les marchés émergents s?est multiplié par cinq pour atteindre $ 16,5 milliards. Cette tendance devrait se maintenir cette année et Maurice et l?Afrique devraient en bénéficier.
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