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Lee Kuan Yew à Maurice alors que le sucre est en grève
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Lee Kuan Yew à Maurice alors que le sucre est en grève
Les Premiers ministres singapourien et australien font escale à Maurice à l?issue du sommet du Commonwealth à Lusaka, Zambie. Malcolm Fraser passe quelques heures seulement à Maurice car il reprend l?avion pour Canberra le lendemain matin. Il aura toutefois le temps d?être reçu au château du Réduit par le gouverneur général, Sir Dayendranath Burrenchobay. M. Lee Kuan Yew passera trois jours au Méridien, au Morne. Il est accompagné de son épouse, de son ministre du Commerce et de son médecin particulier.
Le Premier ministre singapourien a donc l?occasion de constater par lui-même l?étendue de la grève qui paralyse 18 établissements sucriers. Les trois seules propriétés sucrières à fonctionner normalement sont Mon Loisir S.E., Beau-Plan S.E. et Saint-Antoine S.E. Mon Désert-Mon Trésor est de nouveau paralysé après avoir roulé le 7 août. A Beau-Champ S.E., des grévistes s?en prennent à un sirdar et à quelques femmes laboureurs qui veulent travailler en dépit du mot d?ordre de grève. Blessé à la tête, le sirdar doit être hospitalisé. La PLHDWU (syndicat portuaire d?obédience MMM) et l?UBIW (transport par autobus) attendent le retour de SSR du Sommet de Lusaka pour décider de se solidariser ou non à la grève dans l?industrie sucrière.
Il se peut que Lee Kuan Yew apprécie davantage la prise de position d?Action Civique sollicitant une participation de tout un chacun pour favoriser le redressement de l?économie nationale. Le déficit commercial pour les années 1976 à 1978 s?élève à Rs 2,6 milliards. Le pays ne peut continuer à vivre au-dessus de ses moyens. Le président Kenneth Noyau et le vice-président de la commission économie et développement, M. Philippe A. Forget, annoncent une action à trois volets pour favoriser ce redressement. En 1978, le taux de croissance économique n?a été que de 4%, contre 16% en 1976 et 5% en 1977. En 1977/78, seulement 2 513 nouveaux emplois ont été créés contre 10 862 en 1976/77. Cette détérioration de la situation économique est en partie le fait de tout un chacun et de chaque consommateur. Il est donc normal que chaque citoyen contribue activement au redressement économique du pays. Les citoyens ne sont pas coupables en ce sens qu?ils ne sont pour rien dans les décisions majeures ayant entraîné une telle détérioration des indicateurs économiques. Cela n?abolit pas tout à fait la responsabilité de chacun. L?attrait des avantages personnels à court terme ne doit pas nous faire perdre de vue les intérêts à long terme du pays.
Appel est donc lancé par Action Civique à chaque citoyen pour (i) réduire sa consommation de produits importés non essentiels, (ii) pour acheter mauricien, (iii) pour produire davantage et (iv) pour insister auprès de nos députés pour qu?ils obtiennent des grands décideurs qu?ils accroissent la production locale de substitution ou d?exportation.
Action Civique réclame un meilleur contrôle de la qualité des produits mauriciens. Elle organisera un forum le 1er septembre 1979, au collège St-Mary?s, à l?intention de ses 1 200 membres ayant manifesté leur désir de participer plus intensément dans ses activités. Sa commission économie et développement est composée de MM. Philippe Boullé, Philippe A. Forget, K. Gopaul, Michel de Spéville, Guy d?Arifat, Christian Couacaud, Jagadish Manrakhan et Mansoor.
En 1979, la conscience civique était assez vive tout comme le sens de nos responsabilités et devoirs sociaux pour que des syndicats d?instituteurs, en l?occurrence la GTU, la GHTU et l?UPST, déclarent officiellement que les leçons particulières sont nuisibles à l?écolier mauricien. Une telle pratique nuit à la santé et à la personnalité tant de l?écolier que de son instituteur. Les porte-parole de ces syndicats sont M.P.S. Naidoo, G. Beebeejaun et Max Li Pak U.
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