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Le taux d?inflation au Zimbabwe bat un record à?66 000 %

15 février 2008, 00:00

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Le taux officiel d?inflation au Zimbabwe a battu en décembre un nouveau record mondial à plus de 66 000 % en rythme annuel, contre environ 26 000 % en novembre, selon des statistiques de l?Office central des statistiques (CSO).

«Le taux annuel d?inflation pour le mois de décembre 2007 (...) est de 66.212,3 %, en hausse de 39 714,5 points par rapport au mois de novembre», selon un communiqué du CSO transmis aux banques du pays.

Le taux mensuel d'inflation pour décembre est de 240,1 %, en hausse de 108,7 points par rapport à novembre, a précisé le CSO.«Cela signifie que les prix ont augmenté de 66.212,3 % entre décembre 2006 et décembre 2007 (...) et de 240,1 % entre novembre et décembre 2007», explique l?Office.

Depuis huit ans, l?économie du Zimbabwe, autrefois grenier à grains de l?Afrique, se désagrège. Outre cette hyperinflation, le pays souffre d?un taux de chômage de près de 80 % et d?un effondrement de sa production.

Le gouvernement a tenté en juin dernier d?imposer un contrôle des prix qui n?a fait qu?aggraver les pénuries, la plupart des producteurs s'estimant incapables de couvrir leurs frais aux prix imposés.

La Banque centrale a dû dévaluer à plusieurs reprises sa monnaie et a introduit en janvier des billets allant jusqu?à 10 millions de dollars zimbabwéens. Les Zimbabwéens survivent en faisant des courses avec des sacs de billets ? souvent au marché noir ? , en sautant des repas, en ne se déplaçant qu?à pieds et grâce à l?aide de la diaspora.

Pendant ce temps, sur la scène politique, le leader de l?opposition zimbabwéenne, Morgan Tsvangirai, a appelé avant-hier le médiateur et président sud-africain Thabo Mbeki à tenir tête à son homologue zimbabwéen Robert Mugabe, afin que les élections du mois prochain ne soient pas truquées.

Lors d?une conférence de presse à Johannesburg, Morgan Tsvangirai a estimé qu'il était temps pour Mbeki de faire preuve de «courage» et de cesser de se refuser à critiquer ouvertement Mugabe.

«Nous avons besoin d'un peu de courage de la part de Thabo Mbeki. Il peut rompre avec sa politique de soutien silencieux à la dictature au Zimbabwe (...) Il peut ajouter sa voix à ceux qui réclament des élections libres et équitables au Zimbabwe», a déclaré le leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC).

«Il peut le faire sans prendre les risques que nous prenons. Il ne sera pas arrêté, étouffé par les gaz lacrymogènes, frappé. Il ne sera pas inculpé pour trahison, ses partisans ne seront pas tués. (...) Il suffit d'un peu de courage pour dire une vérité déplaisante», a ajouté Tsvangirai.

Mbeki, mandaté l?an dernier par ses homologues d?Afrique australe pour tenter d?instaurer le dialogue entre le gouvernement et l?opposition zimbabwéens, s?est toujours refusé à critiquer publiquement Mugabe, en dépit de l'impact de la crise politico-économique sur l?Afrique du Sud voisine. Quelque trois millions de Zimbabwéens auraient fui leur pays, confronté cette inflation galopante.

Selon Tsvangirai, il est dans l?intérêt de Mbeki de faire pression sur son homologue afin d?éviter que l?Afrique du Sud soit «submergée par la tragédie zimbabwéenne».

Robert Mugabe, qui aura 84 ans le 21 février et dirige l?ancienne Rhodésie britannique depuis l?indépendance en 1980, entend se faire élire pour un 6e mandat lors des élections présidentielle et parlementaires du 29 mars.

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