Publicité
Le terrain de la mésentente
A 78 ans, Louis L?intelligent se souvient encore très bien des bons moments passés sur le terrain de football de Chamarel. Il avait alors 20 ans. C?est un terrain que la propriété de Bel-Ombre avait défriché pour les jeunes de la localité. La pelouse, arrosée constamment par une pluie fine le soir et la terre fertile de la localité, le rendait verdoyant. Les jeunes l?entretenaient aussi quand il était en mauvais état. Mais au fil du temps, il a perdu toute sa splendeur.
L?herbe a laissé la place à la terre et aux cailloux, mais pourtant la volonté de la remettre en état est bien là. Toutefois, un litige opposant deux parties, le conseil de district de Rivière-Noire et un particulier réclamant la propriété du terrain, empêche les riverains de faire le nécessaire. L?affaire est devant la justice depuis pratiquement dix ans .
Louis L?Intelligent est convaincu que le terrain appartient au conseil du district, un don de la propriété de Bel-Ombre. Debout sur le terrain, il raconte son histoire à quelques jeunes. Il se souvient encore qu?il était rempli de souches et de buissons.
Qui est le propriétaire ?
Il n?y avait pratiquement pas d?activité dans le village. Les jeunes de bonne volonté ont nettoyé le terrain pour la pratique du football. Voyant leur enthousiasme et leur intérêt pour le sport, la propriété de Bel-Ombre devait le faire nettoyer, et quelques années plus tard, le mettre à la disposition du conseil de district.
?Bel-Ombre ti trouve ki zenfans bien interese pou zoue foutbol. Lerla mem li donn terain-la au habitants Chamarel?, raconte Louis L?intelligent. Celui-ci ne comprend pas pourquoi le protestataire déclare en être le propriétaire. Il a même témoigné en faveur du conseil de district.
Le litige a été déclaré quand le conseil du district a voulu clôturer le terrain. le villageois devait objecter et l?affaire portée en cour de Bambous. ?Nous suivons ce dossier depuis toutes ces années. Pendant tout ce temps, les footballeurs jouent le terrain, mais sur la terre. Impossible de donner un seul coup de pioche là-dessus?, déclare Rico L?Intelligent, conseiller de village, le fils de Louis.
Il est inquiet pour les jeunes de la localité et estime que s?ils n?arrivent plus à pratiquer leur sport favori, ils risquent de tomber dans le piège de la drogue. ?Même si le terrain est petit, les jeunes ont, au moins, une distraction. Imaginez les conséquences si le terrain n?appartenait plus aux habitants du village. Ce serait un désastre ?.
Les deux équipes de football de Chamarel n?arrivent pas à inviter d?autres clubs chez elles. ?Nous avons honte?, déclare le conseiller. Selon lui, un propriétaire terrien est disposé à mettre une portion de terre à la disposition des habitants pour qu?elle soit convertie en terrain de football, à condition que le gouvernement en fasse la demande.
Mais Prem Aumeer, secrétaire parlementaire privé de la circonscription, affirme qu?il a évoqué la question avec le propriétaire du terrain, mais celui-ci dit qu?il n?est même pas au courant de cette proposition. ?Nous cherchons un site alternatif mais c?est difficile d?en trouver. Je reconnais que l?absence d?un terrain de football est un grand problème?, dit-il.
Publicité
Publicité
Les plus récents