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Le temps des insultes
Finies les civilités. L?atmosphère est de nouveau à l?orage entre Paul Bérenger et Navin Ramgoolam, le leader du Parti travailliste. Nous sommes très loin des échanges courtois entre les deux à l?Assemblée nationale. Terminés également les sourires en coin du Premier ministre quand il parlait de ses « relations cordiales » avec l?adversaire, il n?y a pas plus de deux mois. Bérenger a débuté son travail de sape. Son objectif semble clair : discréditer Navin Ramgoolam.
Paul Bérenger s?est fait le champion toutes catégories du lancer de piques en direction du leader rouge. Il le fustige pour ses déclarations au sujet de l?organisation de la conférence des Nations unies sur les petits états insulaires en développement (PEID). « C?est une honte pour Maurice. » Le Premier ministre explique qu?en boycottant cette conférence, le leader de l?opposition insulte les chefs d?état et les officiels des organisations internationales qui seront présents à Maurice du 10 au 14 janvier.
« Une volte-face insultante à l?égard de l?Inde »
Reprenant les critiques de Navin Ramgoolam sur les dépenses liées à l?achat de voitures pour cette conférence, Bérenger s?emporte. Il qualifie les propos de Navin Ramgoolam de « complete rubbish » et « d?imbécillités » pour ensuite expliquer que le gouvernement ne dépensera pas d?argent pour l?achat et, qu?au contraire, la moitié des voitures importées deviendront la propriété du gouvernement.
Bérenger sort même de vieux dossiers du placard pour démontrer qu?il a fait mieux que son adversaire. Lors de l?organisation du sommet de la Southern Africa Development Community en 1998, le gouvernement dirigé par Ramgoolam n?était devenu propriétaire que de cinq des 18 voitures importées pour l?occasion. Ce qui lui permet de dire que « l?hypocrisie de Ramgoolam sur la question de l?achat des voitures est révoltante ».
L?opposition a pris l?habitude de manier certains symboles pour mieux contrer Bérenger. Ce dernier s?aventure sur leur terrain. Les réticences de l?opposition sur l?utilisation d?appareils de vote électronique, de fabrication indienne, offrent à Bérenger une nouvelle occasion de critiquer Ramgoolam. Sa volte-face serait « insultante envers l?Inde » selon le Premier ministre.
Les hostilités gagnent en intensité
Bérenger croit même savoir pourquoi Ramgoolam semble vouloir faire marche arrière alors que lors des débats à l?Assemblée sur le sujet, il semblait plutôt en faveur d?une telle avancée. « Dapre mwa, li kone ki li pe perdi prosen elektion general, alor li pe prepar pretexte pou explik so defet. »
Tous les sujets étaient bons pour revenir sur les « palabres de l?opposition ». Même l?organisation du pèlerinage du hadj y passe. Les critiques de l?opposition selon lesquelles le gouvernement n?aurait rien fait pour contrôler le prix des billets d?avions et le coût des vaccins sont balayées par Bérenger. Au détour d?une phrase sur ce sujet, il ressort la phrase qui fait mal. « Ramgoolam systématiquement amène banne campagne communale. »
Avec le début de l?année électorale de 2005, les hostilités risquent de s?intensifier. L?opposition semble être bloquée sur le mode « démolir sans rien proposer ». Paul Bérenger a lui choisi le mode « insultes ».
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