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Le traité de Paris, Madagascar et le gouverneur Farquhar

2 novembre 2008, 20:00

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Immense travail abattu

Les missionnaires anglais abattirent un travail immense à Madagascar. Jones ouvrit une école en décembre 1820, près du Palais. Griffiths et sa femme l?imitèrent en 1821. Ces premiers maîtres eurent à surmonter de grandes difficultés, surtout qu?ils ignoraient la langue du pays. Mais les résultats furent rapides et, deux ans après l?arrivée de Jones, avait lieu le premier concours entre les différentes écoles. En 1822, les épreuves étaient centrées principalement sur la lecture, l?écriture et les ouvrages féminins. Après avoir visité les écoles, le roi Radama 1er se déclara satisfait de ce que ses oreilles avaient entendu et de ce qu?il avait vu.

A la mort du roi Radama, en 1828, l?Imerina avait 38 écoles, avec 44 maîtres et 2 309 élèves inscrits. Quatre mille personnes savaient lire et écrire. Nous ne pouvons que nous en féliciter, mais le développement de cette activité ne s?était pas étendu au-delà d?une centaine de villages, situés dans une périphérie de quarante kilomètres, autour de la capitale. Seules les populations merina en avaient profité. L?enseignement même, au début, portait beaucoup plus sur la politique que sur la religion. Les maîtres faisaient les louanges de la puissance de Radama et, sous couvert de loyalisme, ils étaient autorisés à préparer une ?uvre d?évangélisation. Une imprimerie fut créée, des livres écrits et imprimés en malgache et en anglais : des fragments de la Bible d?abord, ensuite des manuels scolaires et, plus tard, en 1835, un dictionnaire anglais-malgache et malgache-anglais, le premier en date.

Pas toujours facile à cerner

Pouvons-nous, avec le recul, blâmer tout à fait Farquhar dans cette sorte de prosélytisme colonialiste ? Difficile à conclure, car on l?a bien fait ailleurs avec les jésuites, par exemple. Mais ici la question se corse d?autant que cet aspect de la question, comme d?autres aspects de l?administration de Farquhar, dénoncés par certains, dont Barnwell n?est pas des moindres. Ils ont été volontairement laissés, d?une manière générale du moins, dans l?ombre.

D?autres maillons, d?autres agents L?agent Pye

Mais revenons à un point que nous avons laissé de côté, et développons-le. Il y eut donc M. Chochot qui fut l?envoyé du gouverneur Farquhar dans ses rêves de colonisateur désireux de profiter des moyens qu?offrait Madagascar.

Parmi les personnes, les agents, ou les pions à bouger sur un échiquier, n?occultons pas un certain Pye, en un temps principal agent britannique à Madagascar qui, le 9 juillet 1817, engagea le roi Radama 1er à signer un traité avec Jean René, chef de Tamatave, mais d?abord, pour nous, mulâtre de l?île de France.

Le traité était en 4 articles, il fut signé près de Tamatave, avec, pour témoins, Francis Stanfell, capitaine du navire anglais le Phaeton. Dans ce traité, l?article 2 était, en quelque sorte, un pacte de non-agression entre Radama 1er et Jean René. A l?article 3, Radama et Jean René se promettaient de se porter mutuellement secours en cas de danger provenant de leurs ennemis intérieurs et extérieurs. A l?article 4, ils convenaient qu?en cas de contestation entre eux, ce serait Farquhar, qu?ils entouraient d?un grand respect, à qui il ferait appel. Mais citons plutôt cet article :

Si quelque contestation s?élevait par hasard ou par malentendu entre les parties contractantes, elles conviennent par cet article de soumettre le sujet de la dispute à l?arbitrage de leur père, leur ami et protecteur Mr Farquhar, gouverneur général de Maurice et dépendances.

Ce traité fut ratifié au Palais du Gouvernement par le gouverneur Farquhar le 11 août 1817.

L?agent Bibye Lesage et l?arrêt du trafic négrier

Un autre agent fut Bibye Lesage, né à Londres en 1780 et mort à Port-Louis le 27 juin 1843, à l?âge de 64 ans. Une de ses principales tâches, sinon la plus importante, était de persuader le roi Radama 1er de mettre un terme au trafic d?esclaves avec Maurice.

Les dispositions du gouverneur britannique à l?égard de la traite négrière s?inscrivait dans le sillage de la politique du Parlement de la Grande-Bretagne qui avait déjà voté, dès le 25 mars 1807, la loi de l?abolition de l?esclavage, loi qui devait entrer en vigueur le 1er mai de cette même année.

L?agent James Hastie

Mais le principal agent de la politique de Farquhar par rapport à Madagascar, celui qui aura laissé indiscutablement sa marque dans l?histoire de Maurice et de Madagascar est James Hastie, né en Irlande en 1786 et mort à Tananarive en octobre 1826. Une lettre qui lui fut adressée le 9 août 1817 par M. George Alexander Barry, secrétaire en chef du gouvernement, lui signifiait, après le départ de Pye de Madagascar, qu?il était promu principal agent du gouverneur près Radama 1er.

Cette correspondance montre que ce qu?il aura à entreprendre sera d?importance majeure, mais citons l?extrait suivant de cette lettre à James Hastie, qui montrerait bien, s?il en était besoin, qu?il devait, en quelque sorte, continuer le travail de Chochot.

Citons un extrait de cette correspondance du 9 août 1817 :

His Excellency desires also that you will send by every occasion, seeds, roots specimens of natural history, of woods, of dye stuffs of manufactures & of any thing that can throw a light upon the mineralogy of the country ? as also specimens of the rocks of which the mountains are composed broken off with a hammer from the rocks and different layers or strata if any are observable ? also crystals, if any, and pebbles of the greatest variety from the rivers ? no single specimen should exceed a few ounces weight unless crystal ? the larger they are the better.

Un héros lors de l?incendie et un agent hors pair

James Hastie fit huit séjours à Madagascar, le premier en 1817, le dernier en octobre 1826, année de sa mort. L?histoire retient que, lors de l?incendie de Port-Louis du 25 septembre 1816, il sauva l?Hôtel du gouvernement d?une complète destruction par ses actes héroïques.

(A suivre)

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