Publicité
Le taux d?intérêt directeur de la Banque centrale maintenu à 8,25 %
Par
Partager cet article
Le taux d?intérêt directeur de la Banque centrale maintenu à 8,25 %
Réunion marathon et dissension au Monetary Policy Committee (MPC). Ce comité qui décide de la politique monétaire de la Bank of Mauritius (BoM), n?a apporté aucun changement au taux d?intérêt directeur. À l?issue d?une réunion houleuse à la Banque centrale de 10 heures jusqu?à 18 heures hier, le repo rate reste à son niveau du 21 juillet dernier ? 8,25%. Rien de neuf donc. Ni sur le taux. Ni sur le plan des divergences intestines qui caractérisent depuis quelques mois déjà, les réunions de ce comité. En effet, selon une source proche du comité, «ce fut une décision très difficile».
D?après le communiqué laconique émis par la BoM, la décision du MPC a été mûrement soupesée. «Les risques à l?inflation, la croissance, ainsi que les événements économiques et financiers récents sur le plan local et à l?international, ont été évalués avant cette décision.» Toujours selon le communiqué, les conséquences sur la croissance économique l?ont emporté sur les risques inflationnistes, dans la balance du MPC.
«Le MPC a noté que les perspectives de croissance globale se sont amoindries considérablement depuis sa dernière réunion. Le comité est également d?avis que l?inflation était clairement excessive et que les risques qu?elle s?accroisse sont réels. Mais la majorité des membres estiment que les risques inflationnistes sont moins urgents que ceux liés à la baisse de la croissance économique.»
Le MPC se réjouit néanmoins de la «fermeté des conditions monétaires sur le plan local, résultant de l?augmentation, qu?il considère appropriée, du cash reserve ratio en août 2008».
Quoi qu?on puisse en dire, la décision du MPC de maintenir le taux d?intérêt directeur inchangé laisse à ceux qui voulaient juguler l?inflation tout de suite, un goût très amer. A commencer par le gouverneur de la BoM et président du MPC, pour qui l?inflation, qui s?achemine, avant la fin de l?année, résolument vers les deux chiffres, devrait être étouffée illico, «dans l?intérêt supérieur du pays». Malheureusement, la plupart des membres du MPC ne l?ont pas écouté, ni hier, ni aux deux précédentes réunions du comité. En effet, pour la troisième fois consécutive en trois mois, Rundheersingh Bheenick a été mis en minorité au MPC.
Le maintien du repo rate à 8,25 % est diversement interprété. Pour l?économiste Raj Dussoye, Chief Executive Officer de Bank One, «c?est une sage décision de garder le taux d?intérêt inchangé en cette période où la crainte d?une récession économique globale devient de plus en plus vive». Il pense qu?on ne peut pas «à Maurice augmenter de façon isolée le taux d?intérêt».
Les risques d?inflation pas écartés</B>
En revanche, l?économiste Eric Ng Ping Cheun estime absurde d?avancer que la hausse du cash reserve ratio (CRR) a résolu les problèmes d?inflation. «Les risques inflationnistes immenses qu?encourt le pays n?ont pas été écartés, comme on le prétend, par l?augmentation du CRR de 2 %. Si c?était le cas, tous les pays du monde auraient utilisé cet instrument.»
Si les incertitudes liées à la crise financière internationale et l?absence de visibilité qui la caractérise sont compréhensibles et sous-tendent cette décision, il estime qu?une réponse immédiate à l?inflation s?imposerait, dès que la crise s?atténue. «Il faudra alors sérieusement considérer les incidences de la hausse généralisée des prix, dès que la crise diminuerait. A la prochaine réunion du MPC, je crains que nous n?ayons atteint un taux d?inflation à deux chiffres. En ce moment, nous n?aurions aucune raison de nous garder de relever le taux d?intérêt, afin de limiter le désastre inflationniste.»
Publicité
Publicité
Les plus récents