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Le T-shirt et la chemise reprennent des couleurs

9 octobre 2003, 20:00

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L?industrie du textile-habillement retrouve la forme, même si on est loin de l?euphorie. Les dernières statistiques indiquent une hausse de Rs 100 millions dans les recettes d?exportation pour le premier semestre 2003, comparé à la même période de l?année dernière.

Certes, cette augmentation n?est pas aussi importante, mais c?est déjà mieux que la contraction enregistrée l?année dernière. Les industriels attribuent cette légère remontée des recettes d?exportation aux filières

T-shirt et chemise alors que le pull-over est toujours en difficulté.

Ce résultat s?explique également par la dépréciation de la roupie face à l?euro et au dollar. Les statistiques démontrent effectivement que les exportations des miscellaneous manufactured articles ont enregistré une baisse de 8 % en volume, et une augmentation de 6 % en termes de prix.

Les commandes affluent également. Ainsi, Sentosa Enterprises, producteur de T-shirt, doit même recourir à la sous-traitance face à l?abondance de commandes. ?Lorsque nous recevons des commandes, nous ne pouvons refuser car ce serait perdre un client. Nous sommes obligés de sous-traiter?, déclare son directeur administratif, Kheerendra Sowamber.

Dans la conjoncture, l?entreprise recherche les moyens d?étendre ses capacités de production. Ce qui n?est pas aussi simple. Elle est à la recherche de 300 machinistes supplémentaires, mais n?en trouve pas. Une centaine de travailleurs étrangers arriveront à la fin du mois pour leur prêter main-forte. Actuellement Sentosa Enterprises emploie 900 travailleurs dont 350 étrangers.

Bentley Apparel, fabricante de chemises, affiche également la satisfaction face au marché. ?Cela fait deux ans environ qu?on n?a pas vu un tel niveau de commandes?, déclare le directeur de l?usine, Philippe Wong. Même son de cloche du côté de Ciel Textile. Le Chief Operating Officer du groupe se réjouit du niveau des commandes car ?les usines connaissent le meilleur taux de remplissage que ces deux dernières années. Mais il faut relativiser. Une usine est faite pour tourner à plein régime. C?est quand les carnets de commandes ne sont pas bien remplis que c?est anormal.?

Moderniser l?appareil de production

Selon Philippe Wong, l?épidémie du SARS a sans doute provoqué ces commandes additionnelles. Mais attention au retour de manivelle, prévient-il. Il ajoute que les industriels chinois vont probablement réduire leurs prix pour décrocher des commandes.

Le prix est justement le facteur qui inquiète toute l?industrie. Il n?y a pas eu de baisse soudaine et importante mais la pression reste forte. ?Le T-shirt et la chemise se portent bien. Le seul problème c?est que les prix restent très bas. Il faut faire des efforts exceptionnels pour décrocher des contrats?, déclare le président de la Mauritius Export Processing Zone Association, Mookeshwarsing Gopal.

De leur côté, de nombreux groupes et entreprises investissent pour moderniser l?appareil de production afin de devenir verticalement intégré. Ainsi, les gains en délais de production permettent de faire la différence. Tropic Knits fait des efforts pour le développement des produits et pour se différencier de la concurrence. Résultat : les acheteurs commencent à se manifester.

Bentley Apparel ne veut pas, elle, subir la dictature des prix du marché basique. Elle s?est ainsi positionnée dans la gamme intermédiaire. ?Dans cette gamme, le prix n?est pas le seul à être pris en considération même s?il demeure important. On peut faire la différence grâce à notre réactivité?, explique Philippe Wong.

Ce sont notamment les grosses commandes américaines qui aident à gagner en productivité. A titre d?exemple, une commande de

200 000 pièces engendre plusieurs jours de production. Ainsi le travail se fait systématiquement et les machinistes deviennent par conséquent de plus en plus compétents.

L?Inde monte au créneau

Mais les menaces continuent à peser sur l?industrie. Après la Chine, l?Inde et le Bangladesh se révèlent des concurrents sérieux. Maurice se targue de faire valoir sa qualité et sa capacité de livrer les commandes à temps. Mais cet avantage fera vite partie du passé par rapport à la Grande péninsule. ?Ils apprennent vite. Maintenant le délai et la qualité ne sont plus un problème pour eux. Nous perdons quelques contrats au profit de l?Inde et du Bangladesh?, commente un fabricant de T-shirt.

La montée en puissance de l?Inde inquiète également Mookeshwarsing Gopal. ?Ce pays exporte déjà pour $ 11 milliards et ils disent qu?ils vont tripler ce chiffre en 2005-2007. Ce sera difficile de lutter?, explique-t-il.

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