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L?Ecole hôtelière : de Curepipe à Ebène

20 juillet 2006, 00:00

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Juillet 1981, l?Ecole d?Hôtellerie de Curepipe compte déjà 10 ans d?existence auxquels s?ajoute le quart de siècle écoulé depuis. Les présentes réminiscences se contenteront de raconter la première décennie de cette institution, devenue depuis Ecole hôtelière, à qui notre industrie touristique doit, en grande partie, sa renommée mondiale

Avant d?aborder les débuts de l?Ecole d?Hôtellerie de Curepipe, il convient de rappeler brièvement le travail ambitieux et combien utile assumé, dans la discrétion la plus totale, par les Ecoles Ménagères de France Boyer de la Giroday et d?Edmée Lavigilante. Avant elles, les meilleures mères de famille se chargeaient elles-mêmes de la formation professionnelle de leurs employé(e)s de maison qu?ils fussent cuisinier, femme de chambre, nénène ou jardinier. La qualité de cette formation faisait les meilleurs serviteurs. L?on pouvait même dire qu?il n?y avait pas de mauvais serviteurs mais seulement de mauvais maîtres, tout comme il n?y a pas de mauvais élèves mais seulement de mauvais enseignants, des professeurs mercenaires et des preneurs d?otages scolaires.

Les mères de famille se mettent à travailler hors de chez elles, à partir de la Seconde Guerre mondiale. Elles ont moins de temps qu?auparavant pour veiller à la bonne marche de leur maisonnée et à la formation de leurs employés. Le déclin de cette formation professionnelle domestique, marquée il est vrai par le sceau de l?amateurisme et d?une grande diversité, ne peut échapper à la perspicacité d?une travailleuse sociale du calibre de France de la Giroday. Tout reste à faire, découvre-t-elle avec stupeur : crèches, garderies et écoles maternelles pour s?occuper des enfants de celles qui travaillent, avant qu?ils aient l?âge requis pour entrer à l?école. D?où crèche-pilote de Bethléem et Ecole de puéricultrices. Prise en charge, ensuite, des adolescentes et jeunes filles, appelées à devenir réceptionnistes, vendeuses, serveuses de restaurant, lingères dans nos premiers hôtels. Il convient aussi de former une nouvelle génération de ménagères et de mères de famille.

A la fin des années 1960, la qualité, pourtant exemplaire des Ecoles hôtelières, ne suffit plus à une industrie touristique et hôtelière, de plus en plus professionnelle, de plus en plus consciente de la concurrence mondiale impitoyable et des exigences, frisant parfois le caprice, d?une clientèle fréquentant les meilleurs hôtels au monde et de moins en moins disposée à se contenter de l?à-peu-près mauricien, même s?il est enrobé de la meilleure volonté et des sourires les plus désarmants qui soient. Elle prend alors la décision de créer, à l?aube des années 1970, l?Ecole d?Hôtellerie de Curepipe. Celle-ci s?installe dans les locaux de l?ex-Hôtel des Mascareignes, aux Casernes, Curepipe, et pouvant résumer, à lui tout seul, ce qu?il ne faut pas faire dans un secteur ne tolérant aucune imperfection.

M. Tiburce Plissoneau-Duquesne, directeur de cette institution, en juillet 1981, trouve les mots qui conviennent pour décrire cette exigence de perfection tous azimuts : ?Il suffit d?un cafard pour ruiner la réputation d?un hôtel? Dans tout hôtel, la première impression dure? toujours. Elle ne s?efface jamais? Chaque client est un cas unique? Le service fait l?hôtel et l?employé en assure ou non la perfection??

Et pour ses élèves qui ne comprennent toujours pas ces exigences de perfection professionnelle, il reprend l?argumentation mais dans le sens opposé : ?Pas de service d?accueil ni de réception, le nouvel arrivant crie déjà au scandale? Pas de portier pour prendre charge de ses bagages, nouveau scandale? La réceptionniste ne parle pas sa langue : Maurice est immédiatement étiquetée ?pays de sauvages !?? Il fait savoir qu?il n?a pas fait douze heures d?avion pour devoir indiquer, à une lingère, à quelle température elle doit repasser sa chemise ou quel produit elle doit utiliser pour enlever une tache sur une robe de Dior ou de Chanel? ?Malheur au cuistot qui ne lui apporte pas le repas de ses rêves? etc.?

L?Ecole d?Hôtellerie offre des stages de formation de cinq mois menant à un CAP (Certificat d?aptitude professionnelle) dans les disciplines suivantes : commis de restaurant, serveur, commis de cuisine, réceptionniste, valet, femme de chambre. Chaque section ne compte que douze stagiaires à la fois. Les cours comprennent, outre les cours théoriques et pratiques dispensés intra muros, une dizaine de stages d?un week-end dans un hôtel, et un autre de trois semaines en fin de formation, toujours à l?hôtel mais côté service.

Le manque de nouveaux hôtels entraîne la suppression de certains cours dans les secteurs où l?on note des risques de saturation. Elle est compensée par des cours de recyclage et de formation continue pour les personnes déjà employées. Des hôtels découvrent l?existence d?un ou de plusieurs maillons faibles dans le service. Ils demandent alors à l?Ecole d?Hôtellerie des cours de formation adaptés à leurs besoins précis. L?entente entre les hôtels existants et l?Ecole d?Hôtellerie est à la base d?une réussite qui ne s?est jamais démentie depuis.

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