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Le village intégré ?Terre Nouvelle? se lève à l?Ouest

14 juin 2007, 20:00

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À quoi ressembleront les cités ouvrières de demain ? Peut-être bien à Terre Nouvelle La Valette, un complexe de logement intégré que l?Empowerment Programme est en train de se créer à Bambous. Des maisons évolutives, économisant sur la consommation d?eau et d?énergie, destinées à des familles en situation difficile et qui seront encadrées par un comité spécial afin d?en faire, en quelques années, des citoyens modèles?

Le projet à l?air trop beau pour être vrai. Pourtant, il a bel et bien démarré, début juin. Le terrain, appartenant à l?État, a été défriché. Les familles ont été identifiées : 76 familles, principalement d?anciens squatters de Camp-Levieux, disséminées un peu partout, entre Pointe-aux-Sables et Camp-Levieux. Certaines vivent, depuis de longs mois, dans des conditions extrêmes, sans toit et avec des salaires mensuels qui dépassent rarement les Rs 3 000. Elles se battent pour pouvoir continuer à envoyer les enfants à l?école.

?Le but du projet n?est pas seulement de leur procurer un toit, il va bien au-delà?, dit Hootesh Ramburn, coordinateur de l?Empowerment Programme. Ainsi, se limiter à donner un toit aux populations vulnérables ne règle pas le problème de la pauvreté, au contraire. On aboutit rapidement à la création de ghettos.

Le programme prévoit, dans un premier temps, l?encadrement des familles, avec la mise en place d?un comité. Les enjeux sont déjà multiples : former les adultes, inciter les enfants à poursuivre leur scolarité, développer le sens du civisme, mettre l?accent sur les valeurs familiales, les relations de bon voisinage? Avant même la pose de la première pierre, les bases d?une infrastructure sociale sont jetées.

Mais la tâche sera ardue. Jacques Dinan, coordinateur des Organisations non gouvernementales (ONG), veut croire dans le projet et dans les capacités humaines. ?Notre tâche sera difficile. Ces gens partent de rien. Mais il faut avoir confiance dans la personne humaine.? Hootesh Ramburn renchérit : ?Il s?agit de briser le cercle vicieux de la pauvreté.?

<B>Acheter leur maison</B>

Les 76 familles, encadrées par plusieurs ONG, dont Caritas, ont été réunies une première fois début juin. Le but est de leur permettre de devenir, à terme, autosuffisantes. ?Nous ne voulons pas en faire des assistés?, intervient Jacques Dinan. D?ailleurs, pour ?responsabiliser ? ces personnes en situation difficile, il leur faudra acheter leur nouvelle maison. Un montant sera donc déterminé au cas par cas, en fonction des moyens financiers de chacun.

Mais, déjà, les idées fusent et les envies prennent forme autour du projet pilote de Bambous. ?Certains veulent la création d?espace d?ateliers pour pouvoir exercer leur métier de base?, explique Hootesh Ramburn. D?autres évoquent la création d?un centre polyvalent au c?ur du complexe. Les futurs habitants ont déjà proposé le nom de Terre Nouvelle La Vallette pour la cité.

<B>Risques réduits</B>

Utilisation de chauffe-eau solaire, récupération de l?eau de pluie : tous les risques environnementaux seront réduits, à Terre Nouvelle. Les lopins de terre (55 toises) permettront la création de maisons évolutives, modulables, mais suivant un plan architectural précis et qui ne tolérera pas les improvisations. Le modèle est presque idéal.

À terme, 200 maisons seront créées à Bambous. Le coût total du projet est estimé à Rs 120 millions, entièrement financé par l?Empowerment programme. Hootesh Ramburn soutient qu?il faut s?inscrire dans le long terme. Le court terme a apporté son lot de désillusions pour les projets de logements sociaux, notamment avec la création de ghettos. ?Si ça marche à Bambous, nous appliquerons le modèle ailleurs?, dit le coordonnateur de l?Empowerment programme.

Mais les délais restent malgré tout importants. Le premier village ne verra le jour qu?à la fin de 2008, si tout va bien. Ce n?est qu?après une évaluation de son impact que le programme pourra se poursuivre. On sera alors en 2009. La réussite du projet sera déterminée par le fait que tout le monde aura pu s?intégrer, que tous les enfants auront une scolarité normale.

Le modèle peut paraître idéaliste. Les promoteurs en sont conscients. Mais s?il réussit et s?il est reproduit, c?est la configuration même des cités ouvrières, avec toute son implication sociale, qui en sera modifiée. Pour Jacques Dinan, le projet représente en tout cas une grande nouveauté. ?Si nous réussissons, nous aurons gagné le combat contre les inégalités sociales?, conclut-il.

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