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Le tourisme réalise une bonne saison malgré la montée des périls

27 septembre 2005, 20:00

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Une nouvelle fois, le Salon Top Resa des professionnels du tourisme s’est tenu à Deauville (Calvados), du jeudi 22 au samedi 24 septembre, dans un contexte mitigé. A l’heure du premier bilan de la saison 2005, la situation demeure incertaine, d’un point de vue économique, géopolitique et même climatique.

Le prix du pétrole continue de flirter avec les sommets, renchérissant le coût des voyages et des billets d’avion, alourdis par les surtaxes aériennes sur les carburants répercutées par les compagnies sur leurs clients.

Et la menace terroriste, diffuse, plane toujours dans les esprits des professionnels et de leurs clients, pénalisant certaines destinations jusqu’ici très demandées. Les voyages vers le Royaume-Uni se sont effondrés de 59,1 % en août, un recul directement imputable aux attentats de juillet à Londres.

L’Asie était globalement en baisse, de 4,6 % en août, particulièrement l’Inde (14 %) et la Thaïlande (35,2 %). Un recul heureusement en partie compensé par la Chine et le Vietnam, en progression respectivement de 62,6 %, de 53,2 %. Les cyclones qui ont touché les Caraïbes et le golfe du Mexique ont pénalisé les Antilles, la République dominicaine et Cuba, trois destinations très prisées des Français.

Enfin, la série d’accidents d’avion, cet été, n’a pas vraiment aidé les agents de voyages et les tour-opérateurs à reprendre confiance. Elle a créé une psychose chez les voyageurs, à tel point qu’il n’est désormais plus rare de voir des touristes refuser d’embarquer à bord d’un appareil en mettant en cause l’absence de sécurité de leur avion.

Selon René-Marc Chikli, président du CETO, l’association des tour-opérateurs, qui regroupe plus de 80 % des voyagistes français, l’impact médiatique et le débat qui s’est enclenché sur la sécurité des vols charters a fait perdre “plusieurs milliers de clients à la profession, surtout ceux qui choisissent leur voyage à la dernière minute”.

En dépit de tous ces éléments d’incertitude, les départs des Français vers l’étranger devraient afficher une croissance sensiblement supérieure aux 5,1 % enregistrés en 2004. Le président du CETO reconnaît que 2005 sera “un bon cru”.

L’activité des tour-opérateurs a progressé de 5 % en août, par rapport au même mois de 2004, après avoir enregistré un bond de 12,3 % en juillet. La profession des voyagistes s’achemine vers un troisième exercice consécutif en progression.

Sur le plan national, la fréquentation touristique de la France qui demeure la première destination mondiale en nombre de visiteurs, la troisième en chiffre d’affaires devrait être en hausse de 4,5 % à 5 %.

Christian Mantei, directeur général d’Odit France, organisme qui dépend du ministère du Tourisme, spécialisé dans “l’observation, le développement et l’ingénierie touristique”, est confiant : “La France reprend des couleurs et l’année devrait être bonne. Les chiffres officiels ne seront publiés qu’à la fin du mois, mais d’ores et déjà, on peut tabler sur une progression de l’ordre de 5 %.”

Christian Mantei explique cette croissance par l’élargissement de la saison : “En étudiant les comportements, on constate un meilleur étalement des vacances. La saison estivale va désormais du 15 juin à la troisième semaine de septembre.”

Une analyse qui ne cadre pas tout à fait avec les observations de René-Marc Chikli, qui, lui, estime que le calendrier scolaire, avec une rentrée des classes le vendredi 2 septembre, a pénalisé les voyagistes, qui ont eu, cette année, du “mal à vendre la dernière semaine”.

Selon les informations collectées par Odit France, toutes les régions ne sont pas à égalité : en 2005, deux ans après la canicule, le littoral a retrouvé tout son attrait, au détriment de la montagne et de la campagne. En Aquitaine, les touristes ont un peu délaissé l’arrière-pays pour revenir vers la côte.

Alors qu’en 2004, la façade atlantique avait attiré les foules, cette année, les plages de la Méditerranée ont repris des couleurs. La Normandie fait mois bien qu’en 2004 mais cela s’explique aussi par le fait que cette région avait bénéficié d’une forte fréquentation, il y a un an, à l’occasion des cérémonies commémoratives du Débarquement de juin 1944.

<B>Ruée vers le soleil</B>

Un phénomène identique a été observé à Lille : locomotive de la région Nord grâce à son statut de capitale européenne de la culture en 2004, elle a accueilli moins de touristes cet été.

Christian Mantei relève que le secteur hôtelier a connu, au cours de la saison, une nette amélioration qui se traduit par une progression de 2 % au mois de juillet et de 3,5 % au mois d’août. Même si les sondages font ressortir une progression de l’hébergement “non marchand” vacances passées chez des amis, des parents ou dans une résidence secondaire.

Les clientèles étrangères sont en nette hausse, avec une mention particulière pour les Américains, enfin de retour, et les Asiatiques à l’exception des Chinois, dont les premières arrivées ne correspondent pas encore à l’explosion anticipée il y a un an, lors de la libération des visas.

Les clientèles de l’Europe du Sud (Italie et Espagne surtout) sont en progression. Les Britanniques ont été aussi nombreux à visiter la France qu’en 2004, alors qu’une désaffection est en revanche constatée de la part des Allemands.

A l’étranger, la ruée vers le soleil a profité à l’Europe du Sud, en particulier à la Croatie, en hausse de 60,3 %, la Grèce (+ 63 %) ou l’Italie (+ 11,2 %). Le Portugal, lui, a vu sa fréquentation au départ de la France baisser de 12 %, probablement du fait des incendies qui se sont multipliés cet été. Autres bénéficiaires, le Maroc et la Tunisie.

François Bostnavaron

© Le Monde 2005 Distribué par The New York Times Syndicate</B>

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