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L?employée de Ceylincostella Insurance perd sa place

23 septembre 2005, 20:00

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Trois jours après qu?une employée de Ceylincostella Insurance à allégué avoir été victime d?attentat à la pudeur et de harcèlement sexuel de la part de son patron, Royston de Cruze, elle a été licenciée. Ce dernier, qui dément fermement les accusations, a été provisoirement inculpé jeudi en cour de district.

Jointe par téléphone, la jeune femme mariée raconte son histoire. Elle est employée chez Ceylincostella Insurance depuis décembre dernier comme Sales Executive. En janvier, elle déclare noter que son patron lui fait souvent des compliments. Elle ne se met pas martel en tête.

En avril, Royston de Cruze lui aurait demandé de venir au bureau un samedi. Elle pense que tout le personnel y sera. Or, au jour dit, il n?y a qu?elle et lui. Quand il l?appelle dans son bureau, il lui serre la main longuement. Sur le moment, elle n?y voit qu?une simple poignée de main. Un autre jour, il la fait venir dans son bureau pour lui dire qu?il voudrait passer un dimanche en sa compagnie. Elle déclare avoir refusé.

<B>Des menaces dans les toilettes</B>

Royston de Cruze n?aurait pas pris cette réponse pour un refus et serait régulièrement retourné à la charge. «A chaque fois qu?il en avait l?occasion, il disait : if you don?t sleep with me, I have full autority to put you out. You will not get any other job in Mauritius. Je faisais tout pour l?éviter. Je ramenais même du travail à la maison pour ne pas être en sa présence.»

Le 25 août, il la convoque, dit-elle, et l?accuse de travailler pour une autre compagnie. «Il a fouillé mon sac et trouvé des brochures. Dans les rues, il y a des gens qui vous en tendent. Je les glisse dans mon sac. J?étais choquée et je suis ressortie de son bureau en pleurant.»

Le 16 septembre, elle se rend aux toilettes avant une réunion. Elle allègue que son patron l?y a suivie en tentant de l?enlacer et de la peloter. «Menaçant, il a répété que si je ne couchais pas avec lui, il me mettrait à la porte. Linn sey trap mwa. Monn debat ek monn sove. Mo ti bien upset. Apre reyon, monn dir li mo pou al la polis.»

Durant le week-end, elle dit avoir pris conseil de son entourage qui l?a encouragée à dénoncer son employeur à la police. Avant de s?y rendre lundi matin, elle passe par le bureau. Elle allègue que son patron aurait une fois de plus tenté de l?enlacer dans un des corridors. «Monn tap li, monn criye et monn sove.» Puis elle s?est rendue au poste de police de Pope-Hennessy pour porter plainte.

Arrêté mardi, Royston de Cruze est inculpé jeudi en cour de district de Port-Louis sous trois charges provisoires d?attentat à la pudeur et une de harcèlement sexuel. Le general manager de Ceylincostella Insurance que nous avons rencontré hier en compagnie de son avocat, Me Jean-Claude Bibi, et d?une autre employée de la compagnie, se plaint d?être «accusé à tort».

Ce Srilankais de 48 ans, marié et père de famille, vit à Maurice depuis l?ouverture de la filiale mauricienne en juillet 2004. Pour Royson de Cruze, c?est une «pure vengeance», car il a trouvé des indications qu?elle aurait un second emploi dans une compagnie informatique à Curepipe.

Il admet l?avoir convoquée dans son bureau le 25 août et fouillé son sac dans lequel il aurait trouvé des devis. Il reconnaît aussi qu?il l?a réprimandée. «Elle a donc décidé de se venger.» Selon lui, six autres employés cumuleraient deux emplois.

<B>La collègue, le Mari et le... téléphone</B>

Il avance qu?elle a tenté de monter une collègue contre lui. Celle-ci était à ses côtés hier lors de l?entretien. «Elle a voulu que sa collègue m?accuse aussi de harcèlement sexuel mais elle a refusé. Elle s?est vengée en l?accusant d?avoir une liaison avec moi.» La collègue, qui tient à garder l?anonymat, confirme ces dires.

La Sales Executive réfute. Elle explique que depuis juin, le mari de sa collègue lui téléphone pour vérifier où sa femme se trouve. «Je ne fais que lui passer le portable.» Cette dernière n?a-t-elle pas un téléphone personnel ? «Si, mais il se peut que son mari aime savoir où elle est. Le samedi 17 septembre, je lui ai dit d?arrêter car sa femme n?est pas enchaînée à moi. J?ignore ce qu?il lui a raconté mais je n?ai jamais demandé à celle-ci de salir le patron pour moi.»

Jeudi matin elle part travailler mais son patron est encore en poste. Puis elle reçoit une lettre lui reprochant d?avoir formulé de fausses accusations contre son employeur, de travailler simultanément pour une autre compagnie et d?avoir fait montre d?inconduite professionnelle. «Ma conscience est claire. J?ai dit la vérité et je laisse la police de faire son travail.»

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