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Le Traité de Paris, Madagascar et le gouverneur Farquhar

26 octobre 2008, 20:00

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Le journal de Chochot pas retrouvé

Des traces précises d?archives du passage de Chochot à Madagascar existent, mais malheureusement nous n?avons pas retrouvé son journal. Toutefois nous ne pouvons que reconnaître l?importance de cette correspondance de septembre 1813. Elle est riche quant aux intentions coloniales ? ou faut-il dire colonialistes ? ? de Farquhar concernant Madagascar.

La chancellerie pas disposée à soutenir les positions extrêmes de Farquhar

Dès 1815, Farquhar formulait des prétentions plus précises sur la Grande île. Mais la métropole britannique était plus posée, plus pondérée que lui. La chancellerie britannique, préoccupée par des soucis plus importants, n?était pas disposée à soutenir ses positions extrêmes. Elle jugea plus utile de trouver un terrain d?entente avec la diplomatie française. Ainsi le 18 octobre 1816, le secrétaire d?État aux colonies, lord Bathurst, écrivait-il à sir Robert Townsend Farquhar :

Je vous transmets [?] les ordres de Son Altesse Royale le Prince Régent, qui sont que vous preniez les mesures nécessaires pour remettre aux autorités françaises de Bourbon les établissements que le gouvernement français possédait sur les côtes de l?île de Madagascar à l?époque susnommée.

Des voies contournées

Farquhar fut ainsi désavoué, mais, en homme obstiné, il ne renonça pas pour autant à son projet d?établir la présence, sinon la puissance anglaise à Madagascar, même si ce n?étaient pas les vues avouées du gouvernement britannique.

Toutefois, il a été émis que Farquhar ne faisait, en fait, qu?obéir à des instructions secrètes, plutôt qu?à celles de la diplomatie directe. C?étaient des voies contournées, ce qui importait, c?étaient les résultats.

Un bénédictin d?origine britannique Vicaire apostolique

C?est ainsi aussi que Farquhar amena Rome à prendre, bien qu?involontairement, le parti de l?Angleterre. Mais revenons pour cela un peu en arrière, et considérons les choses du point où elles en étaient.

L?île Maurice n?avait-elle pas été attribuée à l?Angleterre par le traité de 1814 à condition qu?elle garde sa langue et sa religion, la langue française et la religion catholique ? Oui. Entrant donc dans cette logique, qu?il suivit maintes fois d?ailleurs au cours de son administration, Farquhar demanda, pour l?île Maurice, la nomination d?un Vicaire apostolique d?origine britannique, le bénédictin, Mgr Edward Bede Slater, né en 1774, mort en 1832, demande assortie de la requête que Rome lui confère canoniquement la juridiction sur l?île de Madagascar? puisque Madagascar, toujours aux yeux de Farquhar, était une dépendance de l?île de France cédée à la Couronne britannique !

Or, nous savons ce qui se passa après la nomination de Slater. Lisons pour cela la notice sur ce prélat dans le Dictionnaire biographique mauricien par Mgr Jean Mamet. Citant un extrait d?une autorité, du nom de Norbert Bert, Mgr Jean Mamet écrit de Mgr Slater : son élévation à l?épiscopat ne fut justifiée par aucun de ces dons personnels qui distinguent l?homme appelé à une si éminente situation ; ? ses dehors brillants ne reposaient sur aucune base solide et qu?une responsabilité écrasante ne semble guère lui avoir conféré cette impartialité, ce sens de l?équité, cette réserve, cette droiture de jugement qui sont, en somme, la pierre de touche des aptitudes requises pour gouverner et diriger les hommes?

C?est ce qu?écrit Bert, mais voici ce que soumet Mgr Jean Mamet lui-même, en janvier 1964 :

A Maurice on en était venu à un état d?esprit déplorable. Le Vicaire apostolique n?avait pas seulement perdu l?affection de ses fidèles, il n?était même plus respecté. Chansonné, satirisé, il fut l?objet d?un placard fort irrévérencieux affiché en ville, et d?une épigramme cruelle qui circula de mains en mains. Mais jamais personne ne mit en doute l?austérité et la parfaite intégrité de ses m?urs. Évidemment, des plaintes assaillaient Rome. Mis clairement au courant de la détresse religieuse où se débattait Maurice, Grégoire XVI décida de dénouer une situation qui constituait un grave danger pour le catholicisme dans la colonie. Le 9 décembre 1831 le cardinal préfet de la Propagande avisa Mgr Slater qu?il était révoqué.

La nouvelle lui parvint à la fin d?avril 1832. Six semaines plus tard, le 14 juin, il remit l?administration du vicariat à Mgr Buonavita et il s?embarqua à la Grande-Rivière dans la soirée. Trois jours après son départ il mourait en mer, à l?âge de cinquante-huit ans.

Un élément dans le rêve colonialiste

Mgr Slater n?était qu?un maillon dans une chaîne entre les mains de Farquhar. Le Vicaire apostolique arriva à Maurice le 28 février 1820. Bien des choses avaient été décidées sans lui avant cette arrivée, avant cette date. En effet, le 8 juin 1818, le pape Pie VII avait érigé Sainte-Hélène, le Cap de Bonne-Espérance et Madagascar en Vicariat apostolique. Une année plus tard, le 11 mars et le 4 avril 1819, respectivement, Maurice et les Seychelles, d?une part, l?Australie, de l?autre, s?ajoutaient au vicariat, qui couvrait désormais ainsi une moitié de l?hémisphère Sud. Mgr Edward Slater n?était bien qu?un élément dans le rouage colonialiste dont Robert Farquhar était le maître.

La religion dans l?agenda de colonisation de Farquhar

La religion fut un élément clé dans le rêve colonialiste de Farquhar. Nous avons vu ses démarches par rapport à l?Église catholique de Maurice. Tournons-nous maintenant vers ce qu?il tenta touchant l?Église anglicane. Dans ce plan, par rapport à Madagascar, il importe de citer les missionnaires David Jones et les révérends Griffiths et Jeffreys.

Premier missionnaire de la London Missionary Society, David Jones arriva à Tamatave avec James Hastie le 9 septembre 1820, et à Tananarive le 13 octobre 1820. En mars 1821, il fut rejoint à Tananarive par le révérend Griffiths et, le 10 juin 1822, par le révérend Jeffreys.

A suivre

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