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Le village réclame sa part de travail

17 janvier 2008, 00:00

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La situation est alarmante à Riambel. Des ouvriers de la région avaient trouvé de l?emploi sur un chantier avant le début de cette année. Mais à leurs dires, ils ont été remplacés par la main-d??uvre étrangère. Depuis, ils sont au chômage. Selon B. Karl, un des ouvriers qui travaillaient sur ce chantier : «Ti ena trois bis travayer ki ti pe kit Riambel gramatin pou renovation lotel. Ena de semaines ki nou tou finn revine somer.»

La situation est difficile pour ces ouvriers car ils ont la responsabilité de subvenir aux besoins de leurs familles et le plus dur est qu?ils ont des enfants qui vont à l?école. «Pourquoi n?ont-ils pas été réembauchés ? Et dire que certaines personnes continuent à leur taxer de paresseux et les accusent de ne pas vouloir travailler pour un maigre salaire ! Voilà toute la réalité», constate Marie-Rose Ramdany, conseillère et représentante du village de Riambel du Conseil des districts de Grand-Port-Savanne.

Pour les habitants de ce village, majoritairement des pêcheurs, leur niveau de vie ne s?améliore pas. Ils ont interdiction de sortir en haute-mer pendant les mauvais temps. Ils se retrouvent pris dans un cycle infernal avec la mise à pied de ces ouvriers. «C?est à koz sa même qui nou plis enfoncé dans la miser ici.»

Rose-Marie Ramdhany, également pêcheur, dit avoir été témoin du soulagement de ces familles d?ouvriers lorsque leurs proches travaillaient.

Ces derniers insistent pour que le gouvernement intervienne auprès des entreprises de construction mauriciennes, pour qu?elles allouent une partie des contrats de travail aux habitants de la région.

<B>«Manque de soutien»</B>

«La volonté existe. Il est inconcevable que les ouvriers mauriciens soient mis à la porte pour être remplacés par la main-d?ouvre étrangère», insiste Mario K.

Les problèmes de ces habitants ne s?arrêtent pas là. Les parents sont préoccupés par l?éducation de leurs enfants. Ces derniers sont victimes d?un manque de soutien de la part des autorités, surtout ceux qui ont choisi la filière professionnelle au Industrial Vocational Training Board (IVTB) à Ebène.

Marie-Noelle Laviolette, 18 ans, la fille Rose-Marie Ramdhany a brillamment réussi son premier examen à l?Ecole hôtelière à Ebène «L?éducation occupe une place très importante au sein de ma famille. Je suis prête à tout sacrifier pour que mes enfants réussissent. Je me sens parfois découragée lorsque je ne trouve pas les moyens pour financer leur transport», explique Rose-Mary. Elle suggère aux autorités concernées de faire le suivi des dossiers afin de débloquer la situation. «Nous leur serons reconnaissants», dit la conseillère. Elle dit avoir également noté une certaine prise de conscience de la part des parents. «Ils sont de plus en plus nombreux à être présents lors des ateliers de travail organisés par les differentes Organisations non-gouvernementales.»

Selon Rose-Mary, ce changement d?attitude est dû à l?effort des animateurs du Trust Fund For The Integration of Vulnerable Groups et surtout du Centre d?éducation et de développement pour les enfants mauriciens dont la présidente est Rita Venkatsamy. Elle vient régulièrement pour encadrer les enfants et les adultes à travers des sessions de formation. Son soutien commence à porter des fruits même s?il reste beaucoup à faire.

La conseillère souligne que l?exploitation des petites entreprises commence à émerger lentement. Elle apprécie l?initiative de certaines personnes qui osent s?aventurer dans ce domaine. «Ou pou remarke qui ena bann ti caravann un peu partout ou trouve ban dimoune pe van mangé. C?est ene bon signe.»

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